Quand le général de Gaulle évoquait le règlement du conflit

Michèle Mazel

 

Israël s’apprête à fêter ses soixante-dix ans plus fort et plus prospère que jamais. Une réussite acquise au prix du sacrifice de ses  fils et  de ses filles tombés au champ d’honneur pour assurer sa survie. Pourtant ses ennemis ne désarment pas et la paix se fait attendre. A qui la faute ?

  En 1967, le général de Gaulle, revenu au pouvoir et à nouveau président, avait vertement tancé Abba Eban, ministre des Affaires étrangères d’Israël, sur fond de la crise déclenchée par l’Egypte qui ne dissimulait pas ses intentions belliqueuses : elle avait massé des troupes dans la Péninsule du Sinaï et chassé les forces d’interposition de l’ONU – la FUNU qui s’y trouvaient en vertu des accords de cessez-le-feu de 1956  puis imposé un blocus naval aux navires battant pavillon israélien transitant par les détroits de Tiran en route ou venant du port d’Eilat,.  Pour mémoire, l’imposition d’un blocus est considérée comme un casus belli en droit international. C’est en vain qu’Israël se tourna vers la Grande Bretagne et les Etats Unis, qui s’étaient engagés à assurer le libre passage des vaisseaux israéliens après la crise de Suez. Abba Eban avait alors rencontré le général qui s’était non seulement refusé à intervenir mais avait lancé un avertissement : « Prenez-garde, avait dit le grand homme, “Si Israël est attaqué, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. » On connait la suite.  Lors d’une conférence de presse-fleuve tenue le 27 novembre 1967, le président de Gaulle, dépité sans doute de ne pas avoir été entendu, s’est permis, répondant aux questions des journalistes, d’évoquer « le peuple juif, sûr de lui et dominateur. » Il parlait pourtant de la longue histoire des Juifs AVANT la création de leur état. Qui n’a pas frémi à la vue de la caricature que TIM publiait quelques jours plus tard dans le journal Le Monde : un déporté squelettique en tenue rayée portant l’étoile jaune, un pied sur les fils de fer barbelés d’un camp de concentration – avec comme légende « le peuple juif, sûr de lui et dominateur. »  Pour la petite histoire, l’hebdomadaire l’Express avait refusé de la publier. Seulement cette phrase choc et choquante a fait oublier la suite de ses propos. « Un règlement dans cette voie, affirma-t-il, à moins que les Nations unies ne déchirent elles-mêmes leur propre charte, doit avoir pour base, l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance, et la reconnaissance de chacun des Etats en cause par tous les autres.   Après quoi, par des décisions des Nations Unies avec la présence et la garantie de leur force, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités et les modalités de la libre navigation pour tous dans le golfe d’Aqaba et dans le canal de Suez. »

On notera que cette déclaration pleine de sagesse intervenait moins de trois mois après la rencontre de Khartoum et le vote le 1er septembre par l’Egypte, la Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak, l’Algérie, le Koweït et le Soudan d’une résolution affirmant – entre autres ! –qu’il n’y aurait pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël, et pas de négociation avec Israël.

Une résolution que le Général n’a pas cru bon de commenter. Un demi-siècle plus tard, si le mur d’hostilité est battu en brèche ici et là, le monde arabe dans son ensemble se refuse toujours à accepter l’existence d’un Etat juif.

Par ©Michèle Mazel

5 Commentaires

  1. Attention à De Gaulle, il a en particulier fermé les yeux quand les Algériens en 1962 ont tué beaucoup de Pieds-Noirs, Juifs, Harkis………et il a signé les Accords d’Evian : il y a maintenant au moins 7 millions d’Algériens, parmi les 10 millions de musulmans en France.

  2. Et c’est toujours les mêmes Fu–ers qui osent parler d’agression quand Israël a l’audace de se défendre pour ne pas se laisser exterminer….

    Courage ISRAËL! C’est bientôt la FIN… L’échec et mat final est déjà programmé!

  3. Pour la petite histoire egalement: le general de Gaulle, feru de litterature meme populaire, avait repris
    (inconsciemment, sans doute) j’epithete « sur de lui et dominateur » de « L’Aiguille creuse » de Maurice
    Leblanc, roman dans lequel ces adjectifs (dans l’ordre inverse) sont appliques a … Arsene Lupin. Ne faisons
    donc pas trop de cas de cette analyse psychologique de feu le general, qui devrait retourner au mieux a l’almanach Vermot.

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