Yossi Cohen
“Daesh vaincu : l’Iran prend sa place” ne s’applique pas à la Syrie
En Syrie, cette formule, prononcée par Netanyahu et le chef du Mossad Yossi Cohen, n’est pas complètement justifiée. Ce sont en fait, les deux super-puissances qui ouvrent toutes grandes la porte à l’Iran, et pas tant l’élimination de la menace de Daesh, à elle seule.
Le Premier Minister Benjamin Netanyahu, ,le Ministre de la Défense Avigdor Liberman, et le Chef d’Etat-Major de Tsahal Gadi Eisenkott, en tournée d’inspection sur la frontière Nord dans les Hauteurs du Golan israélien, le 25 juillet 2017. Photo de Kobi Gideon / GPO *** Local Caption *** ראש הממשלה בנימין נתניהו
מסייר בגבול הצפון עם שר הביטחון אביגדר ליברמן והרמטכ »ל רב אלוף גדי אייזנקוט
סקירה מפי אלוף פיקוד צפון יואל סטריק

 

Le Premier Ministre Binyamin Netanyahu et le Directeur du Mossad, Yossi Cohen ont certifié séparément dimanche 13 août, que là où l’Etat Islamique est expulsé, l’Iran le remplace.

Cette évaluation est empruntée aux évaluations américaines de la situation en Afghanistan et au Yémen. Mais cela ne fonctionne pas tout-à-fait comme un principe-directeur pour la sécurité israélienne dans son environnement immédiat – et certainement pas en Syrie. Cohen a eu raison de dire dans son point de situation que l’Iran représente le plus grand péril pour Israël et que la République Islamique a utilisé son accord nucléaire de 2015 avec les six puissances mondiales comme un accélérateur pour le développement de ses armes nucléaires, balistiques et son expansion régionale.

Mais cela ne rend pas la situation en Syrie analogue à celle de l’Afghanistan, comme le démontre un examen des faits.

Daesh a été expulsé de certaines parties du nord de la Syie par l’armée syrienne, les troupes turques, les rebelles syriens et les milices kurdes. Mais pas plus les forces iraniennes que le Hezbollah ou les milices chiites, importées d’Afghanistan et du Pakistan pour combattre sous les ordres d’officiers iraniens n’ont fait mouvement dans le seul but de lui prendre sa place.

Pas plus qu’on ne leur autorisé à jouer un rôle quelconque dans l’offensive en cours pour la prise de Raqqa. Et on ne trouve aucune présence iranienne ni chiite à Tabqa, au nord-ouest de cette ancienne capitale de Daesh en Syrie ou à Al Bab, au nord d’Alep. Ces deux villes ont été arrachées des mains des djihadistes par d’autres forces.

Si Netanyahu et Cohen avaient fait remarquer que les Iraniens et le Hezbollah ont pris part à certains combats menés par les forces Russes et les Syriens, ils auraient eu raison. Cependant, on doit dire que la participation des forces iraniennes dans les combats contre Daesh n’a jamais été rien de plus qu’un sous-produit de leur objectif primordial, qui était de préserver Bachar el Assad au cœur de son Palais présidentiel à Damas. Aujourd’hui, ils sont plus près que jamais de parvenir à leur but, au vu de l’écroulement de toute résistance : les Etats-Unis,l’Arabie Saoudite et la Turquie ont signalé ce mois-ci keur intention de diminuer ou de retirer leur appui à leur l’insurrection syrienne contre Assad.

The Netanyahu government’s fundamental misconceptions on the Syria question dates back to 2012, the second year of its civil war, when Israel’s security and intelligence chiefs insisted that Bashar Assad’s days in power were numbered.

Les erreurs conceptuelles fondamentales du gouvernement Netanyahu sur la question syrienne remontent à 2012, durant la deuxième année de la guerre civile, où les chefs des renseignements militaires et de la sécurité insistaient sur le fait que les jours de Bachar el Assad au pouvoir étaient comptés. [Ce qui restait logique ou une hypothèse défendable, avant l’intervention russe de septembre 2015].

Cette évaluation erronée a prévalu depuis. Il reste à voir si elle est répétée par le Général-Major Hertzi Halévy, chef de l’AMAN (renseignements militaires israéliens) lorsqu’il observe les mouvements de troupes adverses sur le Golan syrien. Elle a débouché sur une autre erreur fondamentale, qui a été la décision israélienne de ne pas entraver l’entrée du Hezbollah dans la guerre syrienne en 2013 [? NDLR : On peut se demander comment Israël aurait pu « entraver » cette entrée, sauf comme il l’a fait en éliminant les dangers comme Djihad Moughniyeh, le général iranien Allah Dadi ou Samir Kountar, etc., en position de nuire à Israël directement] afin de renforcer le pouvoir de Bachar el Assad. L’etat d’esprit d’alors consistait à dire que le Hezbollah ressortirait du conflit syrien très affaibli et pas suffisamment en position de lancer une guerre contre Israël.

