Les sombres prédictions d’une simulation de conflit entre la Chine, Taïwan et les États-Unis

Un «war game» a été organisé pour anticiper les effets d’un tel affrontement: il serait dramatique, pour tout le monde.
La visite de Nancy Pelosi à Taïwan le 3 août dernier, dans le cadre d’une tournée diplomatique en Asie, a provoqué la colère du gouvernement chinois, qui considère l’île de 23 millions d’habitants comme une province ayant vocation à retourner dans son giron.
En réaction, l’Armée populaire de libération a mené une série d’exercices militaires autour de l’île, faisant une nouvelle fois craindre une tentative d’invasion, ou du moins un incident grave entre les parties impliquées.
Bien qu’il reste aujourd’hui très improbable, un scénario où les États-Unis décideraient d’intervenir est toujours possible. Afin de prévoir ce à quoi pourrait ressembler une telle éventualité, le cercle de réflexion Center for Strategic and International Studies (CSIS) a mené un «war game» lors duquel d’ancien généraux, officiers de l’armée et cadres du Pentagone ont simulé une confrontation de cet ordre.
«Les résultats montrent que dans la plupart des scénarios –mais pas dans tous–, Taïwan s’avère capable de repousser une invasion. Toutefois, le coût serait extrêmement élevé pour les infrastructures et l’économie taïwanaises, ainsi que pour les forces américaines dans le Pacifique», résume pour Bloomberg un conseiller du CSIS.
La simulation propose un scénario dans lequel, en 2026, la Chine déciderait d’attaquer Taïwan et où les États-Unis s’impliqueraient sans réserve, le Japon les autorisant à étendre les capacités opérationnelles de toutes leurs bases situées sur l’archipel. Il faut toutefois garder en tête que les deux premières conditions sont improbables et la troisième incertaine.

Destruction mutuelle

D’après les projections du CSIS, la totalité de la marine et la moitié de l’armée de l’air taïwanaises seraient détruites dès les premiers jours du conflit. De son côté, la Chine pourrait perdre 150 navires.
Pour ce qui est des États-Unis, les missiles chinois longue portée pourraient éliminer jusqu’à 900 avions en visant les bases aériennes, ainsi qu’une large partie de leur flotte du Pacifique.
Selon les experts invités à participer à la simulation, dans tous les scénarios testés, l’armée chinoise serait à même de débarquer sur les plages taïwanaises et de s’y établir.
Ses progrès dans les terres dépendraient ensuite des capacités de résistance de l’armée de terre de la République insulaire. Les perspectives, là aussi, sont plutôt sombres: selon un participant à la simulation, «l’armée taïwanaise n’est pas au niveau auquel elle devrait être sur le plan qualitatif».
Il n’est pas certain que cette phrase, prononcée dans la chaleur d’un bureau de Washington, plaise à des conscrits largement opposés à l’escalade avec leur voisin chinois. Ces jeux de destruction mutuelle sont à l’opposé que ce que souhaitent les Taïwanais, qui sont dans leur quasi-totalité en faveur d’une conservation du statu quo, quitte à le maintenir sur le long terme.
Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de faire trainer le conflit en Ukraine
Vladimir Poutine accuse les Etats-Unis de faire traîner le conflit en Ukraine (Reuters)
Le président russe a reproché, mardi, aux États-Unis de chercher à « déstabiliser » le monde, dans une allusion à la visite récente de la présidente de la Chambre américaine des représentants Nancy Pelosi à Taïwan. « L’aventure américaine à l’égard de Taïwan, ce n’est pas simplement un voyage d’une politicienne irresponsable, mais une partie d’une stratégie intentionnelle consciente visant à rendre chaotique la situation », a dénoncé le leader du Kremlin. Vladimir Poutine a également reproché à Washington de chercher à faire durer le conflit en Ukraine.
« La situation en Ukraine montre que les États-Unis cherchent à faire traîner ce conflit. Et ils agissent de la même manière en cultivant la possibilité d’un conflit en Asie, en Afrique, en Amérique latine », a-t-il déclaré, alors qu’il s’exprimait à l’ouverture de la dixième Conférence de Moscou sur la sécurité internationale.
Cette conférence, qui réunit 35 pays « amis » de Moscou, doit se pencher sur les problèmes de stabilité globale et régionale ainsi que sur la sécurité en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et en Europe. Le président russe en a profité pour multiplier les critiques adressées aux États-Unis dénonçant « une démonstration insolente de leur manque de respect envers la souveraineté des autres pays et leurs obligations internationales ».

Une rencontre Guterres, Erdogan, Zelensky

Vladimir Poutine a pris la parole alors qu’en Ukraine , des échanges de tirs avaient toujours lieu autour de la centrale nucléaire de Zaporijia , une des centrales les plus puissantes du continent. Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, se sont entretenus, mardi, sur ce sujet. Le président de la République française a par ailleurs souligné « sa préoccupation quant à la menace que font peser la présence, les actions des forces armées russes et le contexte de guerre avec les conflits en cours sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, et a appelé au retrait de ces forces ».
Sur le plan diplomatique, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, doit se rendre jeudi en Ukraine où il rencontrera les présidents ukrainiens Vladimir Zelensky et turc, Recep Erdogan. Ils discuteront du « besoin d’une solution politique à ce conflit », selon un porte-parole de l’ONU.
L’autre sujet décisif concerne la mise en œuvre de l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, signé en juillet dernier par Kiev et Moscou, sous l’égide de l’ONU. Et ce, alors que le premier navire affrété par l’ONU et chargé d’aide alimentaire quittait l’Ukraine mardi en direction de l’Afrique .
Jforum avec  korii.slate.fr et www.lejdd.fr
L’armée taïwanaise lors d’un exercice antidébarquement, le 9 août 2022, à Pingtung. | Sam Yeh / AFP

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