NDLR pour Jforum : le maintien de cette posture (/imposture) de façade, peut-être sous pression des Etats-Unis et de l’OTAN, à l’époque où il s’agissait d’assurer des coopérations militaires, ne tient plus, durant une période où se multiplient les massacres, aux portes de la Turquie et, de toute évidence, comme on l’a souvent souligné ici, avec la complicité d’Ankara et de ses services secrets. C’est, actuellement, mettre en péril l’ensemble des minorités moyen-orientales, aux prises avec les vieux démons génocidaires que de continuer à fermer les yeux. Plus la Turquie sera sous le regard et la pression de la Communauté Internationale et plus elle (et à trtavers elle, l’ensemble du monde musulman qui participe de ces tueries, ne serait-ce que par son silence coupable) sera disposée à y repenser à deux fois, avant de favoriser les mouvements djihaidstes présents, dont l’idéologie s’apparente à un Islamonazisme.
Le Monde publie l’appel de Serge et de son fils Arno Klarsfeld (respectivement, Président des fils et filles des déportés juifs de France, et Arno, ancien avocat des fils et filles des déportés juifs de France) pour la reconnaissance du génocide des Arméniens par Israël.
« Tant qu’ils (autorités turques) nieront la vérité historique […] Tant qu’Israël ne reconnaïtra pas le génocide arménien, la Turquie se refusera de le faire. […] Aucun argument ne peut s’opposer valablement à la reconnaissance que nous demandons à Israël en ces jours où nous commémorons Yom HaShoah (la journée du souvenir de l’Holocauste en Israël). »
L’article papier du Monde :
Pour ne pas indisposer la Turquie, l’Etat hébreu se refuse à qualifier de génocide les massacres dont ont été victimes les Arméniens de l’Empire ottoman. Sa politique doit changer!
Il est temps pour les autorités les plus représentatives d’Israël, son président, le chef de son gouvernement, la Knesset, de reconnaître le génocide dont ont été victimes les Arméniens de l’Empire ottoman.
Dans moins de vingt-cinq ans, ce sera au tour du centenaire du génocide des juifs d’être célébré dans le monde entier, et – nous l’espérons – y compris dans le monde musulman. Comment cultiver cette espérance d’unanimité si l’Etat des juifs se refuse encore à cette reconnaissance formelle pour ne pas indisposer son puissant voisin turc ?
Le génocide arménien a été reconnu par de nombreux pays, et le président de la République, François Hollande, s’est engagé à ce qu’une loi sanctionne la négation du génocide arménien comme la loi Gayssot sanctionne depuis un quart de siècle la négation du génocide juif.
En un temps où les massacres des chrétiens d’Orient se multiplient, la voix du pape s’est fait entendre pour le déplorer et pour, enfin, proclamer que les Arméniens ont été victimes d’un génocide.
SUIVRE L’EXEMPLE ALLEMAND
Ce n’est pas pour condamner la Turquie moderne, pas plus qu’à Nuremberg on a voulu condamner l’Allemagne qui naîtrait des ruines du IIIe Reich. D’ailleurs, l’Allemagne fédérale dès sa naissance, la République démocratique allemande peu avant sa chute et l’Allemagne enfin réunifiée ont reconnu le génocide commis par l’Allemagne hitlérienne et, en en assumant les conséquences sur tous les plans, ont libéré le peuple allemand d’une partie de son fardeau moral.
Les dirigeants de la Turquie doivent suivre cet exemple. Tant qu’ils nieront la vérité historique, tant qu’ils essaieront d’échapper à leurs responsabilités et qu’ils continueront à prétendre que les Arméniens les ont trahis pendant la première guerre mondiale et qu’eux ont seulement riposté, ils seront tenus à l’écart par la communauté internationale, et en priorité par l’Union européenne. Tant qu’Israël ne reconnaîtra pas le génocide arménien, la Turquie se refusera à le faire.
L’Etat juif sait que les nazis ont pu se risquer à commettre au XXe siècle un second génocide parce que les auteurs du premier n’avaient pas été punis. Aucun argument ne peut s’opposer valablement à la reconnaissance que nous demandons à Israël en ces jours ou nous commémorons Yom HaShoah (la Journée du souvenir de l’Holocauste en Israël).
Par Serge et Arno Klarsfeld – Le monde (papier)
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ce qui est à déplorer c’est que le Vatican ait mis plus d’un siècle pour dénoncer le génocide commis par les Turcs sur les Arméniens dont la plupart étaient Chrétiels ; cela n’enlève rien à la faute de l’Etat d’Israël qui n’a pas reconnu ce génocide alors que parmi les victimes figuraient également de nombreux Juifs ; sans compter que le génocide des Arméniens qui n’a pas été dénoncé a rendu possible la Shoa par les nazis ; c’est malheureusement la punition qui leur a été infligée à cause de la lâcheté !
C’est aller un peu vite en besogne et simplifie le tableau : au moment de la mise en oeuvre de la Shoah, soit à partir de 1933, pour le régime Nazi et 1941, opération Barbarossa de l’Allemagne nazie en Russie Soviétique, il paraît difficile d’accuser Israël et ses dirigeants de « lâcheté » pour l’unique et simple raison que l’Etat d’Israël n’existait pas : « la punition qui leur (à qui????) été infligée à cause de leur (qui encore?) lâcheté »! Ces façons d’accuser un Israël qui n’existe pas encore en tant qu’état de « lâcheté » est au mieux de l’ordre d’un anachronisme culpabilisateur. Il tend, tout simplement, à renvoyer la culpabilité des exactions sur les Juifs eux-mêmes, au nom du seul fait qu’ils auraient, peut-être, un Etat une dizaine d’années plus tard.
On peut aussi avoir la modestie de dire qu’il est plus facile d’arriver après la bataille faire la leçon à tout le monde pour dire ce qu’on aurait dû faire SI on avait été là…