Permis de tuer

 

 

Par Gilles Falavigna

Dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, le projet de loi bioéthique a été adopté en seconde lecture au Palais Bourbon. Il ne s’agit pas d’Israël. L’instant choisi en plein Shabbat, n’est donc pas très important. Il est néanmoins révélateur, par la forme, de son contenu.

Dans le cadre des amendements à cette loi, l’avortement sera autorisé jusqu’à 9 mois de grossesse, soit jusqu’à la naissance du bébé. Pour des raisons de sémantique, la correspondance des 9 mois n’est pas évoquée dans les textes.

Cet amendement, proposé par le Parti Socialiste, a pour motivation de permettre la gestion de détresse psychosociale.

Les militants anti-avortement avancent en premier argument que la détresse psychosociale est un critère invérifiable. Cet argument n’est pourtant pas pertinent. Il est hors de propos. Suffirait-il que la détresse de la mère soit vérifiée pour autoriser l’avortement de ce qui est biologiquement vivant dans le ventre de la mère ?

L’interruption volontaire de grossesse se réalise, depuis la loi Veil, par un encadrement médical et un suivi avant l’acte. L’avortement est, pour le moment, autorisé jusqu’à la douzième semaine de grossesse : 3 mois.

Cadrer le problème pourrait soumettre l’accompagnement psychosocial de la grossesse car s’il y a risque de détresse, il sera vérifié bien avant son terme. Mais un accompagnement psychosocial est une mesure qui pourrait sembler contraignante et ce n’est pas dans l’ère du temps.

Ce cadrage conduit à la nature du problème puisqu’il s’agit d’une loi d’éthique.

Le père de l’éthique est Aristote. Il définit celle-ci par la vertu et la vertu est un caractère individuel. En effet, la vertu ne se préoccupe pas de l’autre. La vertu n’est que pour soi. Aristote la définit gratifiante.

Au regard d’un individualisme forcené, la déresponsabilisation est totale. Permettre l’avortement au terme de la grossesse autorise à ne se soucier que de soi. Par définition, la détresse est un sentiment de solitude et de souffrance dans une situation difficile. La question pourrait être de savoir si la déresponsabilisation libère de la solitude et de la souffrance en supprimant la difficulté.

Sur ce point, le Judaïsme semble à l’opposé de la « morale » chrétienne, moteur de la société occidentale.

A y regarder de près, la responsabilisation est le déterminant d’une cause dont la détresse n’est qu’un effet. Au regard d’une sphère englobante, l’individualisme est contraire au collectif d’une communauté.

Un regard encore plus englobant est la relation au vivant. Il est logique de ne pas porter une attention particulière au vivant quand le cadre des préoccupations est le « Moi ».

La morale « judéo-chrétienne » se révèle contraire au Judaïsme. Il serait moral, parce qu’éthique, de permettre le confort individuel. La Liberté s’arrête à celle des autres. Quel cadre moral va limiter l’avortement à 9 mois de grossesse ? Sur quel critère subjectif est construite la mutation du fœtus en bébé ? Un bébé de quelques jours a-t-il conscience de son existence ? La parole est-elle significative d’une conscience puisque l’animal et même le végétal utilisent des moyens évolués de communication, de mise en commun ? Où sont les limites du confort individuel au regard de la vie de ce qui nous entoure ? Il s’agit d’une question sociétale d’individus qui n’ont de lien entre eux que par un droit formalisé de droits individuels.

La loi de bioéthique vise en premier lieu à permettre la Procréation Maternelle Assistée pour toutes. Lors de la loi du Mariage Pour Tous, le législateur insistait pour dissocier les deux. Pour rappel, la dissociation tenait au concept de « convenance personnelle ».

Il ne reste guère que cette loi pour rappeler le mandat présidentiel de François Hollande. Le mariage homosexuel marque les esprits alors qu’il ne concerne que 3% de la population et ne change rien au statut précédent. La seule différence légale avec le PACS est une signature devant le Maire en lieu et place d’un notaire.

Mais petit à petit, la société évolue et avec elle, les droits individuels. La nature, et donc la vie, n’y a pas droit de parole. Aujourd’hui, le Droit consacre le mariage homosexuel et, déjà en Amérique du Sud, des juges autorisent le mariage à trois et plus si affinité. Pour le moment, le mariage avec des animaux ne peut pas s’effectuer, faute de consentement manifeste par la bête.

Puisque la morale est une question d’éthique et que celle-ci ne concerne que l’individu, tout dépendra de la société. Le déterminant réel est la convenance personnelle. Nous en arrivons à la législation de Sodome par Loth.

C’est ici que la nature du Judaïsme sera la plus opposée aux valeurs individuelles chrétiennes. Et Avraham dit à Loth : « Vas dans une direction, j’irai dans la direction opposée. »

Les lois de la nature, les lois d’Élokim, sont intemporelles. Consacrer les Droits de l’Homme est le comble de l’idolâtrie. Ces droits évoluent en fonction des désirs de l’Homme. Aujourd’hui, la société prône le mariage pour tous. Demain, dans un siècle, ce sera peut-être l’inverse.

