Le droit d’ Israël sur sa terre n’est pas (que) Biblique

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Dans son discours inaugural à la Knesset du 22 mai 2015, Tsipi Hotovely, Ministre adjoint aux Affaires Etrangères d’ Israël, a rappelé qu’ Israël avait un droit sur sa terre et qu’il n’avait pas à se justifier quant à sa façon de l’exercer : « cette terre est la nôtre, entièrement la nôtre, et nous n’avons pas à présenter d’excuses pour cela. Israël a le droit de construire en quelque endroit de son territoire ». Si la jeune Ministre (Docteure en droit de l’Université de Bar Ilan), tenait une Bible dans sa main pour justifier son propos, elle sait parfaitement, en éminente juriste, que pour opposer la propriété d’un bien aux tiers, il convient soit de disposer d’un titre de propriété, soit d’appliquer les textes légaux qui en confèrent la propriété. C’est bien le cas des propriétés foncières en Israël.
 
A cet égard, Irving Moskowitch, juif mécène américain, contribue grandement au but qu’il a assigné à sa « Fondation Irving Moskowitz », à savoir racheter le plus grand nombre de propriétés foncières en Israël, et notamment autour de la vielle ville de Jérusalem pour figer la judaïté de la capitale israélienne et celle de la terre d’Israël en général.
 
Ainsi, la « fondation Irving Moskowitch » finance de nombreuses institutions, telles, l’association Atirat hakohanim (le retour des Rabbins à leur Temple), à qui elle reverse une partie substantielle de ses capitaux pour lui permettre d’acquérir le plus grand nombre d’immeubles autour de la vielle vile de Jérusalem (elle en possède désormais 93%).
 
De même, la « Fondation Irving Moskowitz » finance l’association Ilaad dont l’objet est d’acquérir des biens fonciers situés dans la ville de Silwan, au sud de la vieille ville de Jérusalem, à proximité du Mont du Temple. Cette association a ainsi pu acquérir 25 propriétés immobilières qui, en septembre 2014, ont été revendues, à des juifs religieux.
 
A Silwan, la fondation d’Irving Moskowitch finance également l’institution « the Friends of Ihr David » (« les amis de la Cité de David »), dont l’objet est de reconstituer la première cité de David, c’est-à-dire l’ancien bourg de Jérusalem, au sud du Mont du temple. Le roi David y avait établi son royaumed’Israël, et les fouilles réalisées attestent de la parfaite correspondance entre les écrits Bibliques et la naissance de Jérusalem.  
 
Notons que la Fondation d’Irving Moskowitz est également principale bailleresse des fonds qui financent les opérations immobilières d’Aryeh King à Jérusalem-Est, dont la la fondation « Américain Friends of Everest Fondation» possède, en Israël, un patrimoine immobilier considérable évalué à plus de 12 millions de dollars.
 
Bien évidemment, les palestiniens savent parfaitement que les juifs qui s’installent dans les maisons ayant appartenues à des personnes arabes tiennent leur droit de propriété d’un acte de vente, et non d’une promesse Biblique. En effet, seul le droit de propriété sur les immeubles (acquis préalablement par des institutions juives) leur est  opposable, ce qui est à l’origine de leur plaintes en raison du changement d’atmosphère qui règne au sein de la ville de Jérusalem (et dans les quartiers qui étaient anciennement arabes avant d’avoir été rachetés par des juifs). Ils sont notamment agacés par les membres de l’association, « Atirat hakohanim », qui ne cessent de prier, de chanter et de danser autour du Mont du Temple.
 
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Matti Dan, à la tête du mouvement Ateret Hacohanim
 
Les investissements de la fondation «Américain Friends of Everest Fondation » ne se consacrent pas exclusivement à Jérusalem. Elle finance également des opérations immobilières en Cisjordanie.
 
Selon le quotidien « Haaretz », elle vient de faire l’acquisition d’un domaine religieux situé entre Jérusalem et Hébron, composé de 8 bâtiments en pierre de Jérusalem, auprès d’une congrégation religieuse suédoise.
 
