La fête de Souccot et les trois clés du bonheur

Le judaïsme accorde une grande importance au bonheur. D’ailleurs, la fête de Souccot tourne essentiellement autour de ce concept. Rien d’étonnant à ce qu’elle soit également appelée « le temps de notre joie », un moment où nos cœurs sont censés être empreints de bonheur et de reconnaissance.

Photo by Yonatan Sindel/Flash90

Mais reste à connaître la voie pour accéder à cet état. Voici trois messages inspirés de la fête de Souccot qui nous aideront à atteindre le bonheur durable.

1. Arrêtons de courir après le bonheur

À Souccot, nous quittons nos demeures spacieuses et confortables pour nous installer dans des cabanes fragiles. Selon la partie du globe où vous vivez, la température peut dépasser les 40° ou au contraire plonger en-dessous de zéro. En outre, le vent peut renverser votre Soucca en un instant. Comment l’exigence de vivre dans des conditions aussi précaires et peu confortables peut-elle être si intimement liée à cette fête placée sous le signe du bonheur ?

Beaucoup de gens commettent l’erreur de penser que plus ils amasseront de fortune et plus ils amélioreront leur niveau de vie, plus ils seront heureux.

Nous pensons que si nous passons nos existences à courir après le bonheur, nous finirons par le trouver. Le judaïsme nous apprend que le bonheur n’a strictement aucun lien avec le montant de notre patrimoine ni avec notre niveau de vie. Plus encore, si nous courons après le bonheur, nous ne le trouverons jamais.

Qu’est-ce que le bonheur et comment pouvons-nous l’atteindre ?

En hébreu, le mot renvoyant au bonheur est sim’ha, un terme qui est directement lié au mot tsmi’ha, signifiant le progrès.

Pour le judaïsme, le bonheur est l’état d’esprit qui résulte de la participation à une activité dotée de sens ou de l’accomplissement de progrès en vue d’atteindre des objectifs dignes d’intérêt.

À l’endroit où se trouvent le progrès, l’amélioration et le dépassement de soi, peut se trouver le bonheur.

À Souccot, nous quittons le monde de l’aisance matérielle et nous plongeons dans un univers de progrès spirituel. Nous passons ces sept jours en compagnie de Dieu, en chantant Ses louanges et en nous délectant de Sa présence.

Nous prenons des repas festifs en compagnie de nos proches et amis, en profitant de leur présence et en (re)découvrant tout ce qu’ils nous apportent au quotidien. Nous mettons l’accent non plus sur la recherche du confort matériel mais sur la quête du progrès spirituel et c’est ainsi que nous accédons à l’univers du bonheur.

2. Vivons l’instant présent

Nous sommes tellement occupés. Nous courons d’une chose à l’autre, tout en ressentant que nous pourrions en accomplir tellement plus.

Le bonheur ne dépend pas seulement du progrès. Il est tout aussi important de faire le choix conscient d’apprécier pleinement les progrès que nous avons accomplis en cours de route.

Nous avons du mal à vivre dans l’instant présent. Alors nous nous concentrons plutôt sur ce que nous ne sommes pas en train de faire ou sur ce que nous devrions faire, ce qui revient à sous-estimer ce que nous sommes effectivement en train de faire. Nous nous privons du bonheur qui nous attend au moment présent.

 Une citation saisissante me vient à l’esprit :

« Au début, je mourrais d’envie de finir le lycée et de commencer la fac,

Puis je mourrais d’envie de finir la fac et de commencer à travailler,

Puis je mourrais d’envie que mes enfants soient assez grands pour aller à l’école afin que je puisse retourner travailler,

Puis je mourrais d’envie de partir à la retraite.

Maintenant, je suis en train de mourir et je prends subitement consciente que j’ai oublié de vivre. »

Ne laissez pas vos objectifs, vos rêves et vos ambitions écraser la beauté et la pertinence des vies que vous menez actuellement.

À Souccot, nous marquons une pause pour réfléchir au progrès accomplis pendant l’année écoulée et aux belles opportunités qui se profilent pour le Nouvel An. Nous avons reçu tant de bénédictions, nous avons accompli tant de progrès et nous devons prendre le temps d’apprécier tout cela. Souccot est le moment idéal pour le faire.

3. Soyons reconnaissants

L’un des plus grands obstacles nous barrant l’accès au bonheur est l’impression que tout nous est dû. Le sentiment de mériter tout ce que nous recevons émousse notre sens de la gratitude. Pour parer à cet écueil nous devons cultiver en nous l’humilité de reconnaître que tout ce que nous possédons dans nos vies est une bénédiction du Tout-Puissant. Nous devons manifester une gratitude sincère pour toutes les bénédictions dans nos vies.

À Souccot, nous chantons la prière du Hallel en entier pour remercier Dieu de tout ce qu’Il nous a accordé. Nous consacrons ces jours de fêteà Le remercier et à Lui exprimer notre gratitude pour toutes ces choses qui ont enrichi nos vies.