Entre les deux, l’interruption volontaire de l’enfantement pourra (peut-être) se poursuivre à un âge avancé de l’enfant. En effet, puisqu’il est permis (voire recommandé) d’avorter quelques heures avant l’accouchement pour détresse psychosociale, en quoi la détresse psychosociale, déterminante du droit, s’arrêterait-elle avec la naissance du bébé ?

L’individualisme est la force qui vient contrarier la vocation d’Israël à être Lumière des Nations. Plus Israël se renforce en lumière, plus la force contraire ajoute à la nuit.

 

©Gilles Falavigna

11 Commentaires

  1. J’aime beaucoup votre article et suis heureux que des voies s’élèvent
    Néanmoins Je vous invite à lire le fondement du christianisme qui est la suite de la première alliance afin de vous rendre compte que le respect de la vie y est absolu. Dire que le texte fondateur la Brit hadasha qui est un livre juif, serait à la base de la morale païenne dans laquelle nous subissons cette immoralité, est une erreur.
    Le fondateur y donne sa vie pour tous les hommes qui ne sont pas tous des gens biens.
    Vous pourriez y lire que l’homosexualité est une aberration.
    Le glissement vers l’idôlatrie sous quelque forme qu’elle ait été a coûté chère à Israël dans son histoire.
    La prostitution de l’église des premiers temps avec le monde temporel a donné les religions catholiques, protestantes…. et ces compromissions loin de l’Eternel les ont éloigné du judaîsme. Je vous invite à vous référer aux textes pour y voir si vous y trouvez des germes de cette morale que vous dénoncez.
    Merci à vous et shalom

  2. Et pendant ce temps l’islam avance…… et avance encore .

    La France comme tout l’Occident est en train de se mettre une bastos dans le citron .

    Quant à Nous Juifs nous n’avons plus rien à foutre ici ; ce n’est plus la France qui nous a fait rêver malgré toutes ses trahisons et ses crimes envers notre communauté . .
    La France a changé mais pas les Juifs . Nous sommes restés  » Cacher  » à 100% et pour celà nous avons payé le prix fort .

  3. Qui a pu voter une telle infamie ? Il faudra bientôt un Nuremberg pour les juger qui est capable de me mesurer ce type de détresse au fou Docteur Paul Fellous

  4. Après le fœticide, voici le temps du bébécide : le crime légalisé.
    C’est la bébécide attitude.
    Pour faire plaisir à moins de 3% de la population.
    Et demain ?
    Bin, demain, juste aprés l’accouchement, la femme ou le « 2° parent » pourra dire au médecin : « Non, ce bébé ne correspond à ce que nous attendons, il n’a pas les eux que nous désirions, éliminez-le svp ».
    Huxley avait bien raison.

  5. La France l’Europe prend la même chemin que l’empire romain , dont le meurtre d’enfants était permis des la naissance, ce même mimétisme conduira à la fin de cette nation pourrie

    • Je me permets de relativiser. Comme en témoigne la ligature d’Isaac, le Judaïsme interdit l’infanticide comme une loi fondamentale. Mais Flavius Joseph rapporte son interdiction et la peine infligée pour ce meurtre, ce qui témoigne de sa pratique chez les hébreux. Les Carthaginois, peuple sémitique (ani-baal) sacrifiaient leur premier-né au feu. C’est connu. Nourrir et élever un enfant pouvait mettre en péril la famille.
      Les Chinois ont toujours sacrifié les enfants dans d’atroces conditions.

      Les Romains abandonnaient les enfants au destin, le Fatum. Certains mourraient de faim et des intempéries. D’autres étaient adoptés. Rome a été fondée par Romulus et Rémus, abandonnés.
      On peut reprocher beaucoup de choses aux Romains mais pas cela. Le meurtre d’enfants y était permis et incité dans le cas des malformations sévères. Le cas de l’Empereur Claude témoigne de sa relativité.

  6. quelle horreur!!! J’ ai toujours ete pour l’ avortement jusqu’ a trois mois mais la, c’ est l’ horreur absolue. Et ils osent nommer cela « loi bio-ethique ». Ce n’ est plus mon monde, ce n’ est plus mon pays, ce n’ est plus la societe ou je desire vivre…

    • Depuis juin 1967 et la trahison du militaire qui gouvernait ce pays bientôt arabo-musulman, trahison de l »ami et allié » Israël, cette france du déshonneur, de la collaboration, de la délation, du marché noir et de l’immense lâcheté de la quasi-totalité de sa population, cette france que j’exècre, ce n’est plus mon pays. Mon pays et j’y vis, c’est Israël, mon amour de toujours.

    • même à3 mois c’est 1 CRIME ou MEURTRE tout dépend comment on regarde .
      petite anecdote : il est dit q l’âme vient ds le fétus au 41ème jour , les 40 jours sont 1 période remarquable et toute 1 histoire … .
      voir le pourquoi de ce fameux chiffre « 40 » .
      Allez chercher et vous découvrirez la raison .
      kol tov

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