Pourquoi le mois d’Adar אֲדָר est-il consacré à la joie ?

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Halakha du 30 Chevate 5775 (Roch Hodech 1)

Le mois de Chevate (qui précède Adar) compte toujours 30 jours. Le mois d’Adar d’une année « simple »(5775) a toujours 29 jours. Dans le cas d’une année embolismique, Adar I comporte 30 jours, Adar II comporte 29 jours.

 

Lorsque commence Adar, la joie est à profusion : michénikhnass adar marbine bésim’ha (Taânite 29 b)

D’après la Torah, c’est le dernier mois du calendrier hébraïque.

 

« La joie est le Troisième pilier du service D’… par l’homme pieux » ( Kuzari 2,50 ).

 

Au mois d’Adar, la destinée les astres (le Mazal) est très favorable à Israël.

Les décrets n’émanent que d’Hashem et non pas des astres, qui n’ont aucune influence sur Israël.

 

Nous retrouvons cette notion à travers un verset de la Méguila d’Esther :

« Le mois qui se transforma pour eux de la tristesse à la joie, du deuil à la fête…»

 

Adar est le mois juif qui porte bonheur. En effet, Pourim est la fête la plus joyeuse de toute l’année. Selon les Sages, « Lorsqu’arrive le mois d’Adar, on multiplie les manifestations de joie ». Pourquoi Adar a-t-il cette réputation de joie si bien méritée ?

 

Cette augmentation de la joie peut s’exprimer dans tous les domaines de la vie courante, et ne doit pas nécessairement être rattachée à l’accomplissement d’une mitsva ; l’essentiel étant d’être joyeux.

Ce mois étant favorable au peuple juif, il est conseillé à celui qui doit comparaître devant un tribunal pour un litige qui l’oppose à un non-Juif, de le faire pendant le mois d’Adar.

Pour cette même raison, on a coutume de célébrer les mariages pendant tout le mois d’Adar, et non pas (comme dans le cas de la plupart des autres mois hébraïques) seulement pendant la première partie du mois, lorsque la lune, symbole du peuple juif, est en phase ascendante. Cette permission peut être étendue aux deux mois d’Adar, le cas échéant.

 

7 Adar

Jour de naissance et de décès (hiloula) הילולא (racine : הלל, HLL, dont le sens premier est « crier avec joie et crainte) (la hiloula est une coutume consistant à se rendre sur les tombeaux de Tsaddikim (Justes) le jour anniversaire de leur mort, et de commémorer cette mort au moyen d’une cérémonie festive au cours de laquelle sont lus des psaumes et autres textes sacrés) de Moché Rabbénou (an 2489), un chabbat, après l’heure de la prière de min’ha ; il est enterré au Mont Nébo, en Jordanie mais on ne sait pas où, pour qu’il n’y ait pas eu la possibilité de culte excessif et idolâtre. Voir Sota 12b.

La tradition dit que c’est D.ieu lui-même qui s’est chargé de l’enterrement de son serviteur pour le remercier de sa vie et parce qu’il a eu la bonté de s’occuper des ossements de Yosséf (fin du Middrache de Dévarim). Ce 7 Adar de la mort de Moché était dans une année embolismique.

Lors de min’ha de chabbate c’est la complétude et la joie qui emplissent cette heure ; c’est pour cela que c’est l’heure de Moché, celle de Yosséf et celle de la mort de David ; en souvenir, on lit les trois versets de tsidqatéikha, ce jour-là à Min’ha.

Souvent, le 7 adar, on prie pour le salut de la communauté comme Moché en fut le sauveur déterminant et, comme il y a une parcelle de l’âme de Moché en chaque juste, il y a un jeûne intitulé “jeûne des justes” (taânite tsaddiqim). Dans des communautés sépharades, on lit un “tiqqoune” (réparation) et les femmes vont à la synagogue.

Le tiqqoune c’est la réparation d’un manque ou d’un défaut, qu’ils soient dans la fabrication ou dans ce qu’est devenu un objet, une personne, une situation particulière.

C’est la technique de réparation établie par nos Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à étudier, de prières à dire, à des dates ou heures particulières ou dans des circonstances précises, après avoir réalisé des actes précis de purification des intentions (par exemple, miqvé, tsédaqa, viddouï; bain de purification, bienfaisance, aveu des fautes, etc.). Ainsi, le Tiqqoune hatsote se dit la nuit à minuit.

Un tiqqoune particulier basé également sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes que l’on lit pendant la nuit de certaines fêtes.

Le tiqqoune néchama entre dans ces cadres qui dépassent le niveau du commun. Il s’agit d’améliorer l’être, non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures, mais dans la nature de son âme car il y aurait eu des accidents de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus de purification après la mort, et l’âme aurait besoin de l’aide de prières.

