Il a encore des atouts dans sa manche

Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu a récemment proposé la formation d’un « gouvernement national large » tout en insistant pour en conserver la direction exclusive, refusant notamment une rotation avec Gadi Eizenkot, qui a déjà reçu 67 recommandations pour former un gouvernement. Cette position reflète une continuité dans la stratégie politique de Netanyahu, qui avait auparavant empêché l’approbation du budget pour éviter de céder le pouvoir à Benny Gantz, conduisant à des élections anticipées.

Les négociations passées révèlent des dynamiques complexes. En 2021, alors que la menace de perdre le pouvoir devenait tangible, le Likoud avait insisté pour que Naftali Bennett soit le premier Premier ministre dans une rotation prévue, une proposition destinée à attirer Gideon Sa’ar dans une coalition de droite. Cette manœuvre visait à contourner l’opposition de Sa’ar à Netanyahu en plaçant Bennett en tête, espérant ainsi renforcer la coalition à long terme.

Les pourparlers de cette période, menés simultanément avec le Likoud et le parti Yesh Atid, visaient à maximiser la pression politique. Malgré un accord presque finalisé avec le Likoud, l’absence de deux députés clés a empêché la formation du gouvernement. Cette impasse a conduit à la formation d’un gouvernement alternatif dirigé par Bennett, soutenu par Yair Lapid et le parti arabe Ra’am.

Aujourd’hui, la situation reste bloquée. Netanyahu conserve la plus grande formation parlementaire, mais a perdu la majorité. Le camp du changement, déçu par les résultats électoraux, et celui de Netanyahu, conscient qu’aucun camp n’a obtenu un avantage décisif, doivent envisager des négociations délicates. Ces discussions nécessiteront une gestion discrète pour éviter des fractures politiques internes, notamment dans le camp du changement.

Les défis sont nombreux : Netanyahu doit évaluer la possibilité d’attirer des partis du camp adverse pour atteindre une majorité, tandis qu’Eizenkot doit juger de la capacité de Netanyahu à rassembler une coalition viable. La confiance entre les parties est faible, rendant les garanties politiques fragiles, comme l’ont montré les précédents accords de rotation non respectés.

Les experts en négociations recommandent une approche simultanée avec tous les partis pour éviter les accords exclusifs qui pourraient être contournés. La complexité des alliances, notamment avec les partis arabes et religieux, ajoute une couche supplémentaire de difficulté. L’expérience passée montre que les titres ministériels peuvent être créés pour satisfaire des exigences politiques sans réelle attribution de pouvoirs, illustrant la nature souvent symbolique des compromis.

En résumé, Israël fait face à un défi politique majeur où la formation d’un gouvernement stable dépendra de la capacité des acteurs à naviguer entre méfiance, exigences politiques et réalités parlementaires. La situation reste fluide, avec des stratégies en évolution constante et une incertitude persistante quant à la composition future du gouvernement.

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