Lettre ouverte à Monsieur P. Kanner, Ministre des Sports

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Monsieur le Ministre Patrick Kanner,  
Le 25 juin 2015, vous avez présenté une conférence passionnante à Lille sur le thème « Judéité et engagement », construite à partir de la richesse de votre expérience personnelle et de cette problématique particulière pour un responsable politique. Lors de la séance de questions, je me suis adressé, non au conférencier, mais au Ministre de la Ville de la jeunesse et des sports pour vous livrer une réflexion. Estimant que le principe de laïcité avait profondément ancré la France dans une forme d’athéisme institutionnel, je me suis permis de vous demander si le déficit de spiritualité, dans notre société, n’avait pas conféré à l’Islam un rôle de refuge ou de rempart contre cet athéisme étouffant. Votre réponse s’est orientée sur le principe de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et sur l’interdiction, pour l’Etat, d’interférer sur les convictions religieuses personnelles qui relèvent de la sphère privée. Un ami a regretté une absence de précision, dans ma question, qui ne vous a pas permis d’aborder la question dans son intégralité.
Contrairement aux 19 premiers siècles de notre ère, il n’est plus question, en France, de penser qu’un grand Horloger soit à l’origine de la création du monde et que la Divinité puisse avoir confié à l’Homme, une mission particulière pour organiser l’ensemble. Autrement dit, la tradition laïque de la France a progressivement rejeté la dimension transcendantale de l’univers, conférant l’organisation de l’Etat aux institutions démocratiques (à travers les élections) et offrant aux administrés de se choisir un gouvernement chargé d’orienter les grandes décisions étatiques. L’Etat démocratique est désormais source de Loi et de Droit, détermine ce qui est bien et  ce qui ne l’est pas et sanctionne les délinquants et les criminels (conformément au principe de séparation des pouvoirs), sans aucune intervention divine.
Ainsi donc, les Français n’ont plus besoin de Dieu pour organiser leur vie quotidienne, pour fixer le cadre moral, pour autoriser ou proscrire, puisqu’il suffit de consulter une multitude de Codes qui rappellent les obligations et les devoirs des administrés, dans leur relation avec la collectivité, et celles des particuliers, dans leur relation avec autrui. Je crains, Monsieur le Ministre, qu’il s’agisse d’un des problèmes fondamentaux auquel notre pays est confronté, et que si des mesures ne sont pas mises en œuvre pour réintroduire dans notre cadre institutionnel, une reconnaissance de la dimension transcendantale de l’univers, c’est le pays lui-même qui court à sa perte.
En effet, ce n’est pas parce que la France a éliminé Dieu de sa sphère que Dieu a disparu. Aussi, une partie de plus en plus importante de la nation ne se retrouve pas dans le mode organisationnel du pays et dans ses valeurs fondamentales. Comme les parents n’ont pas reçu d’éducation religieuse, ils sont incapables d’en transmettre les valeurs à leurs enfants. Résultat, la jeunesse de notre pays est plongée dans une carence spirituelle insupportable, contrainte de se réfugier là où Dieu est susceptible de se trouver, c’est-à-dire en Islam.
La France s’est coupée de ses racines chrétiennes alors qu’il suffisait simplement de rappeler que le peuple juif n’est pas déicide et qu’il n’est pas nécessaire de l’exterminer (comme l’a fait Vatican II). De son côté, il conviendrait pour l’Eglise de faire évoluer le principe du célibat pour éliminer les conséquences criminelles de la frustration des religieux. Or, au lieu d’aménager ses racines religieuses, la France a progressivement supprimé le mécanisme du lien privilégié entre l’individu et le Ciel.
Le refuge devient naturellement l’Islam qui présente un avantage considérable : il permet aux jeunes générations, d’affirmer leur foi dans la Transcendance (sans être ridicule), et d’admettre que le fonctionnement de l’univers procède exclusivement de choix Célestes (sans apparaître rétrogrades). Les jeunes français sont d’ailleurs reconnaissants à l’Islam puisque le nombre de convertis ne cesse de croître pendant la période du Ramadan, la religion de Mahomet répondant parfaitement à leur appel de spiritualité. Pour sa part, le monde de l’Islam s’en réjouit puisqu’il offre des lieux de culte aux français, frustrés par le mode national de compréhension de l’univers. Aussi, et pour être agréable à la France, l’Islam propose même de gérer ce patrimoine immobilier dispendieux et parfaitement inutile à l’abandon que l’on appelait autrefois « églises », afin d’en faire des mosquées.
Monsieur le Ministre, vous qui êtes en charge d’un des Ministères les plus complexes à gérer puisque les décisions ne relèvent pas d’une pure technocratie mais qu’elles intègrent une dimension humaine tout à fait substantielle, je me permets d’attirer votre attention sur l’urgence de trouver un moyen de réintégrer dans nos institutions, l’indispensable dimension surnaturelle de l’univers, ou tout au moins de la rappeler avec force, pour éviter que la disparition de la France.
En effet, si la France continue d’obliger sa jeunesse, en mal de spiritualité, à se réfugier dans un cadre qui contient des messages qui ne font pas partie de la tradition, de sa culture, et de ses valeurs, c’est la France elle-même qui ne correspondra plus aux attentes de la jeunesse. Or, le message de Mahomet contient des assertions excessivement violentes, intolérantes, et barbares pour celui qui n’en comprend pas la portée, actuellement insusceptibles d’interprétation.
N’oublions pas que la démocratie est l’instrument de sa propre disparition.
Les institutions françaises ne sont qu’éphémères, puisqu’il suffit d’une modification de la majorité pour modifier les fondements de notre consensus national. Les institutions françaises laissent ainsi entrevoir une fin du système dès qu’une majorité aura décidé d’adopter des valeurs nouvelles, des habitudes vestimentaires nouvelles, un fonctionnement nouveau pour les établissements religieux, une place nouvelle pour la femme et bien évidemment, une fin du mode démocratique, alors que pour sa part, le Coran est associé au principe de permanence.

