Bonjour à toutes et à tous, je suis très content de revenir partager avec vous tous quelques enseignements de Torah. Certes, ils n’auront pas la longueur des dernières semaines, mais mieux vaut un peu que pas du tout … Avec l’aide de D.

Paracha Dévarim : se préparer à prier : Commentaire inédit

Le Temple de Jérusalem, lieu de prière pour toutes les nations |

Cette paracha débute par le verset suivant : « Celles-là [sont] les paroles que Moché déclara à tout Israël de l’autre côté du Jourdain, dans le désert, dans la plaine, face à Souf, entre Paran et entre Tofel, Lavan, Hatsérot et Di-Zahav ».

Ne disposant que de peu de temps, voici les grandes lignes de l’enseignement :
1 Bééver hayarden (de l’autre côté du Jourdain) :
La terre d’Israël représente la proximité avec D.ieu : elle correspond à la prière silencieuse par excellence : la ‘Amida. Il faut traverser le Jourdain, Yarden, c’est-à-dire yarad-n, faire descendre (yarad) c’est-à-dire retirer de soi les pensées parasites (-noun), autrement dit se libérer de nos préjugés, de nos pensées étrangères. Notre petit moi avec ses craintes, ses doutes, son étroitesse sont du côté oriental (bééver hayarden).
2 Bamidbar (dans le désert) :
Pour parvenir à traverser le Jourdain, il faut s’annuler en pensée devant la grandeur de D.ieu : ceci correspond à bamidbar : dans le désert. On devient comme un désert que tout le monde foule au pied : annulation totale.
3 Ba’arava (dans la plaine) :
C’est cette position humble qui attire l’agrément et le plaisir du Créateur : ba’arava dans la plaine, c’est ‘arav – hé, soit satisfaire D.ieu.

4 Mol Souf (face à Souf) :
Quand on a fait ce travail préparatoire, alors on imagine son insignifiance : nous sommes alors mol Souf : face à Souf le roseau. Que sommes-nous dans ce monde ? Quelle peut être notre valeur ?
5 Bein Paran (entre Paran) :
L’homme qui prie doit se positionner entre Paran et Tofel. D’abord l’homme adopte une position d’effacement de soi, en se considérant comme rien (mol souf). Mais s’il reste dans cet état, il ne pourrait pas avoir la force de prier ! Car il faut avoir aussi de l’audace : oser demander au Créateur ce dont on a besoin ! Il faut donc Paran, lié à paér, se rehausser, se glorifier …
6 Ouvein Tofel (et entre Tofel) :
Car si l’homme n’a pas d’audace, il risque de tomber dans une routine mécanique insipide de la prière : c’est le danger de Tofel, lié à tafel, sans goût.
Il existe deux écorces : Ishmaël et Essav. Ishmael correspond à Paran alors que Essav correspond à Tofel.
L’écorce d’Ishmaël dit : regarde comme tu es grand, comme tes prières sont belles, c’est certain, avec de telles prières, tu es sûr d’être exaucé … (Ichmaël ou D.ieu écoutera certainement …) L’écorce d’Essav dit : la prière ne vaut rien, (E-shav : le Aïn est vain) plein de gens prient et ils n’ont jamais été exaucés …La prière est inutile, tu perds ton temps : fais comme moi, jouis de la vie : laisse-moi avaler de ce plat rouge dit Essav à son frère Yaakov. S’il n’est pas exaucé immédiatement, il marche vers la mort. La vie ne vaut pas la peine d’être vécue s’il faut attendre avant d’avoir des résultats …
7 Lavan : attacher sa pensée à sa parole quand on prie.
Lavan s’écrit Lamed Beit Noun : Lamed est lié à la pensée, Beit a le sens de « avec » et Noun est associée à la parole.
8 Hatserot : prier en communauté.
Un Hatser est une cours commune partagée par plusieurs maisons. Il faut donc prier avec ses frères, dans un lieu de partage : la synagogue ou la maison d’étude.
9 Di zahav :
En priant en suivant ces conseils, on acquiert la véritable richesse qui est celle d’être heureux de son part : Di zahav, c’est day zahav, j’ai dit : « assez ! » à l’or ! Car j’ai compris que la plus grande des richesses, c’est de s’attacher à D.ieu, à travers ce cadeau sublime qui se nomme : Téfila, Prière.

De façon plus profonde, avec la destruction du Temple, c’est notre âme qui est en exil.

Le verset de la méguilat Eikha dit : les pierres sacrées sont déversées à tous les coins de rue. Les pierres, ce sont les âmes qui sont utilisées par les Tsadikim pour nous faire entrer dans leur sainte construction spirituelle. Mais les pierres, ce sont aussi les lettres de nos prières. Quand le Temple, qui est la beit téfila, fut détruit, ceci altéra la qualité de notre prière. Les lettres furent dispersées et nous devons les réarranger. La Présence divine est habillée de vêtements de lumière par nos prières.

