La véritable menace derrière la répression européenne contre la brit milah
Plusieurs pays européens, dont la Belgique, l’Autriche et la Suisse, mènent actuellement des enquêtes pénales contre des mohalim, les praticiens du brit milah, la circoncision rituelle juive. En Belgique, au moins deux individus ont été formellement inculpés. Ces procédures judiciaires soulèvent une inquiétude majeure au sein des communautés juives, qui y voient une atteinte à la liberté religieuse et une menace pour la pérennité de cette tradition millénaire. Le point de friction principal réside dans la pratique controversée de la Metzitzah B’peh, une succion orale directe censée prévenir des dangers vitaux pour le nouveau-né, mais désormais reconnue comme un vecteur potentiel de transmission de maladies.
Historiquement, cette méthode a été remise en question dès le XIXe siècle, conduisant à l’adoption d’alternatives plus sûres, telles que l’utilisation d’une pipette en verre ou d’une éponge. Pourtant, certains milieux orthodoxes continuent de privilégier la succion directe, ce qui a motivé des alertes auprès des autorités sanitaires européennes. L’activisme de Moshe Aryeh Friedman, qui a dénoncé cette pratique aux ministères de la santé, a déclenché ces enquêtes. Si la sécurité des enfants est au cœur des préoccupations, il reste incertain si d’autres motivations politiques ou culturelles influencent ces actions judiciaires.
Face à cette situation, la communauté juive est confrontée à un dilemme. La poursuite de la Metzitzah B’peh, même avec des dispositifs stériles, semble insuffisante pour convaincre l’opinion publique européenne de la sécurité du rituel. La méthode traditionnelle, jugée peu hygiénique et sans bénéfice médical, est difficile à justifier dans un contexte moderne. Certaines voix proposent de revenir à l’utilisation de l’éponge, une solution plus acceptable sur le plan sanitaire, mais qui peine à être adoptée faute d’accord rabbinique unanime. Une autre piste envisagée est l’instauration d’un modèle nordique combinant formation professionnelle des mohalim et présence médicale lors des interventions, conciliant ainsi tradition et sécurité.
Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre pratiques religieuses et exigences légales en Europe, notamment après les restrictions imposées à l’abattage rituel casher. La menace d’interdictions totales plane, ce qui pousse les défenseurs du brit milah à chercher des compromis sans renier leur héritage. Ils appellent à une réforme interne, notamment sur la question de la Metzitzah, pour garantir la sécurité des enfants tout en préservant la liberté religieuse. Le défi est d’autant plus grand que toute concession perçue comme une capitulation pourrait fragiliser davantage la pratique et la communauté.
Les enquêtes en cours en Europe révèlent un affrontement complexe entre tradition religieuse et normes sanitaires contemporaines. La survie du brit milah dépendra de la capacité des communautés juives à s’adapter sans renoncer à leurs rites fondamentaux, tout en répondant aux exigences légales et éthiques. La recherche d’un équilibre entre respect des croyances et protection des enfants est au cœur de ce débat, qui pourrait redéfinir l’avenir de cette pratique ancestrale sur le continent européen.
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