Plusieurs informations viennent s’entrechoquer les unes aux autres. La fabrication de drones Gaza, par l’Iran avec l’appui de la Chine qui joue un jeu très dangereux au Moyen-Orient. Les récentes destructions par Israël de six de ces appareils qui ont tenté d’entrer en Israël, et ont montré les capacités d’Israël. La récente alliance avec les Emirats Arabes Unis, dans le domaine des drones et des anti-drones. L’achèvement d’une base aérienne des EAU sur l’Ile de L’île de Périm (appelée Mayyun en arabe), qui a pour intérêt de surveiller un point de passage important du trafic d’arme en direction des Houthis et du Hamas, deux protégés du régime Iranien.

La guerre de missiles s’accompagne de la guerre de drones armés. La région peu s’embraser d’un jour à l’autre et Israël a besoin des alliances militaires avec certains pays arabes, à défaut des Etats-Unis. Mais ces alliances restent dangereuses aussi, car elles n’ont rien de stable, d’autant que Biden n’est pas Trump. Ce qui s’est passé avec le Hamas ces derniers jours ne se serait pas passé ainsi sous Trump. Remercions au passage les Juifs démocrates des Etats-Unis.

C’est dans ce contexte général, que la guerre des drones a déjà commencée, alors qu’en Israël, les israéliens ont été incapables de se choisir un dirigeant. La démocratie israélienne est doublement malade. Premièrement parce que les électeurs votent pour des partis en incapacité de gouverner (voter pour Saar, Bennett, ou Libermann c’est diriger le pays dans une impasse), deuxièmement parce que ces partis trahissent leur idéologie de droite et s’allient avec la gauche et les partis arabes.

Israël a pu s’en sortir sans trop de dégâts grace au dôme de fer, mais on peut dire avec discernent que les 4500 roquettes ont fait face à la main heureuse du hasard. « Hasard est le nom que Dieu prend quand il ne veut pas qu’on le reconnaisse » Albert Einstein.

L’Iran lance le drone GAZA 

L’Iran poursuit son programme de drones en dévoilant le Gaza, similaire au Wing Loong 2, mais dont les performances affichées laissent dubitatifs sur ses capacités réelles sans transferts de technologies.

Gaza 

L’Iran a présenté le 21 mai 2021 son nouveau drone MALE (Medium Altitude Long Endurance) dénommé « Gaza » en l’hommage aux récents affrontements. Dévoilé par l’IRGCAF (Islamic Revolutionary Guard Corps Aerospace Force), il affiche une ressemblance troublante avec le drone chinois « Wing Loong 2» du groupe CAIG vendu au Pakistan, aux EAU, à l’Arabie Saoudite et à l’Egypte (en fait plus précisément au GJ-2, la version de l’APL, car il n’est pas pourvu de winglet en bout d’aile). Destiné aux missions de reconnaissance et d’attaque, il disposerait d’une boule EO/IR et sa liaison de données semble être assurée par un SATCOM passant par le satellite Nahid-1.

Caractéristiques 

Selon son constructeur, l’aéronef disposerait d’une autonomie de 35 heures pour une vitesse de croisière de 350 km/h et une portée opérationnelle de 2000 km. Son point fort serait ses multiples points d’ancrages qui lui permettraient de transporter jusqu’à treize bombes guidées de fabrication locale ou jusqu’à 500 kg de capteurs (comme le Wing Loong)… En somme grâce à ce premier drone Male, Téhéran affiche symboliquement son ambition d’attaquer Israël depuis son territoire.

Guerre de drones 

Dans le même temps, le jeudi 20 mai 2021, Benyamin Netanyahou a indiqué lors d’une conférence de presse que l’IAF avait abattu à la frontière jordanienne un drone iranien lancé « depuis la Syrie ou l’Irak » (?). Si les retours d’expériences de ce conflit d’une durée de onze jours sont pour le moment rares et peu détaillés, il est néanmoins confirmé que les drones ont de nouveau occupé une place centrale, comme ce fut le cas lors du conflit opposant l’Arménie à l’Azerbaïdjan.

Les drones abattus par Israël.

Comment les derniers drones iraniens ont testé le système de défense israélien Iron Dome

Les experts pensent que l’Iran fournit au Hamas les moyens de mettre en place sa propre industrie manufacturière de défense.

Le système de défense du dôme de fer tant vanté d’Israël a été sévèrement testé par une batterie de drones conçus et fournis par l’Iran, ont déclaré des experts au National.

Au cours du récent conflit, Téhéran a fourni au Hamas des équipements et des technologies permettant aux extrémistes de créer leur propre industrie manufacturière de défense pour lancer des attaques depuis Gaza.

La menace des barrages pendant la guerre de 11 jours a conduit Israël à déployer ses intercepteurs de missiles à l’arrière de frégates patrouillant sur la côte méditerranéenne pour défendre les installations de gaz et le continent.

Alors que les forces israéliennes ont réussi à abattre au moins six des drones kamikazes lancés depuis Gaza, il est entendu que l’Iran évaluera les méthodes d’attaque pour les améliorer pour un conflit futur.

«Le Hamas a clairement bénéficié du soutien extérieur de l’Iran et cet intérêt restera», a déclaré Douglas Barrie, du groupe de réflexion de l’Institut international d’études stratégiques.

«S’il y a un pays qui va s’intéresser à la façon dont tout cela s’est passé et à la manière dont les armes du Hamas pourraient être améliorées à l’avenir, alors vous regarderiez l’Iran.»

Il est évident que des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique ont réussi à faire passer en contrebande des composants de leur véhicule aérien sans pilote Ababil-2 et ont appris au Hamas à l’équiper d’une ogive.

Le drone, que le Hamas a appelé le Shehab, porte une ogive de 30 kilogrammes et peut naviguer à 250 km / h. Il est programmé avec des coordonnées GPS et des images satellite pour trouver sa cible. Alternativement, il peut être guidé visuellement vers la cible avec un opérateur au sol et une caméra.

« Avec l’aide de l’Iran, le Hamas a développé un assez grand nombre de munitions pas très chères, qui peuvent être envoyées pour atteindre des cibles fixes à longue portée », a déclaré Justin Bronk, du groupe de réflexion du Royal United Services Institute à Londres.

«Les Iraniens leur auront donné quelques premiers exemples, ainsi que des manuels de formation sur la façon de les construire. Une fois que vous avez transféré cette expertise, car ils sont relativement peu technologiques, le Hamas est devenu assez compétent pour fabriquer le leur à Gaza. »

Il a déclaré que les composants clés passés en contrebande d’Iran auraient inclus des puces de suivi GPS, des gyroscopes de stabilisation et des pièces de moteur.

En plus des quelque 4 000 missiles tirés de Gaza qui ont mis le système Iron Dome sous pression pour protéger Israël, le Hamas a lancé plusieurs drones Shehab pendant le conflit.

Au moins un a été abattu par un missile air-air tiré d’un chasseur F16, un autre a été intercepté par Iron Dome, tandis que quatre ont été abattus par ce que les Israéliens ont appelé des «moyens classifiés». Israël a également abattu mardi un véritable drone iranien près de la frontière avec la Jordanie.

Israël a dû réajuster rapidement ses défenses pour faire face à la menace des drones volant à basse altitude, qui ont une faible signature radar, alors qu’il utilisait son système pour intercepter les missiles du Hamas, mettant le système sous une pression considérable.

Les experts estiment que si le Hezbollah s’était impliqué et avait utilisé ses missiles guidés par satellite développés par l’Iran, le Dôme de fer aurait pu être submergé.

Les Israéliens «investissent maintenant beaucoup d’argent» dans le développement de lasers et d’autres armes à micro-ondes de haute puissance pour abattre des drones, a déclaré M. Barrie.

L’évolution du Hamas vers le développement de drones d’attaque ressemble beaucoup à celle des Houthis du Yémen ciblant l’Arabie saoudite, estiment les analystes de la défense.

«Cela fait partie du programme iranien où il s’agit d’aider les groupes alliés à produire leurs propres armes à partir de ressources facilement disponibles afin de réduire leur approvisionnement direct en armes», a déclaré Jeremy Binnie, un expert en missiles à Jane’s Defence Weekly . «Cela rend la situation un peu plus contestable pour Téhéran.»

M. Binnie a convenu que le drone Shehab était «largement similaire» à l’Iranien Ababil-2, que les Houthis appellent le Qasef et produit en utilisant la conception et les composants iraniens. «Le Hamas fait probablement la même chose que les Houthis parce que le CGRI a une politique de développement de l’autosuffisance dans les groupes qu’il soutient.»

Alors que le système de défense israélien semble avoir empêché les drones de causer des pertes importantes, M. Barrie a déclaré que ce n’était peut-être qu’une question de temps avant qu’un drone kamikaze ne passe. « C’est un peu comme l’ancienne IRA (Irish Republican Army) qui disait que » il faut avoir de la chance tous les jours, on ne doit avoir de la chance qu’une seule fois « », a-t-il déclaré.

 

 

Les Emirats Arabes Unis achèvent une base stratégique.

Cette base constitue une position stratégique pour contrôler les flux à l’entrée de la Mer Rouge mais aussi pour mener des opérations le long de celle-ci côté yéménite, là où dominent les Houthis.

