« Nous étions juste des enfants »: En Sarthe, une plaque en hommage aux familles qui ont protégé des réfugiés juifs

Ce samedi 31 octobre 2026, la commune de Luché-Pringé (Sarthe) a inauguré une plaque en mémoire des six familles de Pringé ont pris des risques pendant l’occupation pour offrir un toit et du travail à des familles juives persécutées.

Ouest-France

Durant la Seconde Guerre mondiale, des habitants de Pringé, commune de Luché-Pringé (Sarthe), ont pris des risques pour protéger des réfugiés dont des familles juives persécutées, en leur offrant un toit et du travail malgré les dangers de l’Occupation.

Une plaque commémorative

Samedi 31 octobre 2026, place de l’église, une plaque commémorative a été dévoilée en hommage à ces actes de courage, en présence Jean-Pierre Bamas, maire de la commune, de François Boussard le président de la communauté de communes et d’Éric Martineau, député de la circonscription.

Cette cérémonie faisait suite à celle du 29 décembre 2025, qui honorait six familles du village : Lambert, Beulé, Perron, Pagerie, Philippet et Freulon. Leurs descendants s’étaient réunis pour rappeler comment leurs aïeux avaient protégé deux familles juives, les Baldermann et les Fragman, réfugiées à Pringé pendant la guerre. « Une vingtaine de leurs descendants étaient alors venus du Canada et des États-Unis pour partager ce moment chargé d’émotion », relate Gilles Guyard, le président des amis de Pringé. L’association a financé et organisé ces retrouvailles et la réalisation de cette plaque.

Solange, 92 ans, se souvient

Âgée de 92 ans, Solange Lailler habite toujours la maison de ses parents à Pringé. Avec Claude Beulé, elles sont les deux dernières personnes vivantes à avoir vécu cet épisode : « C’est un honneur pour moi de dévoiler cette plaque, s’émeut-elle en évoquant cette période de son enfance. Nous étions juste des enfants, nos origines n’avaient pas de signification réelle et on vivait notre enfance tous ensemble, on sentait bien quelques inquiétudes chez les adultes, mais on ne les comprenait pas vraiment. Parmi les cinq enfants juifs, il y avait une seule fille, Irène, qui est rapidement devenue mon amie. Irène est revenue à Pringé bien des années plus tard et, lorsque l’on s’est revu, on s’est instantanément reconnu. »

Solange se souvient aussi que monsieur Fragman, tailleur de profession, avait confectionné une veste pour son père : « Il l’a coupée dans une vieille couverture et cousue sur la machine de maman, je revois encore papa avec cette veste sur le dos… Tous ces souvenirs remontent de ma petite enfance qui me préservait des craintes des adultes, malgré la guerre ils ont gardé le goût de l’insouciance. »

À travers cette plaque commémorative, l’association souhaite inscrire dans la mémoire collective le courage de ces habitants et transmettre aux générations futures l’exemple d’une solidarité qui a permis de protéger des personnes persécutées.

Solange Lailler, l’une des deux dernières témoins de l’époque, a dévoilé la plaque du souvenir dédiée aux six familles de Pringé qui ont caché deux familles juives pendant l’Occupation. | OUEST-FRANCE
JForum.fr avec www.ouest-france.fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire