L’académicien s’est éteint mardi 18 juillet, à l’âge de 85 ans. Véritable passionné de l’histoire de France, il aura publié plus de cent livres, et participé activement à la vie politique et intellectuelle française.

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Né à Nice le 7 janvier 1932, ce fils d’immigrés italiens commence par obtenir un CAP de mécanicien ajusteur, puis un bac mathématique et technique.

Mais c’est l’histoire qui le passionne ; il devient agrégé puis docteur en histoire, enseigne au lycée Masséna à Nice puis à Sciences Po Paris en 1968.

Pour lui, se détacher de ses racines a été la chose la plus difficile, ainsi que l’humiliation, comme il le confia au Point: «Quel prix faut-il payer pour s’arracher aux déterminismes sociaux et culturels?»

Rapidement, il écrit des «romans-Histoire», qui feront son succès. Parmi eux, la Baie des Anges (1976), la Machinerie humaine (suite de 11 romans).

En 1971, il collabore avec Martin Gray pour Au nom de tous les miens, histoire romanesque d’un rescapé du camp de Treblinka, très bien accueilli.

Max Gallo publie également des biographies sur Robespierre, Garibaldi, Jaurès, Victor Hugo. En 1997, sa saga sur Napoléon (Robert-Laffont) rencontre un grand succès et montre à quel point l’auteur devient une référence dans le domaine historique.

Il veut faire aimer la France à la jeunesse, à travers son histoire.

Homme politique engagé

Au seuil de sa carrière, Max Gallo s’intéresse à la politique ; fervent communiste, il s’éloigne du parti après la mort de Staline. Il qualifie ses premiers romans de «politique-fiction», édités sous le pseudonyme de Max Laughman (L’Italie de Mussolini en 1964, Gauchisme, réformisme et révolution en 1968, Le Cortège des vainqueurs en 1972).

L’écrivain ne fait pas que disserter: il s’investit, et est candidat aux élections municipales de Nice dans le parti socialiste. Ayant échoué, il devient secrétaire d’État et porte-parole du gouvernement en 1983, mais finit par s’éloigner de la gauche.

Dans la foulée, il s’exprime à travers une tribune, Le silence des intellectuels (Le Monde), afin de dénoncer l’inactivité des érudits. Il décide d’agir, et fonde le Mouvement des citoyens avec Jean-Pierre Chevènement.

Il développe l’idée d’une crise nationale qui commence à la fin de la Première Guerre mondiale. Dans ce sens, il écrit Fier d’être français, ou L’âme de la France, histoire de la nation, des origines à nos jours, pour dénoncer la notion de repentance historique qui se développe dans les années 2000. «Je n’appartiens pas à la France de la repentance… j’appartiens à une France fière d’être elle-même.»

En 2005 il rejoint le groupe d’historiens qui refuse une réécriture du passé à l’aune des lois mémorielles. Pour lui, la loi doit être séparée de l’histoire.

Il conteste la position de Jacques Chirac à propos de la responsabilité de l’État français dans la Shoah, ainsi que la loi Taubira qui reconnait les traites et esclavages comme crime contre l’humanité. Basculant à droite, Max Gallo rédige plusieurs discours de Nicolas Sarkozy, comme celui à la mémoire du poilu de 1914, Lazare Ponticelli.

Il entre à l’Académie française le 31 mai 2008, au fauteuil de son ami Jean François Revel. Il continue à écrire en grande quantité, mais la maladie de Parkinson le contraint à ralentir.

Il publie ses mémoires dans L’oubli est la ruse du diable, où il se confie, notamment sur le décès de sa fille, qui l’a rempli de culpabilité.

Celui qui se définit comme républicain et catholique aura écrit quantité d’ouvrages, sur une vieille machine à écrire, en souvenir sans doute de celle que son père lui avait offerte avec cette phrase: «Tu peux gagner de grandes batailles avec ça.» Et il en a gagné, tant son nom reste dans la mémoire française au Panthéon des auteurs les plus prolifiques.

«J’écris pour qu’on ne puisse pas ensevelir les morts sous le silence et les assassiner ainsi une nouvelle fois. J’écris pour qu’ils revivent un jour» (Le Pacte des assassins).

À VOIR – En 2015, Max Gallo se confiait sur sa maladie

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