Israël–États-Unis : une alliance sous pression dans l’ombre de Gaza
La scène était révélatrice : un lundi matin à Jérusalem, Benyamin Netanyahou reçoit l’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, l’ambassadeur israélien Danny Danon et le représentant américain en Israël, Mike Huckabee, pour une réunion qualifiée d’« urgente ». La rencontre, axée sur la coordination stratégique entre Israël et les États-Unis, a été jugée suffisamment importante pour que les juges acceptent de reporter l’audience du Premier ministre dans son procès. Le message est clair : dans l’Israël de l’après-7 octobre, la diplomatie de crise passe avant tout.
Un détail a toutefois retenu l’attention sur les images diffusées après la réunion. Aux côtés du chef par intérim du Conseil de sécurité nationale, Gil Reich, apparaît l’homme d’affaires Michael Eisenberg, désigné comme représentant personnel du Premier ministre auprès du commandement américain basé à Kiryat Gat. Sa présence, inhabituelle dans un cadre aussi institutionnel, traduit le degré de personnalisation et de densité des échanges sécuritaires entre Jérusalem et Washington. Les canaux classiques – diplomatiques et militaires – sont désormais complétés par des émissaires officieux, chargés de maintenir le fil direct avec l’administration Trump.
Dans le fond, pourtant, les divergences se creusent. Les États-Unis poussent pour annoncer rapidement le passage à la « phase 2 » de leur plan pour Gaza : une étape censée consolider le cessez-le-feu, installer des mécanismes de gouvernance post-Hamas et déployer une Force internationale de stabilisation chargée d’aider à sécuriser l’enclave, former une police palestinienne et superviser la démilitarisation graduelle de la bande de Gaza. Pour la Maison-Blanche, il s’agit d’éviter que la trêve fragile ne s’enlise et que le vide de pouvoir ne profite aux groupes armés.
Israël, lui, fixe une condition préalable : le retour du corps de Ran « Rani » Gvili, policier de 24 ans tué en défendant un kibboutz le 7 octobre 2023, dont la dépouille reste le dernier « otage » en territoire contrôlé par le Hamas. Son histoire – celle d’un réserviste parti au combat malgré un congé maladie – est devenue un symbole national. Sa famille, comme une large partie de l’opinion, exhorte le gouvernement à ne pas franchir le cap de la phase 2 tant que son corps n’aura pas été restitué. Pour Netanyahou, lier l’avancée diplomatique au sort de Gvili permet de répondre à une exigence morale intérieure tout en pesant sur les négociations.
Les désaccords portent aussi sur le rythme et la nature du désarmement du Hamas. Washington et plusieurs capitales partenaires défendent une approche progressive : d’abord séparer les forces, stabiliser le terrain, installer un dispositif international, puis avancer vers la démilitarisation, en lien avec une autorité palestinienne rénovée. Jérusalem, au contraire, réclame un désarmement rapide et aussi complet que possible de l’organisation terroriste, craignant que tout « entre-deux » ne se transforme en nouvelle base de lancement pour des attaques futures.
À cette équation déjà complexe s’ajoute le front nord. Israël insiste pour que la question du Hezbollah au Liban soit réinscrite au cœur de l’agenda stratégique. Malgré un cessez-le-feu précaire, l’armée israélienne maintient la pression pour empêcher la reconstitution des capacités militaires du mouvement chiite pro-iranien. L’absence de progrès substantiel vers le désarmement du Hezbollah est régulièrement présentée par Jérusalem comme un casus belli potentiel, au moment même où Washington et l’Union européenne cherchent plutôt à renforcer les forces de sécurité libanaises afin d’éviter une nouvelle guerre ouverte.
La Force internationale de stabilisation, pièce maîtresse du plan américain, peine d’ailleurs à se concrétiser. Plusieurs pays ont affiché une disponibilité de principe, mais peu veulent envoyer des troupes en première ligne. L’Indonésie et l’Azerbaïdjan figurent parmi les rares États prêts à contribuer de manière concrète, tout en posant des conditions strictes : être déployés uniquement dans des zones déjà débarrassées du Hamas, se concentrer sur des tâches humanitaires, de déminage ou de reconstruction, et agir dans un cadre multilatéral clair. D’autres pays préfèrent former des contingents étrangers plutôt que d’exposer leurs propres soldats.
Dans ce contexte, la visite de Mike Waltz et les messages publics de Danny Danon visent à montrer que, malgré ces tiraillements, le pilier central demeure : les États-Unis restent l’allié stratégique essentiel d’Israël, sur le plan militaire, diplomatique et technologique. Netanyahou, en rappelant la mobilisation de près de 400 000 réservistes et le caractère global de l’attaque menée par l’axe iranien, cherche à ancrer cette alliance dans une lecture commune de la menace.
Reste à savoir si Washington et Jérusalem parviendront à aligner leur calendrier et leurs priorités : retour du dernier otage contre accélération politique, désarmement rapide contre stabilisation graduelle, focalisation sur Gaza contre prise en compte simultanée du front libanais. La solidité du lien israélo-américain ne fait guère de doute ; c’est sa capacité d’adaptation à cette nouvelle séquence régionale qui sera, dans les prochaines semaines, mise à l’épreuve.
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Du haut de ma petitesse, je ne peux faire taire cette voix qui me susurre à chaque volte face du candidat au Nobel qu’à tant déployer ses ailes, ce dernier nous confond avec des canards domestiques. J’ai pas confiance, J’ai beau….
Les choses sont pourtant très claires.
D’un côté, notre ami TRUMP court après un Prix Nobel de la Paix, accompagné d’énormes contrats d’armes avec l’Arabie, les pays du Golfe et du Qatar-Voyou.
De l’autre, Israël qui essaie d’obtenir un arrangement pour qu’il puisse vivre durablement en paix avec ceux qui rêvent de l’anéantir.
Bibi doit agir avec fermeté sans heurter notre ami TRUMP et lui faire comprendre une fois pour toutes, que la survie/sécurité d’Israël ne se discute pas….
Une chose est sûre, c’est l’arrêt des hostilités ordonné par Trump à Israël qui a permis au hamas de se refaire une santé. Je constate une fois de plus, que netanyaMOU n’a pas compris qu’une liquidation totale, comme ce fût le cas pour les nazis, n’aboutit à rien et tout est à recommencer, il y aura encore d’autres soldats qui seront tués à cause de la connerie de netabyaMOU et ceux déjà morts, plus de 1200 ont été tués pour rien. Qu’en pensent-ils les parents de ces jeunes soldats qui il faut le dire, ont été sacrifiés. Le hamas doit un grand merci à trump le versatile. En ce qui concerne ce dernier, il ne s’est pas trop mouillé en faisant bombarder les sites nucléaires iraniens, sachant que les Juifs avaient déjà fait le ménage sur les défenses aériennes des enturbannés. En ce qui concerne le bombardement des sites nucléaires, nous n’avons aucune garantie quant aux résultat. Une chose est certaine, quand d’autres pays se mêlent de notre comportement lors d’une guerre, c’est que nos généraux sont nuls.