Le dimanche 30 novembre 2025, nous planterons le dernier clou sur le cercueil de la démocratie communautaire juive.
Treize candidats pour treize postes : avec la seule voix du candidat, celui-ci s’auto-proclame élu. Certains ne sont même pas des fidèles des synagogues consistoriales, ce qui montre que l’on a fait de la place à des opportunistes. L’unique qualité de ces candidats : avoir prêté allégeance à Mergui.
Les apparatchiks de la communauté, les notables sans légitimité occupant des postes de responsables depuis 20 à 30 ans, souvent sans aucune élection, se plieront devant Mergui, Président du Consistoire de Paris, en organisant dans les synagogues consistoriales des élections fantoches sans enjeu, avec une liste unique, comme dans les pays totalitaires.
Après avoir bâillonné non seulement l’opposition, mais aussi toute velléité de contestation au sein du conseil, Mergui organise sans doute sa dernière élection en tant que Président du Consistoire de Paris, et sans doute l’institution en l’état disparaîtra avec lui.
Le résultat de sa gestion est connu de tous, il se résume en quelques chiffres :
• Dette cumulée de 42 millions d’euros
• Baisse des adhérents, de 38 000 à moins de 20 000
• Baisse des revenus du consistoire, notamment de la cacherout, qui ne représente plus que 29 % des ressources.
On ne parle même plus de la formation des rabbins, des ministres officiants, ni du Talmud Torah, encore moins de la survie d’anciennes communautés florissantes aujourd’hui en agonie.
Il reste encore un parc immobilier qui couvre la dette, mais tous les avoirs ont fondu comme neige au soleil. Reconnaissons qu’il a contenu les dépenses et les a maintenues pratiquement au niveau de 2003. Pour cela, il a ponctionné les communautés dites « riches » pour renflouer des communautés parasites vivant aux crochets du Consistoire. Ces mêmes communautés ont des offices non-consistoriaux, tous en équilibre et une double comptabilité. Cherchez l’erreur.
La perte des adhérents, liée à l’image du Consistoire, de son Président et de l’équipe dirigeante, est la principale raison de ce déficit devenu structurel. Les grandes communautés n’ont pas pu le combler à elles seules, et leur dévotion à l’égard de leur Président les a rendues aveugles, sourdes, et surtout muettes.
Le 30 novembre sera le jour de la grande mascarade démocratique juive de France, et la communauté perdra son âme. On pourrait citer les noms de ces présidents manquant de courage, qui participeront à ce jour de la honte, où ils assassineront la démocratie en organisant cette honteuse comédie. Honte à eux, ces complices sans morale, qui légitiment ce forfait.
Cela fait des années que nous dénonçons les magouilles de toute nature au sein du Consistoire. Nos alertes restent sans effet, puisque la communauté a démissionné depuis longtemps. Ce problème communautaire, comme tous les autres, n’intéresse plus les Juifs de France.
Ils pleurent sur leur sort, se plaignent de l’antisémitisme, critiquent les pouvoirs publics pour leur impuissance, et ragent face à la politique de Macron envers Israël. La communauté lui reproche, entre autres, de ne pas avoir manifesté contre l’antisémitisme en novembre 2023, et d’avoir pris le parti du Hamas face à Israël. Les médias d’État ont systématiquement repris la propagande palestinienne à leur compte, et vilipendé Israël, poussant à son ostracisation.
Mais quel type de considération peut-on avoir pour une communauté molle, qui n’a plus le courage et la volonté de porter son propre combat, laissant toujours aux « autres » le soin de se battre à leur place ?
JForum a lancé une pétition pour dénoncer l’action nocive du Président contre l’État d’Israël, et par conséquent contre les Juifs de France, en légitimant l’antisémitisme. Combien croyez-vous ont lu cette pétition ? Près de 40 000 personnes. Combien l’ont signée ? 2 700, les autres s’étant débinées. Pourtant, que demandait-on ? 4 clics ! Si ce n’est pas une honte, qu’est-ce que c’est ?
Non seulement la communauté reste inerte face à tous les appels, mais même en interne, elle est incapable de se faire entendre par sa propre classe dirigeante.
Ainsi, le Président du CRIF s’est fait élire à main levée, alors qu’il était le seul candidat, parmi un collège de 50 électeurs ne représentant qu’eux-mêmes majoritairement. Certains sont membres depuis des dizaines d’années, alors que leur association n’existe plus, et d’autres sont auto-proclamés présidents d’associations qui ne sont que des coquilles vides.
Jusqu’aux années 2000, au Consistoire de Paris, il y avait une majorité et une opposition. Puis, ces dix dernières années, l’opposition est devenue factice. La réalité est plus sordide. Le nombre d’adhérents a fondu comme neige au soleil. De 40 000 dans les années 1993, on est passé à moins de 20 000. Deux raisons à cela :
La première tient à la création d’un grand nombre de synagogues ou d’offices non consistoriaux.
