« Israël est notre allié mais nous n’avons jamais laissé tomber la cause palestinienne ». Relançant à nouveau les liens grandissants entre l’Inde et Israël, une délégation indienne du Ministère des Affaires étrangères s’est rendue à Jérusalem mardi.
La délégation, présidée par Anil Wadhwa (Est), était en Israël en vue d’un « dialogue stratégique » sur diverses affaires, selon le Times of Israel.
Dans un communiqué publié en début de semaine, le Ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré que « ce dialogue reflète la relation particulière qui s’est développée » entre le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou et son homologue indien Narendra Modi.
« Au cœur du dialogue entre les deux pays se joue un certain nombre d’affaires bilatérales: diplomatiques, économiques et de développement ».
Selon ce communiqué, Wadhwa aurait rencontré le directeur général du Ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, afin de discuter des moyens de supprimer les « barrières économiques » et d’améliorer le tourisme entre les deux pays, ainsi que d’etablir un « Centre d’excellence en Agriculture ».
On attendait de Gold qu’il remercie l’Inde pour sa récente abstention au vote de la résolution des Nations Unies condamnant Israël pour d’éventuels crimes commis à Gaza – un geste percu en Israël comme une victoire pour sa diplomatie.
Le Ministre israélien des Affaires étrangères a décrit l’abstention de l’Inde comme un « accomplissement significatif et sans précédent », notant au passage que le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou avait personnellement pris contact avec Modi, l’exhortant de s’abstenir.

L’Inde, puissance majeure de l’alliance des Non-Alignés qui votait automatiquement contre Israël dans toutes les instances internationales, était vendredi le seul des cinq pays à s’abstenir quand le Conseil des Droits de l’Homme a voté en faveur du rapport de la Commission d’enquête sur le conflit à Gaza.
Un responsable israélien a déclaré au Times of Israel que le succès du procédé était dû aux deux Premiers Ministres ainsi qu’à l’ambassade d’Israël en Inde.
« Nous sommes en effet en train d’assister à un changement radical. L’Inde commence à se montrer sous un nouveau jour – en tant que grande puissance en devenir, qui devient plus forte économiquement, mais qui est aussi concernée par la menace du terrorisme. Cela montre par ailleurs, que l’Inde se sépare peu à peu du mouvement des Non-alignés et son support irréversible à la cause Palestinienne. Le pays est en plein processus de réévaluation. »
L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne en Inde, Adnan Abu Alhajia, s’est déclaré « choqué » de l’abstention de l’Inde. « Les dirigeants ainsi que le peuple Palestinien étaient très heureux de la résolution des Nations Unies, mais le vote de l’Inde a brisé notre joie. »
La réaction indienne peut aussi être expliquée par la rapide condamnation de l’opposition, qui a accusé le gouvernement d’un « revers complet » de la politique indienne face au conflit israélo-palestinien.
Sitaram Yechury, le secrétaire général du parti communiste indien (CPI), a déclaré au Hindu Times que « le gouvernement devait changer sa position et être solidaire de la Palestine. »
Le ministre des Affaires étrangères, Shrimati Sushma Swaraj, qui est attendu en Israël, en Jordanie et dans les territoires Palestiniens dans le courant de l’année, avait auparavant nié tout changement dans la politique du gouvernement, indiquant: « de dire que nous avons penché en faveur d’Israël ou que nous modifions notre politique est faux… au sujet de la Palestine, la politique étrangère de l’Inde n’a subi aucun changement. »
« Israël est notre allié mais nous n’avons jamais laissé tomber la cause Palestinienne. Nous la supportons et nous continuerons à la supporter », a t-il ajouté.
Plus tôt dans l’année, Moshe Ya’alon a été le premier ministre israélien de la Défense à se rendre en l’Inde, et le Premier Ministre indien Narendra Modi lui-même, prévoit une visite historique en Israël dans le courant de l’année.
Lorsque Netanyahou et Modi se sont rencontrés l’année dernière à New-York lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, Netanyahou confia à Modi qu’il n’y avait « pas de limites » à la possible entente israélo-indienne.

![]() |
![]() |






































