Dans le cadre de pourparlers civils, Israël et le Liban font face à l’emprise du Hezbollah.
Le diplomate Simon Karam, chrétien maronite et critique du Hezbollah, dirigeait l’équipe libanaise, une mission que les responsables israéliens ont qualifiée de percée.
Israël et le Liban ont entamé leurs premières discussions directes au niveau civil afin d’explorer d’éventuelles initiatives de coopération économique et autres, non liées à la campagne militaire en cours contre le Hezbollah.
Cela s’est reflété dans une rencontre à Naqoura, au Liban, au nord de la frontière israélienne et de Rosh Hanikra, entre une équipe dirigée par Uri Resnick, chef adjoint de la politique étrangère au Conseil national de sécurité israélien, et une délégation dirigée par Simon Karam, l’ancien ambassadeur du Liban aux États-Unis. Les pourparlers ont été menés sous la médiation de Morgan Ortagus, envoyée spéciale adjointe des États-Unis pour le Moyen-Orient, et comprenaient des représentants de Tsahal, des Forces armées libanaises et des Nations Unies.
Le bureau du Premier ministre à Jérusalem a indiqué que la réunion s’était déroulée dans une « atmosphère positive » et que les deux parties s’étaient entendues sur des « idées de coopération économique potentielle entre Israël et le Liban ». Israël a précisé que « le désarmement du Hezbollah est une condition essentielle, indépendante de tout progrès sur les questions économiques ». Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions.
Des déclarations antérieures décrivaient la rencontre comme une première tentative de jeter les bases d’une coopération économique et d’une future relation entre Israël et le Liban. Au-delà des discussions immédiates sur le suivi du cessez-le-feu, elle était présentée comme une étape initiale vers une normalisation progressive, même si des accords politiques concrets restent encore lointains. Le processus, selon les responsables israéliens, est désormais enclenché.
Ces contacts marquent un tournant important. Lors des négociations sur la frontière maritime des années précédentes, le Liban, sous la pression du Hezbollah, avait refusé d’envoyer des représentants civils, et les pourparlers s’étaient déroulés indirectement par l’intermédiaire des États-Unis et de la France, sous la direction d’officiers militaires.
Même alors, Beyrouth n’a participé aux négociations qu’après qu’Israël a accepté de céder la quasi-totalité de la zone maritime contestée. Le dialogue actuel au niveau civil témoigne du déclin de l’influence du Hezbollah sur la politique du gouvernement libanais.
Pour Israël, cela marque un tournant politique coordonné avec Washington et encouragé par celui-ci. Deux axes sont désormais menés séparément : la campagne contre le Hezbollah et les efforts pour démanteler son arsenal, et le processus politique avec le Liban.
Israël poursuivra ses frappes contre les cibles du Hezbollah, tandis que l’organisation s’efforce de se reconstruire et de se réarmer. Le gouvernement libanais, quant à lui, s’engage à désarmer le groupe terroriste, conformément à son projet. Parallèlement, Israël et le Liban mèneront des pourparlers au niveau civil. L’administration américaine a donné son feu vert à Israël pour la poursuite de ses opérations militaires contre le Hezbollah, tout en incitant Jérusalem à soutenir des initiatives visant à rapprocher le gouvernement libanais et le président Joseph Aoun de Washington et à faire progresser les mesures de confiance.
L’un des principaux axes de coopération qui devrait progresser est l’exploration du gaz naturel en Méditerranée orientale, notamment la sécurisation des gisements gaziers offshore et des voies maritimes empruntées par les pétroliers. La coopération agricole pourrait également être envisagée, ainsi que des mécanismes de supervision du retour des habitants au Sud-Liban. Nombre de ces personnes déplacées sont chrétiennes, et Israël perçoit leur retour comme une influence modératrice par rapport aux communautés chiites, dont beaucoup de membres ont soutenu le Hezbollah ou y ont appartenu.
Selon un responsable politique israélien, ce dialogue devrait jeter les bases de négociations plus larges entre Israël et le Liban sur tous les points en suspens, notamment la formalisation de la frontière terrestre et le règlement des différends largement alimentés par le Hezbollah. Ce responsable a toutefois souligné que tant que le Hezbollah restera actif, il sera extrêmement difficile de progresser sur des questions telles que le retrait de Tsahal de ses positions au Liban ou l’arrêt des frappes israéliennes contre ses membres et ses infrastructures.
Publié initialement par Israel Hayom .
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