Thaïlande ferme ses portes aux touristes israéliens turbulents

Un couple israélien surpris en plein ébat au milieu d’une chute d’eau emblématique de Ko Pha Ngan : cette scène, immortalisée par un clip viral en novembre 2025, n’est que la pointe de l’iceberg d’une relation autrefois idyllique entre touristes et expatriés israéliens et la société thaïlandaise. Ce qui fut un havre de paix pour des centaines de milliers de visiteurs annuels – avec 350 000 attendus cette année, soit une hausse de 25 % par rapport à 2024 – s’est mué en terrain miné par les rancœurs. Plages paradisiaques et fêtes lunaires cèdent la place à des pancartes « Interdit aux Israéliens » dans les bars et supérettes de Phuket, Pai ou Koh Tao, tandis que les files d’attente à l’aéroport de Bangkok s’allongent pour les contrôles de passeports.

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient en 2023, la Thaïlande est devenue une bouée de sauvetage pour de nombreux Israéliens en quête d’évasion. Les réseaux sociaux regorgent de selfies sur fond de sable blanc et de massages aux lotus, alimentant une jalousie bienveillante chez ceux restés au pays. Mais sous cette façade ensoleillée, un malaise grandit. Des expatriés comme Ben Avivi, installé sur Koh Tao depuis un an et demi, confessent une gêne palpable : « Une frange de la communauté complique les choses pour nous tous. Leur comportement attire les soupçons sur l’ensemble. » De l’autre côté, les Thaïlandais, habitués à un tourisme respectueux, expriment une frustration croissante. Des publications locales sur les forums en ligne déplorent une « invasion » : locations de villas par des nominees thaïlandais pour contourner les lois sur la propriété foncière, création de centres de « guérison » exclusifs aux Israéliens, ou encore guides touristiques illégaux drainant les clients vers des circuits fermés.

Les incidents se multiplient, attisant le feu. En octobre 2025, quatre soldats israéliens en permission ont été arrêtés sur Koh Phangan pour possession de stupéfiants lors d’un raid policier. À Pai, au nord, un groupe d’Israéliens a dévasté un hôpital local après une altercation, refusant de payer des factures médicales et semant le chaos dans les couloirs. Plus au sud, des accusations de port d’armes illégales ont conduit à des interpellations, tandis que des plaintes pour nuisances sonores nocturnes et déchets abandonnés sur les plages isolées de Koh Samui font les gros titres. Le rabbin Nehemiah Wilhelm, pilier de la communauté juive à Bangkok depuis trois décennies via le mouvement Chabad, observe ces dérapages avec amertume : « Dès qu’un passeport israélien apparaît, les agents thaïlandais scrutent chaque détail. C’est un cercle vicieux qui érode la confiance mutuelle. »

Les autorités thaïlandaises, sous pression, durcissent le ton. Fin octobre, une réunion entre la police royale et un haut responsable sécuritaire israélien a abouti à un appel clair : respecter les coutumes locales pour éviter des sanctions sévères. Les visas touristiques, souvent prolongés abusivement pour des séjours « backpackers » indéfinis, font l’objet d’un examen renforcé, avec des expulsions pour ceux soupçonnés de mener des activités commerciales occultes. Sur les îles, des bars et motels ont érigé des barrières invisibles : refus de service aux groupes bruyants, ou même fermetures temporaires pour « entretien » lors des pics d’afflux. Ces mesures, bien que sporadiques, signalent un basculement. Autrefois, les Israéliens étaient célébrés pour leur générosité – pourboires abondants, achat massif de souvenirs artisanaux. Aujourd’hui, des sondages informels sur les applications de voyage thaïlandaises révèlent que 40 % des habitants de zones touristiques se disent « agacés » par ce flux, perçu comme une privatisation progressive des spots idylliques.

Cette érosion n’épargne personne. Ben, un expatrié anonyme qui a élu domicile en Thaïlande pour fuir les tensions chez lui, soupire : « Ils importent ici leur pire facette, et ça nous salit tous. » Les médias thaïlandais, comme les tabloïds de Bangkok, relaient ces anecdotes avec une pointe d’ironie, opposant l’image du « voyageur zen » à celle du « trublion imprévisible ». Pourtant, la majorité des 200 000 Israéliens de passage ou installés contribuent positivement : volontariats dans les écoles, investissements dans l’éco-tourisme, ou simple échange culturel lors de cours de muay thaï. Le défi réside dans l’isolement de ces brebis galeuses, souvent jeunes et en quête de liberté post-militaire.

Pour renouer les fils, des initiatives émergent. Des ateliers conjoints, organisés par des ONG bilatérales, sensibilisent les voyageurs aux normes thaïlandaises : interdiction de nudité publique, gestion des déchets, et respect des temples. À Koh Phangan, des médiateurs locaux et expatriés patrouillent les plages pour désamorcer les frictions. Israël, de son côté, diffuse via son ministère du Tourisme des guides en ligne sur l' »étiquette thaïe ». Ces efforts, encore balbutiants, pourraient inverser la tendance avant que l’afflux hivernal – pic des réservations pour décembre – n’exacerbe les clivages. Dans un pays où l’harmonie bouddhiste prime, restaurer l’équilibre exige de la part des uns une humilité retrouvée, et des autres une ouverture patiente. L’histoire d’amour entre ces deux mondes, forgée sur des sourires et des soupes tom yam, mérite plus qu’un générique amer.

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Filouthai

C’est la simple vérité que d’écrire que des israéliens se sont mal comportés en Thaïlande, ne respectant rien : ni les lois et coutumes du pays, ni ses habitants, se comportant d’une façon telle que même les plus abrutis des touristes passent pour des anges à côté d’eux. Je ne vais donner de multiples exemples ici, mais cracher sur des policiers thaïs est sans doute un geste que même les membres du Hamas ne font pas …
Pour ceux qui l’ignoreraient, il y a des lois en Thailande ; il faut espérer que tous les israéliens qui se sont mal comportés seront bannis à vie du royaume parce qu’ils jettent l’opprobre sur les étrangers qui se sont installés en Thaïlande ou qui y ont pris leur retraite, et qui, eux se comportent bien. Le gouvernement israélien doit aidé les autorités thaïes à faire le tri et doit sanctionner les voyous israéliens.
Faut-il rappeler le nombre de travailleurs thaïlandais mort le 7 octobre 2023 ?

Damran

Voilà ce qui arrive lorsque certains bordélisent ce gentil pays d’accueil.
Pour quelles raisons ces « touristes » se conduisent de façon aussi honteuse ?
La Thaïlande a pris récemment des mesures contre les « arabes français » qui ont transformé les lieux paisibles de ce pays en un grand souk invivable : la quasi totalité des fouteurs de merde ont été expulsés et se sont réfugiés aux Philippines, après avoir été dégagés du Vietnam le nouvel eldorado.
Il ne reste plus qu’à relever les identités/passeports de ces « touristes » qui ne savent pas vivre dans le calme et les interdire de Thaïlande pendant cinq ans.
En attendant, quelle honte d’être catalogués comme des misérables indésirables….