
Ainsi que le souligne Fabien Vanhemelryck, Secrétaire Général Délégué du Syndicat Alliance Police Nationale, le défilé « sauvage » des policiers dans la nuit de lundi à mardi sur les Champs Elysées à Paris avait déjà eu lieu en 2012.
Et les forces de police françaises auront manifesté 4 fois, depuis 2013, dans les rues de Paris. Cette année encore le 18 mai, près de 7 000 personnes (selon les syndicats) se sont rendues Place de la République, à l’initiative du Syndicat Alliance Police Nationale (et avec les syndicats CFE/CGC, Synergie Officiers, SICP, SNAPATSI, SAPC MI, UNSA Police FASMI et SCPN) pour faire part de leurs revendications. C’est dire leur malaise devant leurs conditions de travail.
Le 10 octobre dernier, en réaction à l’attaque aux cocktails Molotov dont été victimes des policiers à Viry-Châtillon, le syndicat appelait à une grève du zèle et d’autres organisations à des rassemblements dans toute la France.
Hier, suite aux propos de Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, qui tout en disant comprendre le malaise des policiers, annonçait vouloir prononcer des sanctions contre ceux qui ont défilé la veille sur les Champs Elysées, une centaine de fonctionnaires se sont rassemblés pour soutenir leurs collègues menacés de sanctions.
Et dans la nuit de mardi à mercredi, des centaines de policiers se sont de nouveau mobilisés pour réclamer plus de moyens et de fermeté à Marseille.
« On s’attaque toujours aux conséquences, jamais aux causes » déplore Fabien Vanhemelryck,
Lorsque la proviseure d’un lycée de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) a été agressée lundi 17 octobre, à la grille de son établissement et que les jeunes ont lancé des cocktails Molotov avant de s’en prendre aux forces de l’ordre, qui ont également essuyé des tirs de mortiers, « qu’est-ce qu’on a fait ? On a mis un véhicule en faction et on n’a rien fait d’autre. Et on recommence les mêmes erreurs qu’à Viry-Châtillon. Et Pourquoi ? Aujourd’hui on n’a pas les moyens de faire mieux que cela. Car on n’a pas les moyens. Beaucoup de policiers ne font plus du boulot de policiers : assurer la sécurité des personnes et des biens. Est-ce que l’on sait par exemple que ce week-end le commissariat des Lilas était fermé car faute d’affectifs, suite à des « missions de tâches indues » ? Les tâches indues sont des gardes statiques, des transferts de détenus alors que les effectifs pénitenciers peuvent le faire, c’est aussi la circulation…. » « Il y a un problème effroyable de management dans la police en France, un décalage entre les policiers sur le terrain et la direction, focalisée « sur le chiffre » à atteindre. Ce problème, et aussi le sentiment de manque de considération, cela fait un amalgame, et la goutte d’eau qui a conduit au rassemblement de lundi et on ne peut que les comprendre. »
« Et ce qui est inquiétant c’est que ce rassemblement a déjà eu lieu en 2012 et qu’on ne l’a pas pris au sérieux.
« On a acheté la paix sociale, et on laissé faire. Est-ce qu’il est normal que les collègues doivent attendre que la hiérarchie réagisse pendant qu’ils reçoivent des cocktails Molotov ? L’impunité n’est plus acceptable. »
« Aujourd’hui il y a un choix politique à faire: soit on change de créneau, et on agit et dans ce cas là on part dans une vraie répression avec des sanctions plus fortes et une prévention, ou on laisse faire et forcément cela ne va que s’accentuer. »
« On souhaite une évolution des textes sur la légitime défense. Aujourd’hui il n’est pas normal qu’un fonctionnaire de police ait les mêmes droits qu’un citoyen lambda dans l’exercice de ses misions. Il manque une notion très importante : celle de danger imminent. Il faut presque attendre de se faire tuer pour pouvoir riposter. Un individu qui se promène une arme à la main, même le long de la jambe, à partir du moment où on lui dit « lâchez votre arme, lâchez votre arme », il n’est pas venu acheter une baguette, donc il est dangereux pour les citoyens et pour les policiers et il faut le neutraliser et on doit pouvoir utiliser notre arme. Avant qu’il ne se passe quelque chose de grave on doit pouvoir le neutraliser. »
« La police n’est pas respectée en tant que telle, et tant qu’elle n’est pas respectée elle ne peut faire appliquer les lois et les règlements. »
Selon un sondage LCI, pour 85 % des français interrogés les tensions et agressions actuelles révèlent un manque de fermeté.

Intervention de Fabien Vanhemelryck, Secrétaire Général Délégué, sur LCI le 18 10 2016/ http://www.alliancepn.fr/media/show/violences-la-police-craque-15155
![]() |
![]() |





































Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion
Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion
Connectez-vous pour lire les commentaires. Connexion