Le format de la force de réaction de l’Otan va passer à plus de 300’000 militaires.

Créée en 2002 afin d’apporter une réponse militaire à une éventuelle crise, la Force de réaction rapide de l’Otan [Nato Response Force – NRF] se composait, jusqu’en 2014, d’une brigade terrestres multinationale avec cinq bataillons de manoeuvre, d’unités de forces spéciales, d’une équipe opérationnelle NRBC [nucléaire, radiologique, biologique et chimique], de plusieurs groupes maritimes [dont les Standing NATO Maritime Group et les Standing NATO Mine Countermeasures Group] et d’une composante aérienne. Au total, elle concernait environ 20’000 militaires.

L’annexion de la Crimée par la Russie ainsi que les tensions apparues dans les régions de la Baltique et de la mer Noire ont conduit l’Otan à quasiment doubler l’effectif mis à la disposition de cet NRF, en les portant à 30’000/40’000 militaires.

En outre, une « Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » [VJTF], capable de déployer les éléments de tête d’une brigade terrestre de 5’000 hommes à très court préavis si nécessaire, a été mise en place. De même qu’un « groupe initial de forces de deuxièmes échelon » [IFFG], devant être capable d’ntervenir rapidement après la VJTF.

A priori, et d’après les annonces faites par Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, ce 27 juin, soit à la veille du sommet de Madrid, la NRF va de nouveau évoluer, afin de tirer les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« Je pense que les Alliés vont dire clairement à Madrid qu’ils considèrent la Russie comme la menace la plus importante et la plus directe pour notre sécurité », a commencé par dire M. Stoltenberg. Sur ce point, il est à noter que l’Espagne a fait savoir qu’elle insisterait pour que l’Otan n’oublie pas les menaces sur son flanc sud.

« Les menaces viennent autant du flanc sud que du flanc est », a en effet affirmé, la semaine passée, Jose Manuel Albares, le ministre espagnol des Affaires étrangères, citant « l’utilisation politique des ressources énergétiques et l’immigration illégale » en Afrique. Et, notant l’implication de la Russie au Mali et en Centrafrique, via le groupe paramilitaire Wagner, il a même estimque que les « menaces du sud sont de plus en plus des menaces russes du sud ».

« Nous avons cette guerre en Europe, mais la situation en Afrique est vraiment préoccupante », a insisté Margarita Robles, sa collègue de la Défense, en référence aux groupes jihadistes actifs au Sahel.

Quoi qu’il en soit, pour M. Stoltenberg, le sommet de Madrid sera « un tournant et plusieurs décisions vont être prises ». Ainsi, a-t-il continué, « nous allons renforcer nos groupements tactiques dans la partie orientale de l’Alliance, jusqu’au niveau brigade ».

Actuellement, huit groupements tactiques ont été déployés sur le flanc Est de l’Otan, plus précisément dans les trois pays baltes, en Pologne, en Roumanie [avec la France comme « nation cadre, ndlr], en Bulgarie, en Slovaquie et en Hongrie. Selon M. Stoltenberg, il seront « renforcés par des unités pré-désignées dans d’autres pays de l’Alliance, appelées à intervenir dans ces pays om des armements lourds auront été prépositionnés ».

Quant à la NRF, elle sera donc « transformée », son format devant être fortement augmenté. Il est en effet question de le porter à plus de 300’000 militaires. Ce sera même « bien au-dessus », a assuré le secrétaire général de l’Otan, pour qui « l’ensemble de ces mesures constitue le plus grand remaniement de notre défense collective et de notre présence depuis la Guerre Froide ». Et, a-t-il dit, cela suppose pour les Alliés « d’investir davantage » en matière de défense.

En 2014, il avait été décidé de porter les dépenses militaires à 2% du PIB [et de consacrer 20% du budget au développement et à l’acquisition de nouvelles capacités]. Seul neuf pays membres ont atteint cet objectif [la France est à 1,9%, ndlr]. Or, d’après M. Stoltenberg, « pour répondre à la menace, cet objectif de 2% devient un plancher, plus un plafond ».

Zone Militaire

1 COMMENTAIRE

  1. Ça risque de mal finir tout cela.
    Et tout ça pour contrer la Russie. On se trompe d’ennemi : l’ennemi véritable, c’est l’islamisme. Et l’Europe ferait mieux de s’allier à la Russie pour faire face à l’ennemi commun.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.