Tiqqouné chabbate (au pluriel) pour désigner la pratique de lire des ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté du Chabbate.

On parle aussi de tiqqoune hallachone quand une lettre supplémentaire apparait et produit des anomalies dans une forme grammaticale d’un mot. Il y a des raisons très profondes à ces anomalies, qui transmettent souvent des secrets de la Torah, ou parfois ce sont des formes qui permettent d’éviter une lecture qui porterait préjudice à la dignité de la Torah.

On parle alors de tiqqoune sofrim.

Les tiqqouné hazzohar sont l’un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres commentent uniquement le premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances qui existent entre les lettres ou les versets de la Torah, aux niveaux les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen.

Le tiqqoune haôlam c’est souvent une décision d’un Sage reconnu par la génération entière qui décide d’une mesure qui change les usages, mais justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle ainsi pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix.

  1. Hiloula de Rabbi Yits’haq Eizik, fils de R. Moché Yé’hézqel de Kaliv, l’un des principaux diffuseurs du ‘hassidisme en Roumanie et Hongrie.

Hiloula de Rabbi Yaacov Tolédano, fondateur des institutions Merkaz Hatorah en région parisienne (écoles, yéchivotes, Kolel, Caisse de bienfaisance…) et un des pionniers de l’éducation juive en France.

La date du 7 Adar a été retenue en Israël pour évoquer le souvenir de ceux des soldats, tombés au combat, dont la sépulture jusqu’à ce jour est restée inconnue (calendrier Joseph Bloch).

 

12 Adar : Consécration du second Temple

 

13 Adar : Jeûne d’Esther

14 Adar : Pourim

On fête Pourim en tout endroit à la date du 14 Adar, excepté les villes entourées d’une muraille depuis l’époque de Yéhochoua’ Bin Noun, où l’on fête Pourim le 15 Adar.

Circoncision de Moché Rabbénou.

  1. Hiloula du Rav Tsvi Yéhouda ben Avraham Yits’haq haCohen Kook, leader dans le courant sioniste.

Né en 1891, il était l’unique fils du 1er Grand Rabbin ashkénaze (nommé en 1921) et il en fut l’adjoint dans la Yeshiva Merkaz haRav qui forma les rabbins leaders du mouvement sioniste religieux.

En 1935, à la mort de son père il lui succéda à la tête de cette yeshiva. Il publia beaucoup de réponses halakhiques sur la vie quotidienne d’aujourd’hui dans l’Etat d’Israël, ainsi que les oeuvres écrites de son père. Il garda l’orientation mystique et nationaliste de son père. Il chercha à former de nombreux jeunes rabbins qui ont constitué ensuite le mouvement dit des koupotes rougote (les kippotes faites au crochet en plusieurs couleurs, typiques de ce courant religieux et politique en Israël, depuis le mouvement de jeunes du Bné Âqiva jusqu’aux députés à la Knésset).

Jeûne des tsaddiqim à cause des dissensions entre les deux grandes yeshivotes de Chamaï et Hillel qui firent de nombreuses victimes par maladie (lire traité Chabbate 17 et le Chouk’hane Aroukh, Ora’h ‘Haim 590 b).

15 Adar : Chouchane Pourim

15adar 

27 Adar : il y a des particularités qui reviendront chaque fois qu’il y a un seul mois de Adar.

Ce Chabbate, quand il n’y a pas de mois de Adar II, on sort 2 rouleaux de la Torah car on lira dans le second le passage de la paracha Bo qui dit « Ha’hoddéche hazzé », « ce mois-ci sera pour vous le début des mois » pour la dernière lecture de la Torah. En effet, on annonce le mois de Nissane qui va s’ouvrir pendant la semaine qui commence, le yom hamichi, jeudi. D’où les noms particuliers de ce Chabbate.

Les sépharadim chantent le cantique Mélékh goel oumochia’h, Roi sauveur.

C’est le jour de la création du monde, selon la méthode d’interprétation de Ribbi Yehoshua, contrairement à Ribbi Eliêzer qui le fixe en début du mois de Tichri.

Décès du Roi Nabuchodonozor, de Babylone qui avait conquis Jérusalem.

28 Adar : Yom Kippour qatane

C’est un jour particulièrement propice pour demander la parnassa, la subsistance, 

 

 Recueil : Florence Cherki

Sources:

http://www.modia.org/infos/calendrier/adar.php

Wikipédia

http://halakha.over-blog.fr/article-279-pourim-le-mois-d-adar-israel-et-la-destine-le-7-adar-jour-de-la-disparition-de-moshe-rabbenou-68752383.html

http://www.cheela.org/

http://www.halachayomit.co.il/

http://www.emounachelema.com/

http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1465

http://www.fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/1128429/jewish/1-Le-mois-dAdar.htm

 

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