Sarah Halimi: Allocution de son fils Yonathan (vidéo)

« Notre sentiment est que depuis le début, on nous cache la vérité. Tant qu’il n’y aura pas de lumière dans cette affaire, il y a aura toujours une tache dans l’histoire de la France » Yonathan Halimi, fils de Sarah Halimi

25 avr. 2021

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Mobilisation à Tel Aviv

par M. B

Des milliers de manifestants à Paris dénoncent l’absence de procès dans l’affaire Sarah Halimi

Rassemblement pour pour contester l'absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi, à Paris, le 25 avril 2021
i24NEWSRassemblement pour pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi, à Paris, le 25 avril 2021

Cette mobilisation répond à la confirmation par la Cour de cassation de l’irresponsabilité pénale du meurtrier

Près de 20.000 personnes, selon la police, se sont rassemblées dimanche en France et notamment à Paris, à l’appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive, pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017.

Sous le mot d’ordre « Sans justice pas de République », les manifestants parisiens se sont retrouvés place du Trocadéro à l’initiative d’un collectif, « Agissons pour Sarah Halimi ».

Video poster

Les messages « Pas de droit sans justice », « Justice défoncée ? » ou « Justice pour Sarah Halimi » étaient écrits sur des pancartes brandies dans la foule.

« La clameur est montée et l’espoir est revenu. L’espoir, c’est vous ici », a lancé à la tribune le frère de Sarah Halimi (ou Lucie Attal), William Attal.

Il a également révélé qu’un témoin a contacté ses proches vendredi pour révéler que l’assassin, Kobili Traoré et ses sœurs, qui étaient les voisins de Sarah Halimi, la traitaient de « sale juive » depuis des années.

William Attal a aussi rappelé que « Kobili Traoré allait depuis trois à six mois, cinq fois par jour à la mosquée salafiste Omar », qui se trouvait près du domicile de Sarah Halimi.

Des personnalités dont Yvan Attal, Pascal Légitimus, Alexandre Arcady et Cyril Hanouna ont témoigné de leur « solidarité » envers la famille Halimi et appelant à « changer la loi », via des messages diffusés sur un écran géant.

Cette mobilisation répond à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation, de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris, hospitalisé en psychiatrie depuis ce crime.

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a entériné le caractère antisémite du crime, mais confirmé l’impossibilité de juger le meurtrier, compte tenu de l’abolition de son discernement lors des faits.

Selon les sept experts psychiatriques qui l’ont examiné, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, était en proie à une « bouffée délirante » lorsqu’il a tué sa voisine de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi.

La cour d’appel de Paris avait conclu à l’existence d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes au moment des faits, ce que la Cour de cassation a jugé conforme au droit.

L’impossibilité d’un procès a suscité une très forte incompréhension au sein d’une partie de la communauté juive française, ciblée par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années.

i24NEWS dernière modification 25 avril 2021, 19:18

#SarahHalimi Mobilisation à #Marseille pour Sarah Halimi devant la Préfecture des Bouches Rhône avant la marche vers le Palais de Justice.
Crif Marseille-Provence
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A Besançon, mêmes sentiments d’incompréhension et de désarroi

Il n’y aura pas de rassemblement à Besançon. Mais l’association bisontine « Amitié judéo-chrétienne de France » a publié un communiqué de presse pour demander la tenue d’un procès.

En voici les grandes lignes :

« L’absence de procès du massacreur de Madame Halimi marque un tournant pour les juifs de France. Le jugement de la Cour de Cassation est pour eux une nouvelle blessure. Elle amoindrit encore plus leur confiance et beaucoup ont la certitude que quoi qu’ils fassent leur avenir en France sera sombre.

