Lionel Messi: merci l’artiste du ballon rond!
À la fin de la cérémonie de remise des médailles, dimanche à New York, lors de la finale de la Coupe du monde de foot, Lionel Messi – considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de la planète et, pour d’aucuns, de tous les temps (huit Ballons d’or) – n’a pas pu retenir ses larmes.
L’Espagne, à qui il doit tout, une carrière hors norme et aussi, en conséquence, un destin exceptionnel, soudain ingrate à son endroit, venait de le frustrer du sacre auquel, dans son for intérieur, il aspirait: donner à l’Argentine sa deuxième étoile consécutive et, surtout, lui faire gagner, comme l’a souligné L’Équipe, « l’éternité » en devenant « plus grand que Pelé. »
Tout semblait indiquer que la rencontre s’acheminait inexorablement vers une injuste séance de tirs au but, tellement l’Espagne était dominante. Mais dominer n’est pas gagner.
L’attaque ibérique, dite la Roja (la rouge), se heurtait à une défense argentine intraitable, disons, par euphémisme, rugueuse, et à son gardien, Emiliano Martínez, qui a réussi huit arrêts qui, en principe, auraient dû terminer au fond de ses filets. Ce n’est qu’à l’entame de la deuxième mi-temps de la prolongation, à la 106e minute, et à son 20e tir cadré, que l’Espagne a pris ce dernier en défaut et a marqué le but de la délivrance, l’unique de la rencontre.
Jude Bellingham* sur Messi après le match (Argentine-Angleterre)

« Je dois dire que, à 39 ou 40 ans, jouer encore à ce niveau est tout simplement exceptionnel.
Les gens le regardent à la télévision et pensent qu’ils comprennent à quel point il est bon, mais quand on est réellement sur le terrain contre lui, c’est complètement différent.
Il est tellement rapide sur les premiers mètres. Vous pensez l’avoir, puis il change de direction, glisse et s’échappe, et soudain il est parti. C’est presque impossible de s’approcher suffisamment pour faire un tacle propre.
La façon dont il contrôle le ballon est franchement extraterrestre. On a l’impression qu’il est collé à son pied. Chaque toucher a un but, chaque mouvement crée de l’espace et il semble toujours un pas en avance sur tout le monde.
Je n’ai jamais vu un joueur de cet âge se déplacer avec autant d’intelligence et de sang-froid. La plupart des joueurs ralentissent, mais Messi a trouvé une autre manière de dominer les matchs. Il ne gaspille pas d’énergie – il contrôle le tempo.
Si je respectais Messi avant ce soir, je le respecte encore plus maintenant. Partager le terrain avec lui ne fait que vous faire apprécier à quel point il est vraiment spécial.
C’est l’un de ces joueurs que vous étudiez en grandissant, et puis quand vous jouez enfin contre lui, vous comprenez pourquoi les gens le considèrent comme l’un des plus grands de tous les temps. C’est un footballeur exceptionnel, et je me sens privilégié d’avoir vécu cela de visu. »
Messi, fier de soutenir Israël
Tout au long de son illustre carrière, Messi, le numéro 10 de l’Argentine, a cultivé une image toute en mesure, faite de rares commentaires de nature politique et de tout aussi rares apparitions lors de controverses publiques.
Mais du haut de ses 39 ans, le joueur fait malgré lui la une des journaux en raison de son soutien à des causes juives et à des entreprises israéliennes — ce qui l’a parfois entraîné, à son corps défendant, dans le paysage géopolitique tendu du Moyen-Orient, notamment lorsqu’une grand-mère originaire d’Argentine lui a attribué le mérite de lui avoir sauvé la vie lorsque son kibboutz israélien a été attaqué le 7 octobre 2023.
A l’occasion de la Coupe du monde de cette année, le passé de Messi est remonté à la surface.
Des personnes critiques d’Israël en ont profité pour ressortir ses activités et affiliations passées et prétendre que le fait de s’opposer à l’Argentine était un choix anti-sioniste alors que nombre d’Israéliens soutiennent l’équipe et son joueur vedette.
Il y a 2 semaines , lors de la Coupe du monde, après que Messi a marqué les trois buts qui ont donné la victoire à l’Argentine contre l’Algérie (3-0), un présentateur algérien accuse le « lobby juif » d’être responsable du penalty non sifflé qui aurait pu pénaliser Messi.
« Messi est protégé par le lobby juif », affirme l’analyste Mustafa Mazzouzi.
« Ce lobby contrôle le monde entier, ils le dirigent comme ils le veulent, comme la mafia. Le [Président de la FIFA] Infantino ne veut pas que nous réussissions. » dit-il avant d’ajouter « Nous avons des positions politiques sur le Sahara occidental et la question palestinienne, raison pour laquelle ils ne veulent pas que nous réussissions. »
Sur TikTok, un créateur de contenu palestinien suivi par plus de 350 000 abonnés a écrit que l’Argentine méritait de perdre la Coupe du monde en raison de la proximité de Messi et d’Israël.
Messi porte le numéro 10 — souvent celui du meilleur joueur d’un club de football — mais puisqu’il y a 11 joueurs sur le terrain, nous allons ajouter un bonus.
En 2020, l’Organisation sioniste mondiale a fait un jeu de mots avec Messi dans une vidéo éducative en hébreu, expliquant que le mot hébreu « mesibah » signifiait « fête », ou « fiesta » en espagnol. Ce qui en espagnol donnerait « Messi va », c’est-à-dire « Si Messi y va, alors c’est la fête ».
* Jude Bellingham, né le 29 juin 2003 à Stourbridge (Angleterre), est un footballeur international anglais qui évolue au poste de milieu de terrain au Real Madrid.
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Lionel Messi, Gianni Infantino et Donald Trump lors de la remise des médailles après Espagne/Argentine, finale de la Coupe du monde, 19 juillet 2026 © Leo Barrilari/SPP/Shutterstock/SIPA
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