Le président américain Barack Obama a appris l’art du poker quand il a quitté l’école secondaire et s’est fait des nouveaux amis sur une plage de Honolulu. Les jeunes paresseux passaient leurs journées à jouer aux cartes avec les passants de sorte que dans la soirée, ils pourraient acheter une bouteille de whisky pas chère. Ils ont appris à Obama la sagesse du poker et une fois qu’il en eut maîtrisé tous les secrets et astuces, il a commencé à les battre.Très rapidement, il est devenu un artiste du poker et leur achetait parfois une bouteille de whisky pour la partager avec eux.

Quand il est arrivé au collège, les élèves avaient peur de jouer contre lui. Il y a plusieurs années, quand on lui a demandé ce qu’un politicien a besoin pour survivre dans la violence de Washington, il a répondu qu’il faut savoir jouer au poker, non pas comme un amateur, mais pour gagner.

Obama joue aujourd’hui la partie de poker de sa vie présidentielle: pas seulement contre l’Iran, mais principalement contre un Congrès hostile ou tollé et critiques montent en puissance quant à l’accord qui prend actuellement forme avec l’Iran.

Les négociations sont encore en cours à Vienne et il est difficile de savoir si un accord va effectivement être conclu, mais les Iraniens espèrent y parvenir. La République islamique vit sur ses derniers centimes et mes amis là-bas me disent que tout le monde est rivé sur les écrans à consulter des sites d’actualités, attendant l’annonce d’un accord pour commencer les célébrations.

Il n’y a pas un seul ménage en Iran qui n’ait été affecté par les sanctions et les autorités savent que pour faire taire les masses, il faut parvenir à un accord qui conduira à la levée des sanctions.

L’administration américaine a aussi intérêt à parvenir à un accord cette semaine. La loi fédérale stipule que si l’accord est soumis au Congrès le 9 juillet, il aura 30 jours pour en examiner les clauses. Si l’accord est présenté après le 9 juillet, le délai passe à 60 jours. En d’autres termes, cela lui confère plus de temps pour étudier les différents paragraphes, poser des questions, soulever des objections et des atermoiements. Voilà pourquoi l’Iran aussi est pressé: Téhéran sait que tant que le Congrès examine l’accord, les sanctions ne seront pas levées.

Pendant ce temps à Vienne, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Zarif prennent leur petit déjeuner ensemble, off the record, pour discuter de la vie. Voilà la nouvelle normalisation entre les Etats-Unis et l’Iran.

Cela ne signifie pas encore qu’un accord sera conclu cette semaine, mais si c’est le cas, Obama devra porter ses secrets de poker dans l’arène politique intérieur pour faire face à un Congrès théâtral au beau milieu d’une année électorale. Les Républicains lui préparent le spectacle de sa vie. Ils sont convaincus que leurs électeurs veulent qu’ils frappent Obama sévèrement. L’Iran n’est que la gâchette.

Jusqu’à présent, les rivaux politiques d’Obama ont affirmé qu’il est un dirigeant faible, naïf et mou Ils envisagent maintenant de lancer une campagne l’accusant d’avoir bradé la politique étrangère américaine et conclu un accord dangereux pour la sécurité nationale.

Cette fois cela ne sera pas facile pour eux, parce que sa popularité au sein du public s’est renforcée en raison d’une séries de réalisations impressionnantes: sa révolution du système de santé est maintenant un fait solidement enraciné dans le droit après avoir été ratifiée par la Cour suprême qui a également statué en faveur du mariage entre conjoints de même sexe, un enjeu soutenu et promu par Obama.

Avec un indice de satisfaction actuellement au zénith, Obama est maintenant déterminé à parvenir à un accord avec l’Iran afin de laisser sa marque dans le domaine des Affaires étrangères, après la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Il cherche à ce qu’on se souvienne de lui dans l’Histoire comme étant le président qui a stoppé la nucléarisation de l’Iran, qui, selon sa perception, peut seulement être atteinte par le biais d’un accord.

Les Républicains se préparent également à la bataille de leur vie. L’année électorale a commencé et les 14 candidats à l’investiture entreront en compétition pour déterminer celui qui aura eu les mots les plus durs et les plus patents pour rejeter de la manière la plus spectaculaire l’accord avec l’Iran présenté comme une véritable reddition américaine.

Les Républicains aiguisent leurs couteaux; Obama bat ses cartes. Et lorsqu’il aura gagné, ce n’est pas du tout certain qu’il leur offrira du whisky.

Ses conseillers aiment mentionner que le président ne boit pas avec n’importe qui.

Orly Azoulay est la chef du bureau de Washington pour Yediot Aharonot.

Cet article est publié avec l’aimable autorisation de Ynet.

i24news.tv/fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire