Le partenariat russo-iranien dans la lutte contre Daesh et les « Takfiris »

On a assisté à un buzz croissant,récemment, autour de la coopération russo-iranienne, qui a soulevé une certaine perplexité sur le plan international.

Le 16 août a déployé des avions de combat sur une base aérienne iranienne, Hamedan, près de Shoushan. Ces avions ont bombardé des cibles des rebelles syriens et l’Etat Islamique durant quelques jours. Jusqu’alors, bien que Téhéran ait autorisé les forces aériennes russes (RAF) à survoler le territoire iranien et à tirer des missiles de croisière afin de frapper des cibles en Syrie, l’Iran n’avait jamais permis quel es forces de l’armée russe foule son sol du pied.

Le déploiement des bombardiers lourdes de la RAF à l’Ouest de l’Iran améliorait, sans aucun doute, les capacités opérationnelles de cette force aérienne, mais la signification majeure de cette action était cette démonstration de l’amélioration des relations irano-russes. Cela faisait suite à une année de rapports approfondis à la suite de l’étroite collaboration entre les deux Etats dans la guerre syrienne.

Cependant, Téhéran a brusquement fait marche arrière, à propos de ce déploiement pour des raisons, sans doute, d’amour-propre, qui sont demeurées peu claires.

Téhéran a montré son mécontentement apparent, quant à la façon condescendante par laquelle le Kremlin a rendu public ce déploiement de la RAF en Iran. Par conséquent, il y a eu des rapports disant que des pressions ont pu être exercées sur les deux pays : d’un côté, de la part des Etats-Unis, concernant l’aisance que semblait prendre cette relation rapprochée entre Moscou et Téhéran et d’autre part, en provenance d’Arabie Saoudite, également très perturbée par ces nouvelles relations très étroites et par les exhibitions de muscles de la part de l'(Iran dans la région. Il existe bien d’autres raisons possibles et parmi elles les possibles conflits d’intérêts sur la question de la Syrie.

Historiquement, Moscou et Téhéran ot fait l’expérience de générations de relations tendues, cependant, à la suite de la révolution de Khomeini, ils ont soudain trouvé un langage commun. Ce duo a formé une coalition conjointe afin de maintenir et de restaurer le régime Assad en train de s’écrouler. Ce partenariat leur a permis de prolonger leurs intérêts stratégiques communs : battre l’Etat Islamique, qui pose également une menace à terme pour la Russie, et travailler à la création d’un nouvel ordre dans la région susceptible de convenir à tous les deux.

Cependant, ce dernier objectif laisse aussi entrouvertes de possibles zones de confrontations entre eux. En fait, chaque camp perçoit l’objectif ultime sous un jour très différent. Téhéran vise à réaliser une ère d’influence iranienne, tout en excluant d’autres acteurs (et parmi eux la Russie).

Moscou, d’un autre côté, est actif en Syrie pour promouvoir ses objectifs globaux et vise à instaurer un poste avancé régional, à l’exclusion de l’Occident. En définitive, cependant, la Russie a intérêt à trouver une entente avec cet Occident. Le renforcement excessif de l’Iran n’est pas dans l’intérêt de la Russie, pas plus que Moscou n’est tout à fait convaincu que Téhéran puisse faire un partenaire fiable.

En ce qui concerne Israël, on doit se rappeler que le partenaire de l’Iran en Syrie n’est autre que son supplétif, le Hezbollah, la milice chiite libanaise et que l’un de ses objectifs est de fomenter une ligne de tension et de terrorisme permanent à la frontière avec Israël.

D’autre part, il y a une forme d’entente entre Israël et la Russie, qui offre à l’Etat hébreu sa liberté d’actions contre les menaces émanant du théâtre de guerre syrien. La divergence d’attitudes entre l’Iran et la Russie peut constituer un point de désaccord fondamental entre les deux pays, à terme [Une fois un certain « ordre provisoire » restauré en Syrie].

On doit encore souligner que les représentants du Président russe Vladimir Poutine ont récemment rencontré la hiérarchie iranienne afin de coordonner les efforts conjoints et qu’il est prévu que Poutine lui-même se rende en voyage à Téhéran en novembre. Un nouveau contrat d’armements russes doit être signé, à la suite du déploiement des missiles stratégiques S-300, après des années de report de l’exécution du contrat [et à la suite de la signature de l’accord nucléaire d’Obama].

Malgré de réelles zones de discorde entre la Russie et l’Iran, des intérêts conjoints significatifs demeurent et il est probable qu’au moins dans le court et moyen termes, ces deux pays continueront à coopérer en Syrie et dans le reste du Moyen-Orient.

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***

Zvi Magen est chercheur principal à l’Institut d’Etudes sur la Sécurité Nationale lié à l’Université de Tel Aviv et il est ancien ambassadeur  d’Israël en Russie.

Cet article a d’abord été publié published sur le site internet du Forum de Diplomatie Publique Israélienne : ipdforum.org

IsraelDefense | 13/09/2016

israeldefense.co.il

Adaptation : Marc Brzustowski

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5 Commentaires
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ARI

cela ne semble pas bon pour Israel; l’iran est solidement armé,et avec la Russie qui possède
actuellement des interets similaires, les USA qui ont perdu pied au proche orient,
il faut qu’Israel maintienne son avantage militaire et le gonfle au maximum!

JACQUES

Et HACHEM ?……… Ne l’oubliez pas ………..ce serait dommage pour vous et tous ceux qui ne croit qu’en l’aide des usa.

JACQUES

Et HACHEM ?……… Ne l’oubliez pas ………..ce serait dommage pour vous et tous ceux qui ne croient qu’en l’aide des usa.

Michael Freiberg

Etrange abreviation de l’aviation russe as RAF. RAF is already widely used for the british air force: RAF = Royal Air Force