Les Kurdes font trembler le talon d’Achille de l’Iran. Vidéo *

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Un tremblement insurrectionnel au Kurdistan iranien

 

Dernières vidéos qui nous sont parvenues, images bien sur non diffusées sur les principaux médias Franchouillards et particulièrement sur France-2 ou au nom de la« Liberté d’information » on préfère accorder des deux heures d’interview  au boucher sanguinaire Bachar Al Assad, a quand le boucher Khamenei interviewé en prime time par Pujadas ???

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L’Iran vient d’être témoin des plus grandes manifestations kurdes contre le régime depuis des années.

Les évènements, cette semaine, dans le secteur de Mahabad, dans la province occidentale de l’Iran proche de l’Azerbaïdjan, ont mis en lumière la situation difficile rencontrée par l’une des minorités les moins remarquées de la région : les Kurdes d’Iran.

La tentative apparente d’un officier des renseignements iraniens, à Mahabad, de violer une jeune employée kurdo-iranienne d’un hôtel, Farinaz Khosrawani, 25 ans, et le suicide de cette dernière, qui s’en est suivi, alors qu’elle s’est jetée de la fenêtre du 4ème étage, a débouché des manifestations furieuses de colère de la rue kurde, à Mahabad et au-delà. L’hôtel a été brûlé par les manifestants, les autorités ont répondu en ayant la main lourde, et en employant des tirs à balles réelles et des gaz lacrymogène. 

Actuellement, un black-out total dans les médias et les réseaux sociaux s’est abattu sur cette zone, mais des rapports transmis par le bouche à-oreille suggèrent que la situation demeure très tendue. 

Soran Khedri, un ancien responsable du Parti Kurde Iranien d’une Vie Livre pour le Kurdistan (le PJAK), a déclaré au Jérusalem Post qu’au moins un nouveau manifestant avait trouvé la mort au cours des dernières 48 h, que des groupes de guérilla du PJAK avaient attaqué un barrage routier des Garidens de la Révolution iranienne, dans cette zone et tué deux nervis des GRI. 

Les Kurdes d’Irak et de Syrie sont devenus des acteurs hautement significatifs et visibles sur la scène régionale, au cours de la dernière décennie. Les Kurdes de Turquie,bien sûr, sont remarqués depuis longtemps sur ple plan international – grâce à l’insurrection du PKK contre une succession de gouvernements à Ankara. 

Mais les Kurdes d’Iran sont restés la plus silencieuse de toutes les populations kurdes. Comptant environ 8 millions de ressortissants, les Kurdes sont principalement établis dans la province du Kordestan, à l’Ouest de l’Iran (concomittante du Kurdistan irakien), l’une des régions les plus appauvries d’Iran ; On trouve aussi des populations kurdes dans l’ouest de l’Azerbaïdjan, à Ilam et Kermanshah. Le chômage dans la province de Kordestan s’élève à 28%. Il existe seulement une petite industrie locale. 

Tout signe d’organisation politique Kurde est impitoyablement réprimé par le Corps des Gardiens de la Révolution.

 

Les Kurdes iraniens n’ont pas toujours été silencieux en matière de politique. Mahabad était la localité capitale de la République de Mahabad, qui n’a été que de courte durée. C’est l’unique exemple de pleine souveraineté kurde au XXème siècle. Cette République s’est auto-proclamée en janvier 1946, et a été détruite par les Iraniens en décembre de cette même année. 

Mais sous la férule de la République Islamique, les Kurdes ont été confrontés à la répression du genre la plus grave. Une révolte de grande ampleur contre le nouveau régime, dirigée par Parti Démocratique Kurde d’Iran (PDKI) a été écrasée avec la dernière sévérité, dans la période qui suit immédiatement la Révolution Ilsamique de 1979. Le CGRI a tué plus de 10.000 Kurdes, en combattant le mouvement naissant d’indépendance kurde ; cette insurrection, qui a duré jusqu’en 1983, a largement été défaite. 

La répression de la moindre allusion au séparatisme kurde s’est maintenue en place depuis lors. L’enseignement en kurde reste interdit ; tout signe de tentative d’organisation politique kurde est impitoyablement réprimé par les Gardiens de la Révolution. 

L’hostilité du régime iranien à la moindre allusion au séparatisme ne découle pas uniquement, ni principalement des tensions ethniques entre Perses et Kurdes. Même la plus insignifiante exigence kurde d’une plus grande autonomie locale dresse, du point de vue du régime, le spectre du séparatisme ethnique. L’Iran est une société ethniquement divisée, qui ne comprend que 49% de sa population consitituée par l’ethnie perse. Tout le reste correspond à un mélange d’Azeris, de Baloutches, de Kurdes et d’Arabes. 

La répression brutale des demandes Kurdes n’est pas forcément un indicateur de la force du régime, mais plutôt de ses faiblesses potentielles.

Ainsi, la répression brutale et totalitaire des demandes kurdes est indicateur, non seulement de la force du régime, mais de sa faiblesse potentielle. Téhéran craint, tout simplement, que si ces attentes d’une seule minorité ethnique étaient satisfaites – même partiellement – cela ne ferait qu’ouvrir toutes grandes les vannes pour de nombreuses autres exigences. 

