Ces sections sont les deux dernières du livre Bamidbar, le quatrième livre de la Torah, et ce sont des péricopes très riches en sujets à développer puisqu’en effet, il va être question des vœux, de la demande des tribus de Gad et Réouven de ne pas passer le Jourdain, de la guerre contre les Midianites, le partage de la Terre, la construction des villes de refuge.

Cependant, parmi tous ces thèmes, nous pourrons en dégager un qui sert de décor commun à tous les autres : en effet, se distingue ici la particularité de l’homme en tant que tel dans un monde où le règne animal n’est pas sa seule propriété.
Cependant, en dehors du fait que l’homme se tient debout, perpendiculairement à la terre, l’animal se tient la tête baissée, puisqu’elle subit le joug qui lui est imposé par l’homme alors que l’homme se tient debout, la tête vers le ciel, prêt à prier vers les Cieux mais, plus encore, l’homme se distingue de l’animal par le don de la parole : l’homme peut parler ou choisir de se taire. L’homme est doté de la faculté de réflexion et de pensée.
La parole : davar, parler en hébreu s’écrit לדבר ce mot a une valeur numérique de 236. L’homme, par la parole, est le seul être à pouvoir développer un lien קשר avec son prochain, il est le seul être à pouvoir émettre un mensonge שקר (cela s’écrit avec les mêmes lettres mises en désordre) et, en effet, un mensonge est une chose (davar) qui n’est pas normale, quelque chose qui dérange l’ordre établi par la vérité.

C’est pour cela que l’on dit populairement : שתיקה שווה זהב le silence est d’or et que l’on trouve dans les Pirké Avot : סייג לחוכמה שתיקה le silence protège la sagesse. Et, se taire לשתוק équivaut à 836….

Le silence est un manque de communication et nous pouvons voir ainsi que la différence entre la parole et le silence est de 600 = קשר…. La qualité de la communication peut donc définir les liens qui unissent les hommes kesher ou sheker.
Or, nous évoquions plus haut le fait que l’homme est capable de réflexion et c’est cette réflexion qui va permettre à l’homme d’effectuer un choix ou de prendre une direction ou encore de quelle manière il va pouvoir ou vouloir s’exprimer dans ce domaine encore, les mots nous dirigent : l’expression (verbale) de l’homme est ‘habaâהבעה.

Exprimer, prononcer une parole est un acte qui va permettre à une pensée de se concrétiser en vœu ainsi que le dit la Torah : « איש כי ידר נדר לה’…. ככל היוצא מפיו » c’est-à-dire que dès que le vœu projeté sera prononcé ou dès que la parole sortira de la bouche de la personne, il sera obligé d’observer le vœu qu’il aura voulu faire.
Or, grâce à quoi l’homme est-il arrivé à sa décision de prononcer un vœu ? grâce à sa réflexion, à son esprit. L’esprit, l’intelligence ou le cerveau de l’homme qui est le siège des pensées et de la réflexion est donc : מח = 48.

La différence qui fait que la parole devient un vœu est la pensée : parole = 206 + cerveau 48 = 254 = נדר vœu et le fait que la parole ait été prononcée הבעה (82) donne une direction à l’action de l’homme au kivounכוון ( 82) que l’être humain va emprunter dans sa vie.
C’est cette même réflexion qui se cache derrière l’annulation du vœu par lui-même car il est écrit à propos de celui qui a émis un vœu : לא יחל דברו : il ne profanera pas sa parole. Si sa réflexion lui fait regretter son acte il lui faudra faire appel à un minyane pour annuler son vœu.

Son intelligence/cerveau lui fera prendre conscience de ne pas profaner sa parole, de ne pas être abjure : יחל = 48…………
C’est aussi en utilisant cette même parole que les descendants de Gad et Réouven vont demander à Moïse de s’installer de ce côté-là du Jourdain en raison du grand nombre de bêtes qu’ils doivent faire paître mais si cette demande est formulée, il n’en demeure pas moins qu’un serment leur est demandé en contrepartie : une שבועה : ne pas se contenter de faire paître les troupeaux mais prendre une part active à la construction du Pays et en prendre la défense, et rentrer en guerre dès que cela est nécessaire.
Préserver l’innocent et condamner le coupable, établir des centres de refuge où chacun pourra vivre en paix, tels sont les objectifs à atteindre par Moïse avant que de rejoindre ses pères.

Il laisse ses instructions à ce peuple qu’il dirigea pendant 40 années, ce peuple qu’il a aimé pour le défendre et plaider pour lui sans cesse. Selon le calendrier, on couple ces deux dernières parashioth ou on les sépare de manière à ce que le livre de Devarim, le cinquième du pentateuque, soit toujours commencé lors du Shabbat avant Tish’â beAv.

Ce shabbat se nomme Shabbat Hazon à cause de la Haftara tirée des prophéties d’Isaïe et qui prévient le peuple des désastres qui attendent le peuple au long de son histoire et de cette façon, le shabbat qui vient après le jeûne de Tishâ beAv se nomme Shabbat Nahamou toujours à cause des paroles consolatrices du Prophète Isaïe.
Dans la même mesure où les trois parashioth qui se trouvent avant Tishâ beAv sont des shabbatot où – selon les communautés – on observe des habitudes de deuil, de même les sept parashioth qui suivent Tishâ beAv et jusqu’à Rosh Hashana sont appelées shabbatot de consolation.
Chez les Juifs d’Algérie, on désignait le Shabbat Nahamou par le nom de « sab’t el ferrej » (shabbat de la libération/joie). En général les jeunes filles à marier étrennaient une robe ou tout au moins un vêtement neuf.
Vers la fin de l’après-midi du jeûne, on avait coutume de laver le sol et de changer les serviettes de toilette et les draps.

CERBA

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