Fidèles à nos statuts et aux orientations données par notre fondateur Jules Isaac, nous devons en tant qu’Amitié Judéo-chrétienne nous tenir aux côtés de nos amis juifs qui sont dans le désarroi et bien seuls face à la haine antisémite…

Que faire ce dimanche 25 avril ? Il se trouve que ce jour-là est la Journée nationale du Souvenir des victimes de la Déportation. Soyons déterminés dans la lutte contre cet antisémitisme trop souvent impuni qui mine notre société… 

Le groupe de Besançon de l’amitié judéo-chrétienne de France n’est pas en mesure d’organiser une manifestation à Besançon, mais il tient à faire connaître l’appel suivant :

Nous appelons tous les citoyens soucieux de la vérité et de la lutte contre l’antisémitisme à nous rejoindre pour exprimer l’émotion et la sidération face à une décision qui dit le Droit sans rendre Justice. Par notre présence à ces rassemblements autorisés, nous marquerons notre solidarité envers la famille de Sarah Halimi et nous clamerons notre détermination à poursuivre le combat pour la mémoire de Sarah. Ensemble, restons mobilisés pour que la dimension antisémite ne soit pas oubliée… « 

Les réactions des deux coprésidents

Très atteint par cette « Affaire Sarah Halimi » et la décision de la cour de Cassation, Alain Silberstein, président de la communauté juive et coprésident, à Besançon de l’amitié judéo-chrétienne de France, réagit :

« Rien n’est plus difficile qu’exprimer des émotions, mettre des mots sur une émotion.

Après Ilan Halimi en 2006, les enfants de Toulouse Myriam, ainsi que Ariel et Gabriel et leur père en 2012, assassinés parce que juifs, tout comme Sarah Halimi en 2017, ou encore Mireille Knoll en 2018, âgée de 85 ans, le climat devient délétère. 

 Je ne comprends vraiment pas le jugement de la Cour de Cassation concernant l’affaire Sarah Halimi. Les sentiments partagés par de nombreux Juifs de France expriment une inquiétude, de la colère et une grande désillusion.

Lors d’un attentat, nous avons toujours droit maintenant à une lecture psychiatrique de l’affaire, des motivations de l’assassin. Pourquoi est-il si difficile de qualifier un crime de terroriste ou d’antisémite, surtout quand les motivations sont religieuses ?

Pourquoi un homme a-t-il été jugé et condamné en 2019 pour avoir jeté son chien par la fenêtre de son appartement, quand un autre homme est dispensé de procès pour avoir jeté une vieille dame par la fenêtre ?

Oui, il fallait un procès. C’était indispensable pour la famille, et aussi pour nous tous, pour mieux comprendre et éduquer. Si le caractère antisémite de certains crimes est minimisé, c’est la haine antisémite qui est minimisée. On ne pourra bientôt plus juger certains actes antisémites. »

Le père Dominique Banet, prêtre, est le délégué diocésain aux relations avec le judaïsme, et, à Besançon, il copréside l’Amitié judéo-chrétienne de France :

« C’est moi qui ai contacté Alain (Silberstein, ndlr) et qui ai rédigé le communiqué de presse. Je suis peiné pour les Juifs qui sont marqués par cette affaire. C’est, pour eux, une perte de confiance dans leur avenir en France.

Bien sûr que c’est un crime antisémite : il frappe Madame Halimi, la balance par-dessus le balcon en criant « Allah Hou Akbar ». Comme Joann Sfar (Français, auteur de bandes dessinées et réalisateur, et de confession juive, ndlr), je dirais qu’on ne nie pas que l’antisémitisme meurtrier, c’est psychiatrique, il faut être fou pour être antisémite. Mais, le procès aurait été nécessaire : la décision de justice est contradictoire. Elle dit « c’est un acte antisémite mais le meurtrier, qui fume trop de cannabis, a des bouffées délirantes et ne peut pas être jugé ». »

Monseigneur Jean- Luc Bouilleret, archevêque de Besançon, a réagi au communiqué de l’amitié judéo-chrétienne avec ses mots :

« Je m’associe pleinement à vos propos. Puissent nos amis juifs trouver en notre pays la sécurité à laquelle ils ont droit. »

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/besancon-affaire-sarah-halimi-desarroi-de-la-communaute-juive-jusqu-en-franche-comte-2060176.html

Dossier réalisé par Jforum avec plusieurs sources

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