En 2004, une nouvelle insurrection des Kurdes d’Iran a débuté. Elle était menée par le PJAK, une des filiales franchisées du PKK parmi les Kurdes iraniens. Depuis les montagnes de Qandil, en Kurdistan irakien, le PJAK a cherché à frapper des institutions des autorités iraniennes, alors que ses cadres travaillaient au milieu de la population, pour trouver les moyens de bâtir un soutien clandestin. 

Un fragile cessez-le-feu intermittent persiste entre le PJAK et les autorités iraniennes depuis 2011, après une incursion de grande envergure des GRI dans les montagnes du Kurdistan irakien, qui a débouché sur des batailles féroces.Mais le PJAK est demeuré aux aguets, armé et déployé le long de la frontière, capable d’exploiter toute rupture ou faille dans le contrôle des zones kurdes par le régime. 

Aux côtés du PJAK, le PDKI reste actif, aussi bien qu’un certain nombre d’autres partis, dont l’un se prétend être le manteau du Mouvement Komala, une force de gauche autrefois influente parmi les Kurdes d’Iran. 

Les combattants du PDKI fighters ont participé aux combats contre l’Etat Islamique (Daesh) en Irak.

 

Une répression sévère, des divisions politiques et une longue période de calme apparent sont suivis par des mouvements de colère soudaine, inattendue que va précipiter un évènement imprévu. C’est ce qui est en train de se dérouler dans le Kurdistan iranien ; cela résonne, dans tous ses aspects comme une histoire familière au Moyen-Orient, au cours de la dernière moitié de cette décennie. 

Donc, est-ce que les récents évènements de Mahabad ressemblent à un prélude d’un mouvement plus vaste, déclenchant des troubles parmi les Kurdes d’Iran? Un avocat kurde d’Iran, ayant des relations bien implantées dans le secteur de Mahabad, a déclaré au Jérusalem Post que la vague actuelle d’acrimonie semble destinée à refluer. Il a remarqué que les protestations ” en soutien à Mahabad ne se sont propagées que dans quelques autres villes, comme Sardasht et Mariwan.”. Quoi qu’il en soit, il a aussi certifié que les manifestations restent un indicateur “des énormes ressentiments contre le régime” parmi la population kurde. 

Jusqu’à présent, la situation à Mahabad semble contenue par les autorités iraniennes, bien que ces événements soient un indicateur de la fragilité intérieure du régime iranien. Même alors que Téhéran investit pour propager son influence à travers toute la région, Mahabad est un rappel cinglant que sa position à domicile n’est d’aucune façon sécurisée ni prête d’être consolidée. 

Téhéran est bien plus vulnérable à la subversion intérieure, plus l’Iran développe finement ses atouts par son implication directe sur les théâtres de guerre régionaux.

Il se trouve plutôt que ce régime dirige de vastes pans de territoires et de la population iranienne uniquement par la force et la coercition. Il est, par conséquent, vulnérable à la subvcersion intérieure – et plus il disperse finement ses atouts, par son implication directe dans d’autant plus d’arènes régionales, moins il dispose de ressources disponibles pour gérer les troubles internes. 

Rodi Hevian, un journaliste kurde du journal en ligne Kurdish Daily News, fait un lien entre les événements de Mahabad et le soulèvement de courte durée des Kurdes de Syrie, dans la ville d’al Qamishli, en 2004. Bien que rapidement réprimés (et de façon sanglante) par le régime Assad, les événements de Qamlishli ont, rétrospectivement, consitué un premier tremblement de ce qui devait finir par se produire en Syrie, en Irak et au Yémen”, déclare Hevian au Post, “précisément, prendre du terrain dans d’autres pays peut conduire à perdre du terrain à domicile”. 

Evidemment, avant que les Iraniens ne commencent à payer un prix de cette ampleur, il est nécessaire que les Kurdes iraniens et d’autres minorités bénéficient un peu de l’attention et du soutien des ennemis régionaux de l’Iran et de l’Occident. 

Pour que cela se produise un jour, en retour, il faut qu’il y ait une reconnaissance de la nécessité urgente de contenir et de contrer les ambitions régionales iraniennes ; or, il n’existe actuellement aucune prise de conscience de ce type dans les capitales occidentales. 

A la suite du 30 juin – lors de la conclusion de l’accord nucléaire de Téhéran avec les 5 puissances +1 – la pression sur les Iraniens risque d’être majoritairement réduite. L’abandon des sanctions pourrait permettre au régime de commencer à acheminer des ressources plus importantes vers ses zones d’instabilité, et de chercher à acheter les motifs de mécontentement. 

Mais encore, dans les capitales du Moyen-Orient, autant la menace iranienne que ces vulnérabilités du régime ne passent pas inaperçues. Les Mollahs et les Gardiens de la Révolution ne sont pas tout-puissants ; le tremblement de Mahabad révèle, justement, à quel point leur pouvoir est notoirement superficiel. 

Par Jonathan Spyer
The Jerusalem Post
14 mai 2015

http://www.meforum.org/5244/tremor-iranian-kurdistan

Adaptation : Marc Brzustowski.

Jonathan Spyer est Directeur du Centre de Recherche Rubin en matière internationale et chercheur permanent au Middle East Forum. Il est l’auteur de The Transforming Fire: The Rise of the Israel-Islamist Conflict (Continuum, 2011).

 

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