La Knesset a voté jeudi soir en faveur du 34e gouvernement de l’histoire d’Israël et le 4e dirigé par Binyamin Netanyahou par 61 voix contre 59.

Jusqu’à la dernière minute, l’issue de ce vote semblait incertaine, alors que trois membres du Likoud, Tzahi Hanegbi, Guilad Erdan et Sylvan Shalom, manifestement insatisfaits des postes qui leur ont été accordés, ne sont entrés qu’in extremis dans l’enceinte du Parlement.

Les nouveaux ministres ont prêté serment comme le veut la tradition avant que le président de la Knesset Youli Edelstein souhaite bonne chance au gouvernement et au Premier ministre.

Les nouveaux ministres se retrouveront vendredi matin pour la traditionnelle photo officielle chez le président de l’Etat Reouven Rivlin.

 Discours d’investiture de Binjamin Netanyahou

Le discours d’investiture du 4e gouvernement de Binyamin Netanyahou a été chahuté jeudi soir par des députés de l’opposition et trois d’entre eux ont été renvoyés de la séance plénière.

Alors que le Premier ministre énonçait les buts du nouveau gouvernement qu’il dirige, certains députés se sont esclaffés en entendant Binyamin Netanyahou affirmer que son gouvernement tentera de faire la paix.

Le Premier ministre a affirmé que la victoire de son parti « était claire » mais que « nous avons assisté à une déformation de la volonté des électeurs », en référence au désistement du Parti Israël Beitenou. « Notre pays à 67 ans, nous en sommes à notre 34e gouvernement », s’est ensuite inquiété M. Netanyahu.

Le Premier ministre a continué son discours en soutenant que « le système doit changer » car « il n’est pas possible de diriger un pays de cette manière ». Il a invité les députés de l’opposition à se joindre à sa coalition afin « de changer le système électoral ». Il s’est ainsi tourné vers Yitzhak Herzog, le chef de l’opposition, pour le convaincre de se joindre a une coalition gouvernementale car « le pays a besoin de grands partis forts ».

Guilad Erdan sur le carreau

L’ancien ministre de l’Intérieur Guilad Erdan (Likoud) n’a pu cacher sa tristesse et sa déception durant la prestation de serment du nouveau gouvernement. Il y a cinq mois, M. Erdan était arrivé en tête des primaires du Likoud, ce qui lui laissait espérer un ministère de choix dans la nouvelle équipe. Mais le Premier ministre en a décidé autrement et n’a pas accédé aux revendications de celui qui est pourtant considéré comme l’un de ses poulains.

Erdan n’a pas épargné les signes indiquant ses états d’âme. Il est arrivé au dernier moment dans l’hémicycle, s’est adressé de manière ostensible à de nombreux députés de l’opposition, recevant même des encouragements de leur part, n’est pas allé féliciter le Premier ministre après son intervention et a quitté l’hémicycle en plein milieu de la prestation de serment des nouveaux ministres.

Guilad Erdan a déclaré que cette prestation de serment est un moment de joie pour le Likoud mais un moment triste sur le plan personnel au vu de la manière dont les choses se sont déroulées le concernant. Il a rajouté que les choses ne s’arrêteront pas là mais que l’essentiel était qu’un nouveau gouvernement voit le jour et va enfin pouvoir commencer à s’occuper des affaires du pays.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Binyamin Netanyahou lui avait téléphoné à plusieurs reprises pour le convaincre de modérer ses exigences et d’entrer au gouvernement. Mais Guilad Erdan était resté ferme sur ses revendications : le ministère de la Sécurité intérieur avec des moyens financiers revus à la hausse et celui des Enjeux stratégiques. Il a indiqué que sans obtenir les moyens pour appliquer la politique qu’il souhaite entreprendre il préfère renoncer à être au gouvernement et servira le pays en tant que député.

Au final, Guilad Erdan reste le seul ténor du Likoud à ne pas entrer au gouvernement, du moins pour l’instant.

L’opposition tacle Netanyahou et son gouvernement

 

Un après l’autre, les dirigeants des partis de l’opposition sont montés à la tribune de la Knesset pour prononcer des discours extrêmement critiques envers le nouveau gouvernement de Binyamin Netanyahou.
Pour le leader d’Israel Beitenou, Avigdor Lieberman, la coalition doit « cesser de se déguiser en gouvernement de droite ». « Dire que ce gouvernement est un gouvernement national est faux. Son hymne devrait être  »Paroles, paroles ». Nous ne voulons pas d’accord avec les Palestiniens uniquement. Cela doit faire partie d’un accord général avec nos voisins arabes », a-t-il affirmé.
Pour Tzipi Livni, qui dirige conjointement avec Yitzhak Herzog le Camp sioniste, « la bonne nouvelle ce soir c’est que l’opposition est forte ». Selon elle, « le peuple israélien n’est pas satisfait de ce gouvernement qui n’apporte aucun espoir ».
Pour le leader de la Liste arabe unie, Ayman Oudeh, « un relent de racisme flotte au-dessus de ce gouvernement ». « Qui ose douter de notre appartenance nationale ? Ce gouvernement poursuit les citoyens arabes », a-t-il ajouté.

Vote du 34e gouvernement : discours musclé de Herzog

Le chef de l’opposition, Yitzhak Herzog, a prononcé jeudi soir un discours très critique à l’égard du nouveau gouvernement lors de la cérémonie d’investiture du 34e gouvernement.

M. Herzog a affirmé qu’il ne s’agit pas « d’un jour de fête pour la démocratie » et que ce gouvernement ne reflète pas « la volonté du peuple ». Il a également accusé le Premier ministre Binyamin Netanyahou « d’avoir acheté ces élections par des mensonges » et d’avoir « insulté 20% des citoyens » faisant référence aux Arabes israéliens.

Le dirigeant du Camp sioniste, a rappelé au Premier ministre, en s’adressant à lui, que « sa voie n’est pas la sienne » afin d’écarter toutes possibilités de ralliement à l’actuelle coalition gouvernementale.

Il a également fustigé la politique étrangère de Binyamin Netanyahou, qui ne laisse selon lui, « aucune initiative diplomatique » ni « aucun espoir diplomatique ». « Nous sommes pris à partie par le monde: l’ONU, la Cour pénale internationale et même la FIFA », a poursuivi M. Herzog.

S’adressant au futur ministre des Finances, Moshé Kahlon, M. Herzog lui a déclaré: « Vous avez préparé des programmes de réformes sociales et économiques qui ne verront jamais le jour ! », et l’a invité à « mettre fin à ce cirque ».

N.R israpresse

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