
Les habitants de l’avant-poste sauvage d’Amona ont voté mercredi soir le rejet de l’accord du gouvernement israélien qui proposait la mise à disposition une parcelle de terrain sur la même colline que leur lieu d’habitation actuel, avec la possibilité d’y établir une implantation définitive, en échange d’un départ imminent de l’avant-poste illégal dans le calme, conformément à la décision de la Cour suprême.
Amona est un des avant-postes illégaux de Cisjordanie (établis sans autorisation mais généralement tolérés par le gouvernement). En décembre 2014, après de multiples appels et retards, la Cour suprême a ordonné l’évacuation de l’avant-poste dans les deux ans.
En vertu de l’accord proposé par le gouvernement, l’Etat aurait accepté l’établissement de 40 « structures mobiles » sur les terrains situés à côté d’Amona, qui seraient autorisés à y rester pendant au moins deux ans.
Les parcelles en question sont censées appartenir pour la plupart à des propriétaires « absents », ce qui dans ce cas désigne les Palestiniens qui ont quitté avant ou pendant la prise de contrôle de la région par Israël en 1967 et dont les identités sont inconnues. Ces terrains sont actuellement administrés par le dépositaire des biens d’absentéisme de l’État, un statut juridique qui, selon le procureur général Avichai Mandelblit, serait moins problématique en vertu de la loi.
Selon l’accord, l’État s’engage pendant les deux prochaines années à demander à la Cour suprême de reconnaître pleinement les parcelles de terre, appartenant à des propriétaires « absents ». Si la reconnaissance est obtenue, l’État sera en mesure de transformer l’avant-poste temporaire en une « implantation à long terme ».
De leur côté, les résidents d’Amona ont dû signer une déclaration juridiquement contraignante, selon le parti nationaliste-religieux Habayit Hayehudi (Foyer juif), prévoyant le départ de leurs maisons dans le calme, afin d’éviter des violences, telles que celles qui ont suivi la destruction de plusieurs bâtiments de l’avant-poste en 2006.
Par ailleurs, l’Etat a indiqué qu’il allait demander à la Cour suprême un report de 30 jours pour l’évacuation, qui doit être effectuée au plus tard le 25 décembre, afin de préparer des solutions temporaires de logement pour les 40 familles.
Mais alors que les autorités ont indiqué la semaine dernière qu’ils envisageaient une demande de prolongation, aucune requête officielle de ce type n’a encore été présentée.
La localité d’Amona n’a pas été inclue dans le projet de loi voté la semaine dernière en première lecture et destiné à légaliser des logements construits en Cisjordanie sur des terres palestiniennes privées.
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