Au contraire, Le supplétif libanais de l’Iran se sort de ce conflit syrien comme une légion terroriste renforcée, en meilleur état général que jamais auparavant et, en outre, récompensé pour son soutien crucial au dictateur avec son mot à dire sur l’avenir de l’après-guerre en Syrie et avec l’atout stratégique d’un front de guerre anti-israélien qui s’étend du Liban jusqu’en Syire (arrière-cours de Zabadani, Al Quseyr au-delà du triangle d’Har Dov-Fermes de Sheba’a]

Paradoxalement, les forces aériennes et les unités des opérations spéciales russes sont en train d’aider les forces syriennes, iraniennes et du Hezbollah à vaincre les rebelles syriens et les groupes djihadistes d’Al Nusra et de Daesh, alors que, récemment,les forces spéciales américaines ont commencé à aider ces mêmes forces syriennes, libanaises, Iraniennes et du Hezbollah à nettoyer la frontière libano-syrienne d’Arsal de la présence de l’Etat Islamique et du groupe HTS ex-al Nusra lié à Al Qaïda.

Ce sont donc deux grandes puissances qui favorisent l’alignement syro-irano-hezbollahi contre les autres extrémistes sunnites. Les Iraniens et le Hezbollah pro-iranien sont parvenus à atteindre les frontières d’Israël non comme conséquence de l’élimination de Daesh, mais grâce à la porte qui leur est ouverte par les actions coordonnées des deux grandes puissances mondiales.

L’équation qu’un ennemi (l’Iran) en remplace un autre (Daesh) n’est pas juste une sur-simplification de la situation, mais une erreur de lecture de cette situation.

Netanyahu pensait certainement ce qu’il a dit dimanche : « Notre politique est claire. Nous objectons fermement à l’enracinement militaire de l’Iran et de ses séides, conduits par le Hezbollah, en Syrie et nous ferons ce qui est nécessaire pour maintenir la sécurité d’Israël. C’est ce que nous faisons ».

Mais que peut-il faire exactement contre la mise en péril de la sécurité israélienne résultant du processus entrepris en Syrie, qui est appuyé non seulement par la Russie de Vladimir Poutine, mais aussi par son plus vigoureux allié stratégique, les Etats-Unis et qui est aussi le soutien de l’Arabie Saoudite?

debka.com

14 août 2017, 9:38 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

 

3 Commentaires

  1. Israël, le Qatar et l’Arabie saoudite ont un ennemi commun : l’Iran

    Les pays du Golfe ont l’avantage d’être multi-milliardaires.

    Et il y a l’UE ainsi que des pays en Europe qui sont « achetables », donc qu’on peut « retourner » à l’avantage des deux pays riches pétroliers cités, et par suite, d’Israël. Il suffit de doubler la mise du chèque par rapport à celle qu’offre l’Iran.

  2. Le Hezbollah représentait un danger pour Israel AVANT que des troubles n’éclatent en Syrie, pour renverser Assad fils.
    Les dangers se sont donc diversifiés: se sont rajoutés des djihadistes de l’E.I; l’Iran a manoeuvré plus facilement, sous la houlette de la Russie qui s’impliquait franchement en Syrie, les démocraties occidentales ne comprenant rien aux différentes factions  » rebelles »: qui soutenir? qui armer? qui désarmer?
    L’on a vu Hollande patauger, comptant sur Obama, qui s’est révélé très vite être une planche pourrie.
    Reste à savoir quel rôle peut jouer D. Trump, s’il est bien conseillé, puisqu’il entend river son clou à La Corée du Nord, alliée de l’Iran, ennemis d’Israel.
    Cela demande du doigté, une compréhension fine de la situation, une vraie réflexion avant de livrer des armes
    à des factions ( dont on ne connaît pas vraiment la loyauté).
    Enfin, je ne pense pas qu’il soit habile , de la part du président américain, de s’engager dans une
    « escalade verbale » avec le potentat nord-coréen: cela revient à lui parler comme à un chef d’Etat respectable,
    rationnel, ce qu’il n’est pas; à lui donner comme une légitimité qu’il ne mérite pas.
    SI les USA préparent une action, cela doit se passer sans ergoter.

  3. Deux possibilités
    A/ Trump piège l’Iran pour lui faire subir une défaite par l’armée israélienne
    B/ soit il engage l’Amérique avec Israël pour détruire l’Iran qui commettra tôt ou tard une faute à cause de sa haine contre les Hébreux

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