La Knesset immortalise le courage de l’Alyah marocaine clandestine
Un Devoir de Mémoire : Israël Consacre une Journée Nationale à l’Alyah du Maroc
C’est une page douloureuse et glorieuse de l’histoire d’Israël qui vient de trouver sa juste place dans le calendrier officiel de l’État hébreu. La Knesset a validé, lors d’une session chargée d’émotion, l’instauration d’une journée nationale dédiée à la commémoration de l’immigration des Juifs du Maroc. Fixée au 23e jour du mois de Tevet, cette date n’a pas été choisie au hasard : elle marque l’anniversaire du tragique naufrage du navire Egoz, survenu dans la nuit du 10 au 11 janvier 1961, un événement qui a bouleversé la conscience nationale et redéfini les modalités de l’Alyah en provenance d’Afrique du Nord.
L’histoire de l’Egoz incarne à elle seule le sacrifice ultime consenti par des milliers de familles pour rejoindre la terre de leurs ancêtres. Ce modeste bateau, affrété secrètement par le Mossad, opérait dans l’ombre pour exfiltrer des Juifs marocains à une époque où l’émigration leur était interdite. Lors de sa dernière traversée, bravant une mer déchaînée entre le port d’Al Hoceima et Gibraltar, l’embarcation a sombré, emportant avec elle 44 âmes – hommes, femmes et enfants – qui rêvaient de Sion. Si le capitaine et quelques membres d’équipage ont survécu, aucun des passagers n’a réchappé aux flots.
Pendant des décennies, le silence a plané sur les détails de cette opération clandestine, connue sous le nom de code « Misgeret ». Ce n’est qu’en 1992, à la suite d’intenses efforts diplomatiques, que les dépouilles de 22 victimes, initialement inhumées au Maroc, ont pu être rapatriées en Israël pour recevoir des funérailles d’État au Mont Herzl, offrant enfin une sépulture digne à ces héros de l’ombre. Les autres corps, engloutis par la Méditerranée, restent portés disparus, mais leur souvenir est désormais ancré dans la loi.
Le texte législatif, porté avec ferveur par le député Yinon Azoulay, dépasse la simple commémoration d’un drame maritime. Il ambitionne d’ancrer le riche héritage du judaïsme marocain dans la mémoire collective israélienne. Désormais, chaque année, le système éducatif consacrera des programmes spécifiques à l’histoire de cette communauté, à ses traditions spirituelles et à son parcours sioniste. La Knesset tiendra également une séance spéciale pour marquer l’événement, soulignant l’apport inestimable de cette immigration à la construction et au renforcement de l’État.
Pour Aryeh Deri, leader du parti Shas, cette reconnaissance officielle constitue l’aboutissement d’un long combat pour la dignité. Il a salué ce vote comme la « fermeture d’un cercle » pour une communauté qu’il qualifie de glorieuse. Selon lui, il était temps que la nation exprime sa gratitude envers ces parents et grands-parents qui, animés par une foi inébranlable, ont tout quitté, risquant souvent leur vie pour perpétuer la chaîne des générations sur la Terre d’Israël.
Au-delà du deuil, cette loi célèbre la résilience. Le drame de l’Egoz a paradoxalement servi de catalyseur : le choc international provoqué par le naufrage a contraint les autorités à assouplir les restrictions, ouvrant la voie à l’Opération Yachin qui permit par la suite à des dizaines de milliers de Juifs de quitter le Maroc plus ouvertement. En instituant cette journée, Israël ne se contente pas de pleurer ses morts ; l’État réaffirme le lien indissoluble qui unit le peuple juif à sa terre, honorant ceux dont le sionisme ne fut pas une idéologie de salon, mais un acte de foi payé au prix fort. C’est une victoire sur l’oubli et une célébration de l’unité retrouvée autour de valeurs communes et d’un destin partagé.
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Mieux vaut tard que jamais.
Il était grand temps de rendre hommage à l’alyah marocaine.
Ces frères et sœurs qui se rendaient en Israël étaient les plus pauvres parmi les pauvres, les plus démunis qui soient, plusieurs d’entre eux n’avaient pas d’électricité chez eux, tout juste assez d’argent pour survivre.
Aller chercher une vie meilleure en Israël était le rêve de leur vie.
Au cours d’une discussion avec un couple ashkénaze, le mari m’a affirmé sans complexe, que pour donner leur chance aux Juifs Marocains, des consignes avaient été données aux correcteurs des copies d’examens, pour qu’ils soient « généreux » dans l’attribution des notes, ces propos sont vraiment dégueulasses.
Aux familles Afergan, Bouzaglo, Ouaknine, Toledano, Marciano, Benarroch, Dery, Berdugo, Knafo et à tous les autres, je voudrai leur dire que je les aime…