Poutine le sait : dans dix ans, l’armée russe sera musulmane ©

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Slaves versus Musulmans : le va-tout de Poutine en Syrie risque t-il de lui revenir en boomerang ?

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Derrière l’aventurisme impitoyable de Poutine en Syrie se cache le spectre de la démographie musulmane qui menace la Fédération de Russie.

L’explosion démographique musulmane en Russie fait partie intégrante des actions de derviche-tourneur qu’accomplit le dirigeant russe pour ressusciter le statut de superpuissance de Moscou. Cela explique, dans une certaine mesure, les tentatives désespérées de Poutine, de ramener sous le contrôle de Moscou les Slaves d’Ukraine, de Biélorussie et tous les russophones des Etats baltes.

Lorsque Poutine a inauguré récemment la plus grande Mosquée du Monde, il s’agissait d’une tacite reconnaissance du volume croissant de cette population musulmane. Il s’agissait aussi d’un effort pour forger dans le ciment un pacte entre une organisation musulmane d’Etat et le régime russe, modelé sur l’exemple des liens qui unissent le Kremlin et l’Eglise orthodoxe russe.

Le recensement officiel de 2002 situait la population musulmane en Russie à 14, 5 millions sur une population totale de 144 millions. Ravil Gaynutdin, chef du conseil des muftis [la hiérarchie religieuse islamique officielle de Poutine] clamait en août 2005, que la population de Russie comprenait déjà 23 millions d’individus issus d’ethnies rattachées à l’Islam.

Cette dernière statistique semble plus proche de la réalité, certains estimant, par exemple, qu’on compte plus de 3 millions de Musulmans uniquement à Moscou, sur un total de 13 millions d’habitants. La population de la Fédération de Russie a bénéficié d’une légère impulsion, car après l’implosion de l’Union Soviétique, il y a eu un afflux immédiat des Russes d’ethnie slave provenant des anciennes « républiques soviétiques” à majorité non-slave en Asie Centrale.

Mais ce facteur humain musulman prend une signification supplémentaire parce que la population russe dans son ensemble est en déclin prononcé et sans précédent dans toute son histoire. Elle a atteint son pic à 148, 6 millions en 1991, est quelque part entre 140 et 145 millions actuellement, mais elle déclinera jusqu’à moins de 130 millions selon une projection sur 2025, alors que la population musulmane en Russie, bien que ne reproduisant pas un taux suffisant pour combler ce déclin, ce taux restera considérablement plus élevé que celui des Slaves.

Cela veut dire que, quand Poutine fait un plongeon en Syrie pour combattre les Musulmans et rappelle 150.000 conscrits, il doit aussi prendre en compte qu’aux alentours de 2025 (soit dix ans), la plupart de ses nouveaux soldats proviendront principalement des groupes ethniques musulmans et non-slaves. De façon contradictoire, sa manière de faire appel, à l’intérieur – ce qui constitue une bonne part de sa popularité – à la fidélité à la chrétienté orthodoxe traditionnelle russe est certaine de devoir, tôt ou tard, affronter cette question de la part croissante de Musulmans de plus en plus islamisés, dont ses propres forces armées deviendront dépendantes.

Le pantin sans la moindre fiabilité du dirigeant russe, Ramzan Kadyrov, l’homme fort et « président » de Tchétchénie, a appelé Poutine et demandé d’étendre ses opérations de liquidation en Syrie, en employant des troupes musulmanes au sol ».

Kadyrov rappelait ainsi sournoisement à Poutine, avec lequel il a toujours eu une relation orageuse, que le renforcement du régime russe dépend entièrement des bonnes relations avec sa minorité musulmane. Même avec la régime-voyou de Kadyrov et la longue histoire des guerres russes de domination remontant au XVIII ème siècle, la Tchétchénie est virtuellement une région occupée. Et sa violence a déferlé dans les états caucasiens voisins, la route traditionnelle de l’Impérialisme russe vers la Géorgie et l’Arménie, ainsi que le rêve d’une ouverture, un jour, vers l’Océan Indien.

Mais que Poutine tienne compte ou non du conseil du cacique tchétchène, sur la voie d’un conflit plus vaste contre Daesh, il prend tout son temps pour gifler les groupes rebelles anti-Assad précaires formés par la CIA.

C’est l’augmentation de l’activité aérienne russe au-dessus de la Syrie qui a poussé Binyamin Netanyahu, qui en général, n’attend pas que son allié traditionnel américain se bouge, à se rendre à Moscou le 21 septembre, en apparence, pour parler de ce besoin de réguler le trafic. Pour les Israéliens, le transfert d’armement iranien au Hezbollah pour encourager sa participation au camp russo-irano-syrien dans cette guerre civile sanglante, est un problème stratégique et tactique déterminant.

Est-ce que cela signifie que les renseignements israéliens, à la différence de Washington, s’étaient déjà préparés à cette accélération de l’intervention syrienne de Poutine?

En bombardant les forces anti-régime entraînées par la CIA, mais relativement inefficaces, en particulier ceux qui encerclent la base alaouite du dirigeant Bachar Al Assad sur la Méditerranée, Poutine s’est ouvertement moqué d’Obama et de ses appels continuels à la démission de Bachar al Assad, avant de parvenir à un terme transitoire à cette guerre. C’était aussi un sérieux pied de nez à Obama, répliquant ainsi aux sanctions américaines et européennes contre Moscou, à cause de son agression flagrante en Ukraine.

Il reste à voir si Poutine peut maintenir un engagement de plus long terme en Syrie, étant donné le triste état de l’armée russe, en général.

Mais avec ce que la Maison Blanche reconnaît être une totale absence de stratégie américaine et un désarroi presque totale parmi les alliés occidentaux, Poutine donne, comparativement, l’impression d’être un stratège habile.

Le vieux proverbe grec : “Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois” convient tout-à-fait à la position des Russes actuellement.

L’appel de Poutine à accepter de vivre avec la pire des dictatures arabes à Damas, en espérant que cela entraînera, en définitive, une paix des cimetières, plane dans certains cercles et même hors de Russie, chez certains partis de droite radicale européenne et autres isolationnistes américains.

Mais cela effraie certains alliés traditionnels des Etats-Unis, de façon ironique, Israël qui a forgé une alliance tacite avec les Arabes conduits à présent par l’Egypte, qui perçoivent “l’accord” d’Obama avec l’Iran comme le meilleur moyen de renforcer la mainmise de Téhéran, en tant que tel, et de Poutine, qui se lance à fond pour soutenir la tyrannie à Damas, laquelle n’a plus de laïque que le nom.

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Sol W. Sanders

Sol W. Sanders, (solsanders@cox.net), est un rédacteur contribuant à WorldTribune.com et à Geostrategy-Direct.com

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Adaptation : Marc Brzustowski.

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