Voici l’explication du verset précité :
1 bééver hayarden : hayarden : correspond à din – har : le jugement qui fut décrété sur le mont (du temple) parce que nos ancêtres ont négligé la récitation du chéma (le premier paragraphe compte 205 lettres comme la val num de Har).
Bééver est lié à la avéra, la faute. Parce qu’Israël s’est enfermé dans une vision passéiste (avar), prisonnier d’une forme de routine, sans imaginer son avenir, le jugement s’abattit sur le Temple qui fut détruit.

2 bamidbar : alors Israël se retrouva exilé, dans le désert des peuples … La Présence divine supporta l’exil avec Ses enfants. Elle fut réduite au silence, et son peuple dut endurer l’humiliation et la honte, foulé aux pieds comme le désert. Ceci est une allusion au sanglier de la forêt qui foule aux pieds Israël (cf psaume 80 Yekharsemena hazir miyaar où le premier mot forme entrecroisé knésia rom qui peut être lu église de rome … : il s’agit de Rome et de son avatar chrétien … A notre époque, Rome s’appelle roma (val num 247 ajouté à l’unité du mot lui-même) = 248 = bamidbar dans le désert …
3 ba’arava : puis sous la domination du ‘orev, le corbeau musulman, les ‘aravim …
4 Mol souf : sof, la fin de l’exil, la délivrance, dépendra du maintien de l’alliance sacrée, la pureté de la circoncision (mol).
5 Israël est circoncis et occupe une position intermédiaire entre l’islam et la chrétienté : bein paran : entre Paran allusion au mont Paran, l’islam, qui ne pratique qu’une circoncision incomplète.
6 ouvein tofel : et la chrétienté qui considère la brit mila comme quelque chose de vain et d’inutile, sans goût … Car la brit mila fut donnée pour réduire le plaisir afin de le diriger vers la sainteté. Mais Essav est l’homme de la jouissance, et il refuse de mettre un frein à sa volonté de jouissance … Essav refuse donc la brit mila.
7 Lavan : par l’étude de la Torah, allusion aux 32 sentiers de la sagesse Lamed Beit Nétivot hokhma, on répare les fautes et les atteintes portées à la Présence divine. Nos fautes ont entraîné qu’elle porte le deuil, et maintenant, elle se dévêt de ses vêtements de deuil, pour mettre des vêtements blancs (lavan). Il faut prier pour que tous nos manques que nous avons occasionnés par nos fautes puissent être rectifiés. Ce qui est rectifié en haut l’est aussi en bas.
8 Hatserot : ce mot est lu Heit-tsarot : notre potentiel heit lié à la hiyout, la vitalité, était enfermé dans les souffrances tsarot de l’exil. Quand l’homme fait téchouva, il dévoile cette vitalité enfouie et la ramène à sa place.
9 Di zahav : Hachem épanche sa bonté sur les âmes (zahav est lié à zav – Hé, D.ieu fait couler, épancher).
En résumé :
1 bééver hayarden : dommage dans la foi, destruction du Temple.
2 bamidbar : exil sous Rome et le monde chrétien
3 baarava : exil sous Ishmaël
4 mol souf : la délivrance dépend de la moralité.
5 bein paran : le Machiah ben David soumettra Ishmaël bein Paran = Béni, mon fils / Paran
6 ouvein tofel : le Machiah ben Yossef soumettra Edom, l’occident ouvein Tofel : oubéni, et mon fils / Tofel : dans le Psaume 2, le Machia’h est appelé mon fils.
7 Lavan : l’époque du Machiah sera marquée par un accroissement de la connaissance de la Torah. Nous aurons accès à ses 32 sentiers.
8 Hatserot : Tikoun des étincelles (heit) dispersées prisonnières de l’exil (tsarot).
9 Di zahav : Une réception de la shéfa, l’abondance spirituelle, (zahav) sans limite : jusqu’à ce que vos bouches en aient assez de dire : day ! Assez (di = day).
Chavoua tov à toutes et à tous avec l’aide de D. Que D. nous amène rapidement une grande consolation, amen.


Shmouel Darmon, Nétanya, groupe facebook la Torah pour tous !

Compléments

Avec « Devarim » nous débutons le cinquième livre de la Thora, « Le Deutéronome ». Ce livre peut être divisé en trois parties :
-La première partie allant du chapitre I au chapitre V ne contient que des paroles de morale et de réprimandes, évoquant l’inconduite du peuple hébreu dans sa marche dans le désert, fautes déjà dénoncées dans les livres de « l’Exode », du « Lévitique » et de « Nombres ».
-La deuxième partie, s’étend des « Dix commandements » au chapitre XXVII, Verset 9 dans la Sidra « Ki Tabo » et est constituée de paroles contenant La Loi de la Thora.
– La troisième partie va jusqu’à la fin du livre et comporte des paroles de bénédictions et de malédictions.


