Exodus Wikipédia
Après 70 ans, l’un des derniers survivants de l’Exodus raconte son périple
Exodus, le bateau qui transporta en 1947 des Juifs émigrant clandestinement d’Europe vers la Palestine, alors sous mandat britannique Wikimédia
« C’était un grand choc pour tout le monde. Impossible d’oublier ça »
Ce dimanche marquera les 70 ans du départ du navire ‘ »Exodus » avec 4.500 personnes à son bord, une odyssée qui allait favoriser la création de l’Etat d’Israël, racontée à i24NEWS par Josef Bajor, l’un des derniers survivants de cette épopée.Le 11 juillet 1947, à seulement 15 ans, Josef Bajor embarque sur un rafiot amarré au port de Sète aux côtés d’autres rescapés Juifs qui tentent de fuir le chaos et l’horreur qui règne sur l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour rejoindre la Palestine mandataire.Récupéré à la ferraille, par la « Hagana », l’organisation militaire juive clandestine, puis transféré discrètement en Méditerranée, le navire était totalement inadapté à la navigation en mer et conçu à l’origine pour accueillir quelques centaines de passagers. Il abritera pendant plusieurs mois près de 4.500 survivants juifs des camps de concentration nazis, dont 1.700 femmes et 950 enfants, dans des conditions d’extrême précarité.

i24NEWS - Paris/Jaffa
Josef Bajor, rescapé de l’Exodus i24NEWS – Paris/Jaffa

« Le rêve d’arriver en Israël nous a permis de surmonter les conditions difficiles sur le bateau. On entassait les passagers dans des couchettes où ils restaient parfois une semaine entière sans y sortir », raconte M. Bajor à i24NEWS.

« Ces conditions n’effrayaient personne, ni les jeunes, ni les plus âgées, rescapées de la Shoah pour la plupart, car en nous… ce rêve de rejoindre la terre promise », ajoute-t-il, « cela nous suffisait et nous étions heureux ».

Arrivés au port de Haïfa, ces survivants ne disposant pas de certificats d’émigration. La marine britannique encercla le bateau, en prit le contrôle et renvoya les familles d’abord vers le port de Toulon dans le sud de la France.

Mais les autorités françaises refusèrent de faire débarquer de force les familles et Londres décida alors de les transférer dans des camps dans une partie de l’Allemagne sous son contrôle.

Loin d’imaginer un retour au cœur de l’enfer, Josef Bajor se souvient du choc provoqué par cette nouvelle. « C’était horrible, horrible et dangereux ! On retournait en Allemagne. Et où allaient-ils nous mettre, dans les camps de concentration? », se rappelle-t-il. « C’était un grand choc pour tout le monde. Impossible d’oublier ça ».

Après l’émotion suscitée par cette mesure, les survivants qui avaient embarqué à bord de l’Exodus purent finalement gagner l’Etat d’Israël, créé en 1948.

Pour commémorer le 70ème anniversaire de cet événement, la ville de Sète organise dimanche 9 juillet une cérémonie officielle destinée à raviver le souvenir de cette date fondamentale dans le processus de création de l’Etat hébreu.
Passengers aboard the SS Exodus


Josef Bajor participera à cette cérémonie qui devrait, d’après un communiqué de la ville, rassemblée plus de 300 personnes dont notamment les présidents du Consistoire central israélite de France Joël Mergui et du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat et le Grand Rabbin de France Haïm Korsia.

« Je suis ravi de retourner en France mais je dois dire que j’espérais qu’on fasse cette cérémonie en Israël. Nous avons aidé à bâtir l’Etat d’Israël », regrette-t-il.

« Je ne suis pas le dernier survivant, il y en a d’autre, mais posez vos questions aujourd’hui, car demain, il n’y aura plus personne pour y répondre. Nous allons disparaître », a-t-il conclu.

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