L’Iran : antithèse naturelle ou frère-jumeau de Daesh ?

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Le 14 juillet 2014, les puissances internationales ont conclu, à Vienne, un accord sur le nucléaire iranien prévoyant une levée progressive des sanctions économiques imposées à Téhéran, en contrepartie d’une limitation des prétentions nucléaires iraniennes et d’une absence de revendication du droit à la bombe à neutrons.
Cet accord est tout d’abord bénéfique pour l’Iran qui va sortir de son isolement international et faire librement commerce de son pétrole. Il l’est également pour les Etats Unis qui disposent d’un nouveau débouché économique pour absorber les produits de leur fabrication locale. Inversement, Israël ne cache pas son inquiétude, eu égard aux objectifs, maintes fois réaffirmés par le régime des mollahs, de sa volonté de rayer l’Etat juif de la carte du monde.
Pour autant, loin d’une pacification des relations internationales, l’objectif de l’accord trouvé avec l’Iran pourrait bien se situer ailleurs, et notamment dans une parade à l’expansion fulgurante de Daesh et à sa vision sunnite de la conquête du monde. En effet, la faveur donnée à l’Iran par la communauté internationale est de nature à marginaliser l’Etat Islamique dans la guerre de religions que se mènent sunnites et chiites pour la prise du commandement du monde de l’Islam (et du monde en général).
La démarche n’en reste pas moins hypocrite.
La communauté internationale est déjà intervenue (indirectement) dans le conflit chiite-sunnite en favorisant la montée de Daesh pour accélérer la chute du régime de Bachar El Assad, courroie de transmission des armes iraniennes en direction de la milice chiite libanaise, Hezbollah, qui s’est juré d’anéantir Israël. Aussi, l’installation du califat sunnite en terre revendiquée par les Chiites était-il de nature à couper le cordon ombilical entre l’Iran et ceux qui se font appeler les « fous de Dieu » libanais.
Pour autant, et compte tenu de la prépondérance prise par les coupeurs de têtes de Daesh face aux milices terroristes du Hezbollah, il devenait nécessaire de rééquilibrer la balance. La solution trouvée a donc été de restituer à l’Iran une place de premier rang sur la scène internationale. Grâce à ce stratagème, les barbares de Daesh devraient progressivement être mis sur la touche, d’autant que leur mode opératoire est rejeté par l’ensemble des nations, qu’elles soient musulmanes ou non. En effet, l’Etat islamique extermine tout ce qui n’est pas sunnite, et notamment les chiites, les druzes, les chrétiens…
Dans le massacre orchestré par les sunnites, Al qaeda extermine les chiites en Irak tout comme les sunnites yéménites l’ont fait s’agissant des chiites du Yémen qui représentent pourtant le tiers de la population. Désormais, l’Etat Islamique au Yémen prend le relais en décapitant les chiites du pays et en tuant les chrétiens des pays de l’Islam comme c’est le cas en Egypte ou en Ethiopie.
L’emprise de l’Etat Islamique s’exerce ainsi dans les pays musulmans comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Yémen, la Libye, la Somalie et le Nord du Nigéria. Pour ce faire, les fondamentalistes religieux exploitent la thèse d’un monde dominé par l’Islam, prônent une violence extrême fondée par les thèses coraniques de l’extermination des mécréants, maîtrisent les techniques militaires et manipulent les personnes crédules pour en faire des combattants. Enfin, l’Essor du Califat y est facilité par la corruption institutionnalisée au cœur des pays contrôlés et l’absence de structuration étatique au sein des pays concernés.
Daesh prend également de l’ampleur au sein des sociétés occidentales où une partie de la population ne trouve pas, dans la démocratie, un moyen de changer le système politique. Aussi, Daesh devient-il le moyen de fixer une organisation nouvelle du monde, en l’occurrence islamique, par le chaos, en provoquant la fin d’un monde qui se dit civilisé. Il suffit d’y mener des attaques quasi simultanées comme ce fut le cas en Tunisie (sur la plage de Sousse), en France (dans une banlieue lyonnaise), au Koweit (dans Mosquée al Sadicq) et en Syrie (à Kobané), où l’Etat islamique a réalisé l’une de ses opérations les plus retentissantes, le 2 juillet 2015, en massacrant 220 kurdes, hommes, femmes, enfants.
Il n’en demeure pas moins vrai que l’Etat islamique fait également de plus en plus d’émules au sein des sociétés dites civilisées ou les ressortissants rejoignent massivement la Syrie pour participer à leur expérience de l’horreur, qu’a connue le monde chrétien 75 ans plutôt. Le 11 juillet 2015, Daesh a commandité un attentat à l’ambassade d’Italie au Caire, provoquant la mort d’une personne. La veille, le 10 juillet 2015, la police turque a interpellé 21 personnes (dont trois étrangers) recrutées par l’Etat islamique en Turquie en passe de se rendre en Syrie pour combattre aux côtés des jihadistes de Daesh. Cette opération fait elle-même suite à une vague d’arrestations, en Turquie, de 15 personnes qui venaient d’être recrutées dans les rangs de l’Armée islamique.
Or, comme les nations occidentales ne peuvent, seules, prendre le risque d’un affrontement avec Daesh sans prendre le risque d’un embrasement généralisé avec le monde de l’islam, le renforcement de l’Iran est apparu comme la solution pour freiner l’expansion de Daesh.
Sur ce point, les similitudes entre la guerre catholiques-protestants et sunnites-chiites sont particulièrement troublantes. Les Evangiles ont véhiculé des messages à l’endroit d’une population juive considérée comme mécréante et honnie par le Ciel puisque refusant la Vérité nouvelle. De même le Coran stigmatise les membres des religions monothéistes précédentes (judaïsme et christianisme), considérées comme « les gens du Livre » à l’instar de l’Ancien et du nouveau Testament.
Par ailleurs, la religion chrétienne s’est divisée en deux branches qui se sont déchirées (catholiques et protestants) tout comme le monde de l’Islam est séparé entre deux corps doctrinaires, Chi’isme et sunnisme, qui s’entretuent. La culture insidieuse de la haine contre les juifs a conduit aux massacres de la seconde guerre mondiale puis à une remise en cause du message fondamental évangélique, à l’origine d’une crise grave au sein de la religion de Jésus. Il devrait en être de même dans le monde de l’Islam : la conscience de ses propres aberrations remettra en question les préceptes de Mahomet.
Le pari de l’Iran n’en reste pas moins dangereux. Si la République islamique offre une alternative au monde de l’Islam radical sunnite avec la thèse d’un commandement des croyants par un membre de la famille de Mahomet, son message traditionnel de ralliement a toujours reposé sur l’éradication d’Israël, ennemi commun. C’est ce qu’il tentera donc de faire, dans un souci de cohérence.
Inversement, l’EI dispose de nombreux atouts comme le rejet de la spiritualité et de la compréhension transcendantale de l’univers dans les sociétés chrétiennes, où l’Islam prend la place de valeur-refuge. Daesh se présente comme le seul moyen de renverser un système occidental qu’une partie de la population locale rejette.
Patience. C’est dans l’expérimentation de l’extrême que le monde trouve mesure et sagacité. En attendant, il faudra savoir se protéger.  
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

