Dans la parachath Chela’h lekha, nous lisons que les dix explorateurs ont, dans leur compte-rendu, dénigré la Terre d’Israël et tenté de dissuader les enfants d’Israël de se lancer à sa conquête.
Les commentateurs se demandent quel a été exactement le péché des explorateurs, étant donné que l’essentiel de ce qu’ils ont dit du pays était le reflet de la vérité.
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Nahmanide rappelle à ce sujet que Moïse lui-même a parlé des dangers énormes qu’allait devoir affronter Israël, dangers constitués par » des villes grandes et fortifiées dans le ciel, des grandes nations issues de géants auxquels personne ne résistait » (Deutéronome 9, 1 et 2).
Et de suggérer que les explorateurs voulaient dire par là qu’il était impossible de battre les nations cananéennes, ce que contestait Caleb lorsqu’il a dit : » Nous monterons et le vaincrons. «
Cependant, l’opinion exprimée par les explorateurs n’était que le reflet de la manière dont ils percevaient la situation.
En quoi était-ce un tel crime ? Rabbi Yits’haq Arama, dans son Akeidath Yits’haq, explique qu’on ne leur avait demandé ni leur avis ni des conseils sur la manière de conquérir le pays, mais que leur opinion, non sollicitée, constituait le reflet d’une véritable inquiétude pour leurs frères.
Le manque de foi dans le plan divin avait été montré dans beaucoup d’autres circonstances, et l’on comprend mal pourquoi les explorateurs ont été traités si sévèrement.
Le Chela (Rabbi Yecha’ya Hurvitz) explique que les explorateurs considéraient le fait que c’est eux qui avaient été choisis pour cette mission, et non les chefs de tribus.
Ils en ont conclu qu’une fois entrés en Terre d’Israël, ils allaient perdre leur statut privilégié pour être remplacés par ces derniers, et ils ont désiré par conséquent prolonger leur séjour dans le désert.
Au début ils n’étaient pas prêts à mentir pour atteindre ce but, espérant seulement pouvoir présenter des raisons légitimes de ne pas conquérir le pays.
Cependant, une fois engagés sur la pente glissante de la glorification, ils se sont appliqués à développer une propagande et une distorsion des faits afin de persuader leurs frères de se rallier à leurs vues.
Ainsi leur faute véritable a été un péché d’orgueil et une répugnance à changer d’avis, même au prix d’une mutinerie qui s’est révélée catastrophique pour le peuple juif.
Quelle leçon pouvons-nous retirer de cet épisode tragique ? Toutes les fois que nous sommes engagés dans une affaire, il est essentiel de ne pas nous laisser entraîner par des considérations de profit ou de prestige rapidement obtenus, car ils peuvent entrer en conflit avec la santé et la sécurité publiques.
Les explorateurs ont été éblouis par leur gloire momentanée et ils ont compromis tout le projet de conquête du pays.
Retenons la leçon éternelle contenue dans le verset des Proverbes cité plus haut, et attachons-nous à mener notre existence avec un sens de nos responsabilités envers les autres, et sans nous attacher uniquement à ce qui peut nous conférer du prestige.
» L’orgueil vient avant la chute, et l’arrogance précède l’échec » (Proverbes 16, 18)
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C’est pas ce qu’on veut