Base Aérienne

Les Emirats Arabes Unis sont en train d’achever la construction d’une nouvelle base aérienne sur l’île yéménite de Périm, selon les derniers clichés réalisés par les satellites commerciaux. Les travaux ont débuté en 2016 après la reprise de l’île aux Houthis avant de connaître plusieurs interruptions. Mais depuis quelques mois les vidéos diffusées par certains habitants sur les réseaux sociaux démontrent que l’acheminement de matériels de construction par voie maritime s’est intensifié. On identifie désormais clairement l’achèvement d’une piste longue de 3200 m capable d’accueillir tout type d’appareil militaire y compris l’avion cargo Antonov 124 pour acheminer rapidement hommes et matériels dans l’hypothèse d’une offensive d’envergure. On note également la présence de deux shelter dont les dimensions sont identiques à ceux qui hébergent les drones MALE armées chinois Wing Loong 2 déployés par les Emiratis sur la base d’Assam en Erythrée, ou sur celle d’Al Khadim en Libye. Bien qu’une « zone de vie » destinée aux militaires soit également achevée au sud-ouest, la base ne serait toutefois pas encore opérationnelle car la piste d’accès et les infrastructures logistiques sont encore en travaux. Au regard de la quantité de granulats de terrassement entreposés la base pourrait s’étendre encore d’avantage.

Une Position Stratégique

L’île de Périm (appelée Mayyun en arabe) est située dans le détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le Golfe d’Aden, pratiquement en face de Djibouti et de l’Erythrée. Elle contrôle le point de passage le plus étroit de ce détroit stratégique pour le commerce mondial mais aussi pour l’acheminement des hydrocarbures vers l’Europe. A partir de ce point il est non seulement possible de compliquer l’acheminement de matériels par l’Iran, mais surtout de renforcer les opérations de reconnaissance et de frappe sur les places fortes des Houthis localisées sur la zone montagneuse qui longe la Mer Rouge.

Redéploiement

Ce regain d’activité correspond au départ en février dernier des Emiratis de la base d’Assab en Erythrée, qui leur a permis dans un premier temps de se rapprocher des zones d’opérations au Yémen mais aussi de soutenir le gouvernement éthiopien dans le cadre de la guerre du Tigré par des opérations de drones armés au début du mois de novembre 2020. Toutefois la base d’Assab a également permis de faire transiter les 10 000 mercenaires soudanais envoyés ensuite sur le front yéménite. Il est encore trop tôt pour savoir si l’île de Périm remplacera Assab. Mais les EAU confirment ici leur intention de s’enraciner autour du détroit de Bab el Mandeb comme la France, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l’Iran, la Turquie, ou le Qatar. Ce passage stratégique est devenu un lieu de confrontation entre les grandes puissances militaires par l’intermédiaires des proxies locaux. Une situation qui risque de perdurer non seulement à l’est de la Mer Rouge, mais également à l’ouest avec la multiplication des conflits étatiques et intercommunautaires dans la corne de l’Afrique.

Coopération entre EAU et Israël

Le constructeur militaire émirati EDGE a conclu un protocole d’accord avec Israel Aerospace Industries (IAI), constructeur israélien de l’aérospatiale et l’aviation, pour développer un système anti-drones de pointe.

Les Emirats arabes unis affichent leurs ambitions dans la défense. 5 mois après la normalisation officielle des relations avec l’Etat hébreu, le pays va développer des systèmes anti-drones avec l’entreprise publique israélienne IAI, a annoncé le constructeur militaire EDGE. Les Emirats et Israël ont signé en septembre 2020 un accord négocié par les Etats-Unis pour établir des liens officiels, une première pour un pays du Golfe. Les deux pays ont depuis annoncé des initiatives de coopération dans divers domaines.

« EDGE a conclu aujourd’hui un protocole d’accord avec Israel Aerospace Industries (IAI), grand constructeur israélien de l’aérospatiale et l’aviation, pour développer un système anti-drones de pointe », a annoncé l’entreprise militaire des Emirats dans un communiqué. Selon cette société émiratie lancé fin 2019, les technologies développées par IAI, une société d’Etat israélienne spécialisée dans l’aérospatial civil et militaire, sont utilisées « dans le monde entier pour détecter, identifier et intercepter un large éventail de menaces ».

IAI et une autre entreprise israélienne, Rafael Advanced Defense Systems, avait signé l’année dernière un protocole d’entente avec la firme de technologie privée Group 42, basée à Abou Dhabi, afin de travailler sur la mise au point d’un test de dépistage du nouveau coronavirus. Les Palestiniens ont dénoncé comme une « trahison » les accords normalisant les liens entre les Emirats, mais aussi d’autres pays arabes, avec Israël. Le règlement du conflit israélo-palestinien avait été traditionnellement la condition sine qua non pour toute normalisation entre un pays arabe et Israël.

JForum – Sources diverses.

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