La seconde tient à l’aliya, souvent de Juifs pratiquants et militants en Israël.
Ainsi, nous sommes passés de 6 861 votants en 1993 à 2 194 votants en 2021. Entre ces deux dates, le nombre de votants a baissé de 68 %, alors que le collège d’électeurs n’a baissé que de 45 %. Les deux phénomènes se sont accélérés ces quatre dernières années.
Maintenant, nous atteignons un seuil sous lequel il est impossible de descendre. Les employés sont sommés d’aller voter, car les émargements seront contrôlés. Le clan Mergui sera réquisitionné, les notables à la solde sont priés de se mobiliser, quant aux candidats, ils mobiliseront leurs proches. Tout ce beau monde, sans compter les légitimistes aveugles, va assurer 1 000 à 1 200 votants. C’est-à-dire que l’institution représentative du judaïsme français sera élue avec 0,3 % (1 000/350 000) de la communauté, toutes ces personnes étant redevables à Mergui.
Le 30 novembre 2025 sera un jour de honte pour la communauté, comme ce fut une honte d’annoncer que le Consistoire israélite de Paris était endetté de 42 millions d’euros, et qu’il sera obligé de demander l’aide des pouvoirs publics. Vous comprenez maintenant pourquoi le Grand Rabbin de France critique le Premier Ministre d’Israël et reprend les arguments du Président Macron, à qui il est redevable, entre autres, pour avoir effacé une partie de la dette fiscale.
Ces représentants salissent la communauté. Pour se maintenir au pouvoir après des résultats catastrophiques, ils assassinent la démocratie communautaire.
La refonte totale de la communauté sur une base fédérative est devenue la seule solution. Encore faut-il trouver des femmes et des hommes courageux capables de faire le don de soi pour rebâtir une communauté qui a implosé sous les ambitions personnelles. Trouver des ambitieux, des opportunistes n’est pas un souci ! Trouver des personnes capables de faire passer l’intérêt général avant toute chose est une autre affaire. Le problème est que personne ne les a formés et surtout n’a voulu les former.
Moshé COHEN SABBAN
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David Amar nouveau président du Consistoire de Paris. Exit donc Joel Mergui qui ne s’est pas représenté après 20 ans de présidence. Le renouveau attendra.
Triste résumé. Pour la baisse des adhérents Mergui n’est pas seul responsable, le grand nombre de départ pour Israël y est pour beaucoup. Et ca se répercute mécaniquement sur les cotisations. Par contre pour l’endettement…
La communauté Juive de France est sur le déclin. Vous mentionnez vous-même 350.000 Juifs de France, alors qu’il y a 30 ans l’on parlait de 600.000 Juifs. Dans moins d’une génération, les populations musulmanes seront majoritaires et la France sera un califat. Donc, l’avenir des Juifs de France ne se fera pas en France. La France, c’est fini, comme l’Algérie française a pris fin en 1962.Aussi les institutions juives de France doivent s’activer à accélérer l’alyah, en commençant par les plus faibles. Il faut garder le sens de la Nation Juive. Nous sommes trop peu nombreux pour nous permettre de sacrifier les nôtres. Il y a probablement 150.000 Juifs de France tributaires de minimas sociaux, pour différentes raisons. Vont-ils connaître un exode forcé et massif comme celui du judaïsme algérien en 1962? Vont-ils se retrouver réfugiés de France dans des camps de fortune en Israël ? En 1962, les Juifs d’Algérie ont beaucoup trop tergiversé à partir, pour finalement partir en catastrophe dans l’exode. Il faut dès maintenant se préparer à l’effondrement de la France, et trouver des solutions dans l’État Juif. Il faut penser l’avenir, même aléatoire, et tout simplement inciter les responsables israéliens à organiser et préparer l’alyah massive, au moins 200.000 personnes, des Juifs de France. Ils seront beaucoup plus utiles à Israël, qu’à vivre en France dans la violence généralisée. En attendant ce transfert de population, les institutions religieuses doivent, comme dit Adam ci-dessous, maintenir la vie juive de base pour les années à venir.
Le seul moyen pour réaliser une refondation réelle est de reconstruire à partir d’une page blanche, avec l’impérieuse nécessité de rassembler tous les juifs de France quel que soit leur niveau de religiosité. Inclure plutôt que d’exclure, attirer plutôt que de repousser. Car le Consistoire est nécessaire et indispensable pour le maintien d’une vie juive de base : offices, cacherout, brit-mila, bar-mitsva, mariages, décès, … Avec une nouvelle classe dirigeante désintéressée et tournante, seule manière d’éviter les incrustations longues et néfastes. Avec des équipes resserrées, efficaces et bien organisées.
Entièrement d’accord !