Après 70 ans, l’un des derniers survivants de l’Exodus raconte son périple
Source : I24 NEWS


« Le rêve d’arriver en Israël nous a permis de surmonter les conditions difficiles sur le bateau. On entassait les passagers dans des couchettes où ils restaient parfois une semaine entière sans y sortir », raconte M. Bajor à i24NEWS.
« Ces conditions n’effrayaient personne, ni les jeunes, ni les plus âgées, rescapées de la Shoah pour la plupart, car en nous… ce rêve de rejoindre la terre promise », ajoute-t-il, « cela nous suffisait et nous étions heureux ».
Arrivés au port de Haïfa, ces survivants ne disposant pas de certificats d’émigration. La marine britannique encercla le bateau, en prit le contrôle et renvoya les familles d’abord vers le port de Toulon dans le sud de la France.
Mais les autorités françaises refusèrent de faire débarquer de force les familles et Londres décida alors de les transférer dans des camps dans une partie de l’Allemagne sous son contrôle.
Loin d’imaginer un retour au cœur de l’enfer, Josef Bajor se souvient du choc provoqué par cette nouvelle. « C’était horrible, horrible et dangereux ! On retournait en Allemagne. Et où allaient-ils nous mettre, dans les camps de concentration? », se rappelle-t-il. « C’était un grand choc pour tout le monde. Impossible d’oublier ça ».
Après l’émotion suscitée par cette mesure, les survivants qui avaient embarqué à bord de l’Exodus purent finalement gagner l’Etat d’Israël, créé en 1948.

Josef Bajor participera à cette cérémonie qui devrait, d’après un communiqué de la ville, rassemblée plus de 300 personnes dont notamment les présidents du Consistoire central israélite de France Joël Mergui et du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat et le Grand Rabbin de France Haïm Korsia.
« Je suis ravi de retourner en France mais je dois dire que j’espérais qu’on fasse cette cérémonie en Israël. Nous avons aidé à bâtir l’Etat d’Israël », regrette-t-il.
« Je ne suis pas le dernier survivant, il y en a d’autre, mais posez vos questions aujourd’hui, car demain, il n’y aura plus personne pour y répondre. Nous allons disparaître », a-t-il conclu.
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