Cette répartition a été donnée par le Gaon de Vilna. La sidra « Dévarim » retrace les différentes étapes de la traversée du désert depuis la sortie d’Égypte jusqu’aux guerres contre Sihon, roi de Heshbon, roi des Amoréens et celle contre Og, roi de Bachan qui résidait à Achtaroth, en Edreï.
La victoire des Hébreux et l’acquisition de leur royaume, marquèrent le début de la conquête de la « Terre Promise » annoncée par D. Ces régions, depuis Aroër sur le Torrent de l’Arnon et une partie de la montagne de Galaad seront attribuées à la tribu de Ruben et Gad.
L’autre partie de Galaad et tout le Basan reviendra à la demi-tribu de Manassé. Les différentes étapes ciblent les lieux où les hébreux se sont révoltés, attirant la colère divine dans la vallée de Moab. La réprimande est adressée à tout Israël, cela montre selon Sifré que tout Israël était capable de supporter les reproches.

La paracha de Dévarim tombe invariablement la semaine précédant Ticha béAv, ..

Car à peine lui aurait-on dit, – enlève le copeau d’entre tes dents, qu’il aurait dit – enlève la poutre d’entre tes yeux. Mais j’appelle le ciel et la terre à témoin que j’ai souvent accablé Rabbi Aquiba Ben Joseph de reproches devant Rabbi Gamliel et qu’il ne m’en a apprécié que plus comme il est dit : « Ne morigène pas le railleur car il te haïrait ! Fais des remontrances au sage, et il t’aimera davantage. » (Proverbes IX, 8).

Pourtant dans le Lévitique, Sidra « Quedochim » (Ch.IX, V.17), on peut lire : « Ne hais pas ton frère en ton cœur » car la haine nourrie secrètement au plus profond de l’âme, la haine gratuite qui fut à l’origine de la Ruine du second Temple.
– Réprimande ton prochain et – Tu n’assumeras pas de péché à cause de lui.
Deux approches à ce propos :
1) A notre époque, les adultes n’acceptent plus d’être fustigés, ni même les enfants par leurs parents. Il convient donc de ne pas adresser des paroles de remontrances en public qui font pâlir de honte. Il est recommandé de faire des remontrances en termes polis et mesurés et mesurés non dictés par la haine mais par amour.
2) Pour Nahmanide, l’écriture entend exprimer ici que celui qui omet de réprimander son prochain « porte son péché avec celui-ci » en raison du principe de solidarité morale qui embrasse tous les membres de la nation. En négligeant d’aider son prochain à revenir sur le droit chemin on devient complice de son péché.
Ce qui est certain selon Malbim c’est que les trois conditions principales du devoir corriger son prochain sont :
– a) La conduite irréprochable de celui qui prétend corriger.
– b) La disposition morale du destinataire à accepter des leçons.
– c) La défense de faire pâlir de honte en public.

HAPHTARA « DEVARIM », ISAÏE (Chapitre I, V.1 à 27)

Cette Haphtara est lue le shabbat qui précède le jeûne du 9 Av, date anniversaire de la destruction du premier et du second Temple. Ce shabbat est aussi appelé « Chabbat Hazone » (Shabbat de la Vision). Le prophète Isaïe, saisi d’une vision, récapitule avec véhémence et vigueur, toutes les dérives, tous les manquements, toutes les transgressions, toute l’infidélité qui ont entraîné les désastres de la ruine du Temple et les souffrances du peuple.
D. qui ne peut souffrir ni l’hypocrisie, ni l’immoralité invective :
« Ne continuez donc plus à me présenter des offrandes hypocrites !
Votre encens est une abomination pour moi !
Le nouveau mois, le shabbat, les saintes convocations,
Je ne peux souffrir l’immoralité associée à vos solennités !… »
Cette haphtara fait écho à la Sidra où Moïse adresse des remontrances à tout Israël dans le désert, au terme de leurs pérégrinations.
Elle fait aussi écho au livre de E’Ha (les Lamentations) que nous lisons à Ticha Bé Av (le 9 Av) et Isaïe reprend ce mot « é’ha » dans une apostrophe à la ville de Jérusalem :
« E’ha, Comment a-t-elle pu devenir une prostituée,
Cette cité jusqu’ici si fidèle ?
Dire qu’elle était pleine de justice,
Que l’équité y séjournait jusqu’ici.
Et maintenant ce sont des assassins qui y demeurent !… »
Jérusalem a non seulement fauté envers l’Eternel mais aussi trahi les grands principes de justice, d’équité et de respect de la vie. Dans cette cité réprouvée, les notables eux-mêmes sont pervertis par le gain et l’argent, le culte est devenu routinier, superficiel et D. S’est retiré de son lieu de résidence et l’a livrée à ses ennemis.
Mais comme toujours le prophète réprouve puis console :
« D. est prêt à étendre sa main sur Jérusalem, faire fondre ses scories,
Comme si on les avait traitées avec de la potasse,
Et éliminer tout le plomb qui s’y trouve mêlé. »
Le jour où Jérusalem voudra retrouver sa place de ville de Justice, d’Equité et redevenir fidèle !
Dans « Dévarim », si les hébreux ont accepté la réprimande c’est que Moïse réunissait toutes ces qualités avec un amour infini pour son peuple qu’il voulait hisser vers une perfection morale digne de la proximité divine. (Synthèse de commentaires Elie Munk)

A.B

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire