Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy and his wife Olena visit a monument for Holodomor victims during a commemoration ceremony marking the 88th anniversary of the Great Famine of 1932-33, in which millions died of hunger, in Kyiv, Ukraine, Saturday Nov. 27, 2021. Church bells tolled, candles flickered and national flags, adorned with black ribbons, flew in the Ukrainian capital Kyiv Saturday as the country marked the anniversary of the start of a Soviet-era famine.(Ukrainian Presidential Press Office via AP)

Herzog souligne l’importance de célébrer Holodomor – sans utiliser le mot « génocide »

Le président israélien a écrit à Zelensky alors que l’Ukraine commémore la grande famine infligée par l’Union soviétique de Staline qui avait fait des millions de victimes.

Le président Isaac Herzog a indiqué qu’il était important de conserver vivante la mémoire de l’Holodomor alors que les Ukrainiens ont commémoré, samedi, cette grande famine qui avait entraîné la mort de millions de personnes en 1932-1933 – une famine qui avait été orchestrée par le régime stalinien.

Dans un courrier envoyé vendredi au président ukrainien Volodymyr Zelensky et qui a été initialement évoqué par le site d’information Walla, Herzog a indiqué que le monde tout entier devait tirer les leçons de l’Holodomor alors que l’Ukraine pourrait, à la veille de l’hiver, encore une fois affronter la faim dans sa guerre contre la Russie.

« C’est important de se souvenir des victimes de l’Holodomor, et je me souviens avoir été moi-même bouleversé lorsque je suis allé déposer une gerbe, il y a un an, sur le site de commémoration établi en hommage à tous ceux qui avaient péri », a écrit Herzog.

« Ce souvenir est un rappel brutal de l’importance vitale de la lutte contre la faim, et de l’importance de notre union à tous pour garantir la sécurité alimentaire car nous ne devons jamais oublier que ce sont les innocents qui subissent les conséquences les plus dures du manque d’approvisionnement alimentaire », a-t-il dit.

La journée de commémoration de l’Holodomor – le nom donné à cette famine par les Ukrainiens – tombe, dans le pays, le dernier samedi du mois de novembre.

L’Holodomor — un terme qui signifie en Ukrainien « l’extermination par la faim » – est considérée par Kiev comme un acte délibéré de génocide de la part du régime de Staline, qui avait ainsi l’intention d’éradiquer tout le milieu paysan et rural du pays et d’écraser tout espoir d’indépendance.

La Russie, de son côté, rejette l’idée de désigner cette famine comme un génocide, affirmant qu’il n’y a aucune preuve attestant qu’elle ait été dirigée contre les Ukrainiens.

La lettre écrite par Herzog ne va pas aussi loin que d’autres pays – ou que le pape – qui ont qualifié l’Holodomor de génocide.

L’Allemagne va ainsi déclarer que l’Holodomor a été « un génocide », adoptant le langage utilisé par Kiev, selon un projet de texte auquel l’AFP a eu accès, vendredi.

Une décision conjointe prise par les députés de la coalition allemande, dirigée par le centre-gauche, et les conservateurs de l’opposition qui doit aussi servir « d’avertissement » lancé à la Russie alors que l’Ukraine risque de connaître une crise de l’approvisionnement alimentaire pendant l’hiver, dans le contexte de l’invasion russe du territoire.

Le Pape François a lui-même évoqué ce crime et utilisé le terme de « génocide ». « Nous prions pour les victimes de ce génocide et pour tant d’Ukrainiens, enfants, femmes et personnes âgées, bébés, qui souffrent aujourd’hui du martyre de l’agression », a lancé le souverain pontife depuis le Vatican, mercredi.

De leur côté, les députés roumains ont approuvé une résolution, le même jour, qui reconnaissait « l’Holodomor comme crime commis contre le peuple ukrainien et comme crime contre l’Humanité ».

Le sénat irlandais a présenté une motion, jeudi, visant à reconnaître l’Holodomor comme « un génocide à l’encontre du peuple ukrainien ».

L’Holodomor a depuis longtemps été à l’origine d’hostilités entre Ukraine et Moscou.

Le Kremlin rejette le narratif avancé par Kiev, en plaçant les événements dans le contexte des famines qui avaient dévasté, ces années-là, les régions d’Asie centrale et de Russie.

