Quel impact les élections ont-elles sur une guerre contre l’Iran ?
Les résultats des récentes élections israéliennes placent le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une position paradoxale : bien qu’il obtienne un meilleur score que prévu, son bloc reste minoritaire, rendant la formation d’un gouvernement stable impossible sans un accord avec Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar. Cette situation politique incertaine intervient alors que la menace iranienne plane toujours sur Israël, avec un risque potentiel de conflit renouvelé.
Dans les semaines précédant le scrutin, Netanyahu envisageait sérieusement une reprise des hostilités contre l’Iran. Toutefois, cette option a été freinée par l’opposition conjointe du président américain Donald Trump et du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir. Trump s’opposait à une attaque avant les élections législatives américaines du 3 novembre, tandis que Zamir refusait une offensive avant les élections israéliennes, par crainte d’un impact négatif sur le scrutin et d’une riposte iranienne pouvant perturber le vote.
Si Eisenkot avait remporté la bataille des blocs et affronté Netanyahu en duel, il aurait pu entamer la formation d’un gouvernement avant les élections américaines, limitant ainsi la capacité de Netanyahu à ordonner une attaque contre l’Iran. Or, la réalité est différente : Avigdor Liberman, allié d’Eisenkot et leader du parti Yisrael Beytenu, ne débutera des négociations sérieuses qu’après la validation finale des résultats vendredi. Il devra alors trancher entre conclure un accord avec les partis israélo-arabes, s’allier à Netanyahu, ou provoquer de nouvelles élections. Ces discussions, complexes et longues, s’étaleront vraisemblablement au-delà des élections américaines, laissant à Netanyahu une marge de manœuvre pour une éventuelle offensive contre Téhéran.
Le général Zamir reste favorable à une attaque iranienne sous deux conditions : une menace imminente d’une frappe iranienne contre Israël ou un déclenchement préalable du conflit par les États-Unis, avec un soutien total américain. Jusqu’à présent, il estime que l’Iran n’a pas encore progressé suffisamment dans ses capacités nucléaires ou balistiques pour justifier une attaque immédiate. Les frappes israélo-américaines de 2026 ont retardé ces menaces, mais la vigilance reste de mise.
Du côté américain, Trump a montré des oscillations entre pression économique et menace militaire contre l’Iran. Son opposition à une guerre avant les élections législatives s’explique par les difficultés rencontrées par son camp dans les sondages. Après les élections, sans perspective de nouveau mandat, il pourrait être tenté de relancer les hostilités. Cependant, ses principaux conseillers restent divisés, certains doutant de l’efficacité d’une nouvelle campagne militaire, d’autres craignant une escalade prolongée.
Cette incertitude américaine, combinée à l’impasse politique israélienne, crée un contexte délicat. Une attaque israélienne contre l’Iran, si elle survient, pourrait renforcer la position de Netanyahu en recentrant le débat national sur la sécurité, au détriment des négociations politiques. Cela pourrait aussi compliquer les discussions entre Eisenkot et les partis israélo-arabes, alors que la population serait sous la menace directe de missiles balistiques.
En somme, la situation reste fluide : Netanyahu dispose d’une fenêtre d’opportunité pour agir militairement, mais doit justifier une telle décision face à une opinion publique et une classe politique divisées. Le futur gouvernement israélien, quelle que soit sa composition, devra gérer simultanément la menace iranienne et une scène politique fragmentée, avec des implications majeures pour la stabilité régionale et la sécurité d’Israël.
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