Il s’agit d’un domaine qui a tout d’abord appartenu à une église missionnaire presbytérienne (The Independant Bord of Presbyterian Foreign Mission)  qui l’utilisait comme hôpital jusqu’en 1995, avant de fournir un service d’hôtellerie pour les pèlerins. A compter de 2008, le domaine a été vendu à la compagnie suédoise la « Scandinavian Seamen Holly Land Entreprise » (l’église des marins scandinaves en terre sainte) qui en est restée propriétaire jusqu’en 2011. Lorsque cette institution a été dissoute (en 2012),  le domaine a été vendu à l’administration civile israélienne mais le Journal Haaretz a finalement découvert qu’il avait été rétrocédé à la fondation d’Irving Moskowitch l’ «Américain Friends of Everest Fondation » avant d’être revendu à Aryeh King.
 
Ainsi, c’est bien le droit individuel sur la propriété foncière qui permet aux juifs de retourner et de s’établir en Israël, notamment grâce à la générosité des juifs de diaspora qui participent financièrement à ces acquisitions. Rappelons à cet égard que l’enquête du Journal Haaretz a révélé le nom des membres du Conseil d’administration de la « Scandinavian Seamen Holy Land Enterprises », (démissionnaires en 2011). Il en est notamment ainsi de Faye-Hansen-Wenske, fille du Norvégien Per Faye-Hansen qui figure en tant que « Justes parmi les nations  » au mémorial Yad Vashem pour avoir sauvé de nombreuses personnes juives au cours de la seconde guerre mondiale et organisé leur départ de la Norvège vers la Suède.
 
Une fois encore, cette acquisition déplait aux palestiniens puisqu’elle permettra d’assurer une continuité juive dans la zone quasi désertique qui sépare le bloc Etzion (situé au sud de Jérusalem), de la ville de Hébron, qui ne comprend, actuellement, qu’une seule implantation juive à savoir « Tzar karmei ». Lorsque le domaine acquis par Aryeh King, sera aménagé, il sera possible d’y installer des familles juives et d’installer une nouvelle implantation juive entre Jérusalem et la ville d’Abraham.
 
A côté du droit de propriété individuelle, les juifs tirent leur droit de propriété sur les biens fonciers, de la Loi israélienne. On peut citer le cas d’un immeuble situé à proximité du Mont du Temple, que le gouvernement jordanien avait classé, en 1953, comme « maison de l’ennemi » à la suite de l’annexion de la Cisjordanie (puisqu’il appartenait précédemment à des juifs). En appliquant la « Loi des absents » votée en 1950, l’Etat d’Israël a récupéré le bien confisqué par les jordaniens et l’a revendu à l’association Atirat haKohanim. Or, il s’avère que cet immeuble est loué à une famille palestinienne qui y vit depuis 1953 et dont une partie des membres y est né. L’association Atirat HaKohanim a donc saisi la Cour Suprême pour ordonner leur expulsion, ce qui a été fait en septembre 2014.
 
Les 3 tentatives d’expulsion de la famille palestinienne (en décembre 2014 et février 2015 par les propriétaires, et en mars 2015 par les forces de l’ordre), se sont avérées infructueuses, la Cour Suprême ayant finalement ordonné un sursis à l’expulsion. En outre, la famille palestinienne a, dans l’intervalle, saisi l’Onu pour contester l’expulsion invoquant la violation des Droits de l’Homme. Elle devrait être déboutée de ses demandes (sans grande surprise) et l’association pourra récupérer son bien tout prochainement.
 
Une fois encore, il ne s’agit pas de colonisation mais de l’application  des règles internationales qui gouvernent le droit de propriété. Les juifs font donc preuve d’un remarquable pragmatisme : ils ne se contentent pas de lire la Bible pour se convaincre que la terre d’Israël est la leur, ils commencent par en être juridiquement propriétaires.
 
Kids sing and dance for Police pic
 
Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach
 
 

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