La lettre adressée par Herzog à Zelensky a été écrite au lendemain d’un entretien entre les deux hommes. Le leader ukrainien a déploré la situation énergétique difficile à la veille de l’arrivée de l’hiver, et il a invité l’État juif a rejoindre un programme visant à acheter des céréales ukrainiennes pour les pays les plus nécessiteux.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche) et le président israélien Isaac Herzog passent en revue la garde d’honneur lors d’une cérémonie de bienvenue avant leur rencontre à Kiev, en Ukraine, le 5 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

Alors que ses forces essuient des revers sur le champ de bataille, la Russie a lancé des frappes dévastatrices sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine. La situation est d’autant plus dangereuse que la neige a commencé à tomber sur le pays et que les citoyens n’ont plus d’électricité pour se chauffer.

Dans un tweet publié après sa conversation avec Herzog, Zelensky a aussi noté qu’il avait invité Israël à rejoindre le programme « Grain d’Ukraine », où les pays achètent des céréales ukrainiennes pour les faire parvenir aux pays africains qui ont besoin d’une aide alimentaire urgente.

Un responsable israélien a indiqué au Times of Israel qu’il était trop tôt pour affirmer qu’Israël rejoindrait cette initiative.

Pendant la conversation de jeudi, Zelensky a présenté à Israël ses condoléances pour les victimes des attentats à la bombe coordonnés qui ont eu lieu mercredi à Jérusalem, soulignant la solidarité entre les populations israélienne et ukrainienne.

Il a aussi indiqué qu’il espérait que le nouveau gouvernement que tente de former actuellement Benjamin Netanyahu coopérera avec l’Ukraine.

Herzog a confié à Zelensky que les Israéliens voulaient la paix en Ukraine et qu’ils s’efforçaient d’apaiser les souffrances de la population de multiples manières, selon un compte-rendu de la discussion qui a été émis par le bureau du président.

Il a ajouté qu’Israël voulait conserver les canaux de communication ouverts sur les questions humanitaires, en particulier avec l’hiver qui s’approche.

Les liens de l’État juif avec l’Ukraine sont tendus depuis le début de la guerre. Tout en offrant une aide humanitaire et en faisant part de sa solidarité avec Kiev, Israël a conservé une politique stricte, refusant d’apporter une assistance militaire au pays envahi et refusant notamment de fournir des systèmes qui pourraient aider l’Ukraine à intercepter les missiles et les drones russes.

Les responsables israéliens évoquent régulièrement la nécessité stratégique de conserver une totale liberté d’action en Syrie, dont l’espace aérien est largement contrôlé par la Russie, dans le cadre des efforts livrés par l’État juif visant à empêcher l’Iran de s’ancrer à sa porte.

Les demandes de Kiev portant sur des systèmes de défense antiaériens – et ses critiques publiques de l’État juif, suite à son refus d’en fournir – sont devenues plus fortes ces dernières semaines alors que des drones fabriqués en Iran jouent un rôle de plus en plus central dans les frappes aériennes de Moscou contre les villes et contre les infrastructures ukrainiennes.

La semaine dernière, l’envoyé ukrainien en Israël a condamné avec force les restrictions placées sur l’entrée des Ukrainiens au sein de l’État juif pendant une rencontre au ministère des Affaires étrangères.

Dans un post publié sur Facebook après une réunion avec d’éminents diplomates israéliens, Yevgen Korniychuk a fait savoir qu’il avait « relayé l’indignation des Ukrainiens concernant la pratique inflexible de refus de l’entrée des citoyens ukrainiens sur le territoire de l’État d’Israël, sans justification ».

Il est difficile de dire si Netanyahu changera de politique dans la prise en charge politique et diplomatique de cette guerre s’il doit revenir au pouvoir, comme prévu.

S’il a critiqué la coalition sortante de manière mordante pendant tout son passage au pouvoir, Netanyahu a toutefois salué l’approche « prudente » adoptée par le gouvernement sur la question ukrainienne au cours d’un entretien accordé le mois dernier, soulignant l’intégration des réfugiés venus dans le pays et les autres initiatives humanitaires qui ont été entreprises tout en s’abstenant de fournir des armes.

Zelensky s’est entretenu, la semaine dernière, avec Netanyahu et il a indiqué que le prochain probable Premier ministre avait accepté de réfléchir à fournir des systèmes de défense antiaérienne à l’Ukraine.

Source : r.timesofisrael.com Lazar Berman a contribué à la rédaction de cet article.

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