La guerre a ouvert les entrepôts de Tsahal aux criminels israéliens
La criminalité en Israël franchit une nouvelle étape inquiétante avec l’utilisation croissante d’armes militaires par les groupes criminels. En 2024, les affrontements impliquant des grenades à fragmentation d’origine militaire ont été multipliés par douze par rapport à l’année précédente, passant de 75 incidents en 2023 à 995 en 2024. Cette escalade spectaculaire illustre une militarisation sans précédent du crime organisé dans le pays.
Au-delà des grenades, ces groupes se sont désormais équipés d’armes plus lourdes et sophistiquées, telles que des lance-roquettes antichars LAW et des drones lourds. Ces armes, auparavant absentes des arsenaux criminels, ont été utilisées récemment dans des attaques ciblées, notamment contre un complexe résidentiel à Jaljulia et la résidence d’un officier de la police des frontières à Sajur. Cette évolution marque un tournant majeur, révélant une capacité accrue des groupes criminels à mener des opérations armées d’une gravité inédite.
L’origine de cette prolifération d’armes militaires sur le marché noir est liée à un contrôle défaillant des stocks de l’armée israélienne. Alors qu’auparavant les armes circulant illégalement provenaient principalement de contrebande transfrontalière, la tendance s’est inversée : les vols massifs dans les dépôts militaires alimentent désormais le marché noir. Les autorités militaires auraient perdu la maîtrise de la situation, ne sachant plus précisément le volume ni la nature des armes dérobées. Cette situation est aggravée par la guerre en cours, qui facilite la justification des pertes d’armes par leur usage au combat.
Par ailleurs, les enquêtes ont révélé que des entreprises bédouines achètent en masse des drones lourds via de fausses factures, mais ces appareils restent introuvables, suggérant une utilisation illicite ou un détournement vers des groupes criminels. Cette nouvelle dimension technologique dans le crime organisé complique davantage le travail des forces de l’ordre, déjà confrontées à une difficulté croissante pour obtenir et publier des statistiques fiables sous la direction du ministre de la Sécurité intérieure.
Cette militarisation du crime organisé pose un défi sécuritaire majeur pour Israël. Elle accroît la menace pour la population civile et les forces de l’ordre, tout en fragilisant la capacité de l’État à contrôler ses arsenaux. La situation appelle à une réponse renforcée tant sur le plan du contrôle des stocks militaires que sur celui de la lutte contre le crime organisé, afin d’éviter que cette tendance ne déstabilise davantage la sécurité intérieure du pays.
L’augmentation rapide et spectaculaire de l’armement militaire dans les mains des groupes criminels israéliens révèle une vulnérabilité préoccupante. La perte de contrôle des arsenaux militaires, combinée à l’utilisation d’armes lourdes dans des conflits criminels, souligne l’urgence d’une action coordonnée pour restaurer la sécurité et limiter l’escalade de la violence armée au sein du pays.
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