1 COMMENT

  1. shalom,

    vs dites je vous cite: Les Evangiles ont véhiculé des messages à l’endroit d’une population juive considérée comme mécréante et honnie par le Ciel puisque refusant la Vérité nouvelle.

    je ne peut pas vs laisser dire ça:
    les evangiles ne sont pas du tout contre les juifs. d’une part tout les auteurs des lettres sont juifs.
    mais bien au contraire ils mettent en garde les non juifs et les non covertis contre le fait de méprise les juifs.
    ils suffit pour s’en convaincre de lire les chapitres ; 9, 10 ,11 du livre au romains.
    maintenant c’est l’interpretation qui a été faite des evangiles qui est mauvaise.la plupart des congrégation chrétiennes ( abandonnant leur racines juive) sont tombées dans la diabolique théorie du remplacement, et on en connais toute l’horreur aujourd’hui.
    le monde” chrétien” devrait au contraire bénir israel aujourd’hui et se réjouir de voir que Dieu est fidéle a sa parole , il .ramène son peuple (juda mais aussi bientot tout israel(ephraim) ) dans la terre qu’il lui a promise.
    un grand mur d’inconpréhension régne encore aujourd’hui entre les juifs et la nouvelle alliance, mais il va bientot tomber. ils reconnaitront celui qu’ils ont percé et le deuil sera grand a jérusalem. quelle gloire pour israel!!

    que le Dieu d’abraham d’isaac et de jacob vs bénisse,

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