Plus grave, la jeunesse qui ne trouve de messages religieux qu’en Islam suit les messages de prédicateurs haineux qui manipulent mentalement les esprits faibles pour les convaincre de combattre dans les rangs de Daesh et ainsi de devenir les Héros de Allah. Les jeunes français s’enrôlent donc dans les rangs de l’Etat islamique pour se trouver une utilité à travers une Loi qu’ils pensent sacrée, sans avoir à subir la le diktat d’un pays où la Loi sera modifiée lors du prochain changement de gouvernement.
Il s’agit d’un enjeu majeur pour la France. Le défaut de prise en considération, dans les institutions, de la dimension spirituelle de l’individu, risque de provoquer des bouleversements irréversibles. D’ailleurs, c’est pour se venger de la frustration imposée, que la jeunesse pourrait modifier les fondements du contrat social sur la base de principes qui n’ont rien à voir avec les fondements du notre consensus national.
Bien évidemment, ce n’est pas la Loi de 1905 qu’il convient de modifier, mais juste d’ajouter « les fondements Bibliques », parmi les sources constitutionnelles françaises. Les français redeviendront fiers de leur Histoire. En vous remerciant respectueusement, Monsieur le Ministre Patrick Kanner, de l’attention que vous prêterez à cette démarche.
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

 

1 COMMENT

  1. Cher Maître,

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre lettre et je crois bien que c’est la première fois que quelqu’un soulève
    le problème de la transcendance et de “la mort de Dieu” dans la société française. Pour moi, croyante et
    pratiquante, vos arguments si bien expliqués sont une évidence. Notre laïcité a cha ngé de visage et il
    est maintenant interdit de parler de Dieu, sauf discrètement et chez soi. Comme si le “stalinisme” était
    resté dans notre société.
    Et pour aller plus loin, je me suis aussi convertie à l’Islam, car en Islam Dieu est premier. Il ne s’agit pas
    vraiment de soumission, mais d’obéissance car pour Abraham et son fils, comme pour Noe et son fils, etc.
    Je regrette que votre lettre ne soit pas publiée dans les jour naux.

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