Souccot est le moment d’apprendre l’art du bonheur. Au lieu de nous plaindre du mauvais temps, des cafards ou de tous les autres désagréments de la vie en plein air, concentrons-nous sur notre progrès spirituel, vivons l’instant présent et soyons reconnaissants. C’est ainsi que nous commencerons à goûter à la douceur d’une vie heureuse.

par le Rabbin Eliyahou Heller mis à jour le 01.10.2020  www.aish.f

Souccot 2021
Depuis la soirée du lundi 20 septembre
À la soirée du lundi 27 septembre

Puis
Chemini Asséret mardi 28 septembre
Sim’hat Torah mercredi 29 septembre

 

Souccot, les âmes des Sept Bergers d’Israël

La Soucca génère une énergie spirituelle si intense que les âmes des Sept Bergers d’Israël quittent le Jardin d’Eden pour profiter de la lumière divine de Souccot.

Les 7 Ouchpizin

Qu’est ce que le Jardin d’Eden ? Il s’agit d’un lieu où les âmes méritantes ayant quitté ce monde jouissent de la lumière de la présence divine en attendant d’accéder au monde futur, c’est-à-dire l’époque post-messianique (Talmud Chabbat 152 b ; Derekh Hachem 1 :3 :11)

Le Zohar, principal ouvrage de Kabbala, explique que la Soucca produit une concentration intense d’énergie spirituelle telle que la présence divine s’y dévoile de la même manière que dans le Gan Eden.

Pendant la Fête de Souccot, les âmes des Sept Bergers d’Israel : Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David quittent le Gan Eden pour profiter de la lumière divine de notre fête de Souccot.( Zohar Emor 103a)

Chaque jour de fête, les sept âmes sont présentes mais chacune à son tour dirige les autres. On appelle ces éminents invités les Ouchpizin, ce mot Araméen sinifiant « hôte ». Pour accueillir ces âmes illustres, certains ont la coutume de réciter une longue invitation mystique pour le premier repas dans la Soucca. Certains invitent les Ouchpizin chaque fois qu’ils prennent un repas dans la Soucca. Certains juifs Séfarades ont même l’habitude de leur réserver une place en recouvrant une chaise de beaux tissus et de livres saints.

SEPT BERGERS SAINTS

En approfondissant un peu, on se rend compte que le thème des Ouchpizin est un thème récurrent dans la philosophie juive.

Le Roi David écrit dans le Psaume 90 : « Mille ans sont à tes yeux comme la journée d’hier » Chaque jour de Souccot correspond à un jour de la semaine et à un des sept millénaires de l’histoire humaine, d’Adam jusqu’à l’ère messianique. (Talmud, Sanhedrin 97a ; Derekh Hachem 1 :3 :9). Si on y ajoute les sept bergers d’Israel, Souccot est la fête qui représente le concept du peuple juif oeuvrant ensemble pour apporter dans ce monde paix et perfection (Sfat Emet)

D’ailleurs, les textes de mystique juive expliquent que chacun des sept Ouchpizin correspond à une des sept voies spirituelles fondamentales ( sefirah) à travers lesquelles le monde se nourrit et s’améliore au niveau métaphysique.(Derekh hachem 3 :2 :5 ; Zohar ‘hadach, Toldot 26c ; cf.Zohar 2 :256a)

– Abraham représente l’amour et la bonté
-Isaac représente la rigueur et la force personnelle
-Jacob représente la beauté et la vérité
-Moïse représente l’éternité et la dominance de la Thora
-Aaron représente l’empathie et la réceptivité face à la splendeur divine
– Joseph représente la sainteté et les fondements spirituels
– David représente l’établissement du royaume (paradis terrestre)

Lorsqu’on se comporte selon un de ces attributs spirituels, la lumière divine (dirigée à travers ce conduit transcendantal) , éclaire le monde et le rapproche de son achèvement .(Derekh Hachem 4 :2 :2,5). Comme il est écrit dans le talmud « selon l’instrument de mesure que l’homme utilise, on lui mesure » (Sotah 8b).

DONNER À MANGER AUX PAUVRES

Au-delà de ces considérations spirituelles, la Thora s’intéresse avant tout aux actions de l’homme. Le Zohar (Emor 103a) après avoir explicité les Ouchpizin écrit :
« On a aussi le devoir de réjouir les pauvres et la part (mise de côté pour les Ouchpizin) leur revient. En effet, une personne qui se dit religieuse et invite les Ouchpizin mais ne donne pas leur part (aux indigents), ceux-ci demeureront éloignés de lui… On ne doit pas dire « je vais d’abord me servir, je donnerai les restes aux pauvres ».

Il faut commencer par servir les invités. D’ailleurs, celui qui réjouit ses invités et les respecte, D.ieu le réjouira en retour. Abraham, Isaac, Jacob et les autres le combleront… »

De la même manière, Maïmonide présente cela comme une obliga tion religieuse : « Lorsqu’une personne mange ou boit, elle a l’obligation de nourrir l’étranger, l’orphelin et la veuve avec les autres pauvres malheureux … lorsqu’une personne se soustrait à cela, on ne parle plus de « joie de la Mitsva » mais plutôt de « joie de la panse ».(Lois de Yom Tov 6 :18)

Puisse l’esprit de ces Ouchpizin nous aider à réaliser le potentiel de la fête de Souccot en réjouissant et en élevant aussi bien nous-même que le monde qui nous entoure.

Traduit et adapté par ‘Hanna Cohen
PADOWITZ JOËL

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