Le chef d’une milice irakienne prétend qu’Israël a bombardé son groupe près d’Alep

 le chef de la milice Harakat Hezbollah al-Nujaba, Akram al-Kaabi a fait des déclarations inhabituelles en prétendant que les dépôts et caches d’armes de sa milice à l’extérieur d’Alep ont été touchés par des frappes aériennes de l’armée de l’air israélienne. 

BEYROUTH – Le chef d’une milice chiite ayant des liens étroits avec Téhéran a fait la déclaration inhabituelle disant qu’Israël mène des frappes aériennes contre les forces combattantes chiites près d’Alep (à 391 kms de Safed, près de la frontière), sans spécifier où ces prétendues frappes aériennes ont eu lieu.

« Nous avons été témoins lors de nos opérations de grande ampleur et avant d’accomplir nos grandes victoires dans ce secteur [à l’extérieur d’Alep] comment l’entité sioniste a, de lui-même, bombardé nos caches d’armes et dépôts de munition,  » a déclaré Akram al-Kaabi, le chef de la milice  Harakat Hezbollah al-Nujaba, au cours d’une inspection sur le terrain, des positions de sa milice près de la deuxième ville syrienne par sa taille et sa population. 

Kaabi n’a dit ni quand ni où précisément Israël aurait frappé les cibles et positions d’Harakat Hezbollah al-Nujaba, dans son discours, qui a été illustré par une vidéo rendue publique dimanche par le réseau YouTube de la milice irakienne.

Le bureau des relations avec les médias de Harakat Hezbollah al-Nujaba, pour sa part, n’a jamais publié de déclarations publiques protestant du fait que ses stocks d’armes de la province d’Alep auraient été frappés par Israël. 

Bien que Kaabi ne soit pas entré dans les détails concernant son allégation, il a prétendu que la frappe israélienne aurait contribué à offrir une « nouvelle chance aux groupes Takfiris (Sunnites taxés de mécréants) de se réorganiser… et a entravé nos opérations militaires visant à libérer les zones chiites encerclées », une référence probable à la campagne victorieuse du régime en février 2016, afin de percer les lignes de l’opposition autour des villages de Nubl et Zahraa du nord d’Alep.

L’offensive du régime, en février 2016, sur le nord d’Alep, qui a interrompu les lignes rebelles, dans un couloir de territoire s’étendant de la frontière turque jusqu’à leurs cohortes plus au sud de la ville d’Alep, qui aurait élevé les inquiétudes au sein de l’appareil de sécurité israélien, selon le Haaretz.

Un éditorial du 8 février, rédigé par Amos Harel dans ce quotidien, un journaliste chevronné des questions de défense, affirmait alors que Jérusalem s’inquiétait que la situation militaire autour d’Alep « basculait » en faveur de l’Iran et du Hezbollah.

« Le virage stratégique dans la Bataille d’Alep… survient loin des frontières d’Israël, mais cela n’empêche pas qu’il soit néanmoins étroitement observé par les renseignements israéliens », écrivait alors Harel, ajoutant que la victoire du régime à cet endroit pourrait « en définitive, affecter la situation à la frontière entre la Syrie et Israël, dans les Hauteurs du Golan ».

Il poussait le raisonnement en disant qu’une « victoire à Alep pourrait convaincre le régime Assad d’accroître ses efforts dans le Sud de la Syrie à Dera’a, puis en suite plus à l’ouest ssur les Hauteurs du Golan », débouchant sur une présence plus étoffée du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iranienne ( CGRI) le long de la frontière avec Israël ».

-PS : le raisonnement stratégique d’un journaliste  ne signifie pas ipso facto qu’il traduise ces préoccupations stratégiques en frappes militaires sur le terrain-

L’Harakat Hezbollah al-Nujaba – qui a été une des toutes premières milices chiites à entrer dans la mêlée en Syrie – admet ouvertement recevoir un soutien direct des Gardiens de la Révolution tout en se vantant de ses liens étroits avec le Hezbollah libanais. 

Au cours de ces deux dernières années, il a renforcé sa présence en Syrie et endosser un rôle croissant dans la bataille de la Province d’Alep, en participant non seulement à l’offensive de Nubl etZahraa, mais aussi à la campagne de la fin 2015 avec les forces spéciales russes et le Hezbollah, pour mettre un terme au siège par Daesh de l’aéroport militaire de Kweiris.

 

Le rédacteur en chef de Now Lebanon, Albin Szakola (@AlbinSzakola) a rédigé ce reportage. Amin Nasr a traduit le matériel documentaire en langue arabe. 

now.mmedia.me

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.