FIFA : le Qatar pourrait perdre la Coupe du monde 2022

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Fifa: “Le Qatar pourrait perdre l’organisation de la Coupe du monde 2022”

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Le président de la Fifa Joseph Blatter à Vienne le 24 mars 2015 pour le congrès de l’UEFA. afp.com  

 

Thierry Granturco est avocat aux Barreaux de Paris et de Bruxelles, spécialiste du droit du sport. Expert juridique auprès de la Commission européenne et de l’ONU, c’est également l’ancien président du FC Rouen. Il revient sur les interpellations des cadres de la FIFA.

Pourquoi le président de la Fifa Sepp Blatter n’est-il-pas, pour l’instant, impliqué dans l’enquête?

Sepp Blatter a quand même du souci à se faire. A priori c’est vrai qu’il n’est pas concerné, sinon il aurait été interpellé ce matin par la FBI. Mais même si, pour l’instant, il n’y a pas d’éléments probants contre lui, on peut supposer que les enquêteurs savent ce qu’ils font. L’investigation est en cours, donc il est difficile de se prononcer, mais les enquêteurs ne s’arrêteront pas là. Ils vont sûrement essayer de mettre la pression aux personnes appréhendées pour essayer de remonter jusqu’à Sepp Blatter

Est-ce que ces interpellations peuvent lui coûter l’élection à la présidence de la FIFA de vendredi, dans laquelle sa candidature était déjà contestée?

C’est sans doute le but recherché en tout cas. Le timing de ces interpellations n’est certainement pas anodin. Qu’elles aient lieu la semaine de l’élection du président de la FIFA, c’est tout sauf un hasard. Le rapport qu’avait commandé la FIFA suite aux attributions polémiques des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar date de 2010. Cinq ans d’enquête qui aboutiraient deux jours avant les élections? On peut effectivement se demander si les enquêteurs ne veulent pas que Blatter retire sa candidature, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Les différentes délégations nationales jouent également un rôle dans cette affaire. Ces interpellations peuvent également être vues comme un moyen de mettre la pression sur ceux qui se demandaient si, par défaut, il ne fallait pas voter Blatter. 

Est-ce que ce scandale pourrait aller jusqu’à remettre en cause l’attribution déjà contestée de la Coupe du monde 2022 au Qatar?

C’est une bonne question. A terme on pourrait y arriver, oui. Si les actes de corruption sont avérés au cours de l’enquête, la procédure qui a mené à l’acceptation de la candidatue qatarie serait viciée. Il faudrait alors repasser à un vote. C’est le même cas de figure que lorsqu’on découvre un scandale de corruption dans l’attribution d’un marché public: l’appel d’offre est repassé.  

Il est vrai que les réglèments de la FIFA sont assez flous, ce cas de figure (corruption, ndlr) n’est pas prévu. Mais l’interprétation des règles de la FIFA peut parfaitement permettre de procéder à un nouveau vote. Juridiquement et pratiquement c’est possible. 2022 c’est dans 7 ans, il y a encore le temps. Par contre pour la Coupe du monde 2018 en Russie, cela risque d’être plus compliqué. Quoiqu’il en soit, il faudra une intervention des pouvoirs publics français, jusqu’ici relativement discrets. Le tweet de Thierry Braillard, le secrétaire d’Etat aux sports, sur la “tolérance zéro” doit être suivi d’effet.  

 

Même la Fédération Française de Football a brillé par son silence ces derniers mois, alors que les autres fédérations européennes n’hésitaient pas à publiquement protester contre la corruption soupçonnée de la FIFA. 

Source : lexpress.fr

 

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Football – FIFA : le poison du Mondial-2022 au Qatar

 

Quel qu’il soit, le président élu à la Fifa vendredi, le sortant Joseph Blatter où son challenger le Prince Ali, sait qu’un dossier occupera l’agenda de son instance: le Mondial-2022 au Qatar, entaché de soupçons de corruption et qui défraie la chronique.

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La maquette de l’un des stades de la Coupe du monde au Qatar. - AFP PHOTO/KARIM JAAFAR</p><br /><br />
<p>AFP<br /><br /><br />

Le parquet suisse a ouvert une procédure pénale contre X pour soupçon «de blanchiment d’argent et gestion déloyale» entourant les attributions des Coupes du monde de football de 2018 (Russie) et 2022 (Qatar) et a saisi mercredi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich.

Cette procédure pénale est ouverte depuis le 10 mars 2015 — non révélée jusqu’à ce jour et prenant chair le jour où plusieurs responsables de la Fifa sont interpellés à leur hôtel dans un dossier distinct de corruption — a été initiée par la Fifa elle même. L’instance, «partie lésée» selon elle, a en effet porté plainte le 18 novembre dernier auprès du ministère public suisse en raison de «soupçons» semblant «peser sur des transferts internationaux de patrimoine avec comme point de contact la Suisse», dans le cadre de l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022.

Polémiques sans fin

Cette Coupe du monde au Qatar, plus que celle attribuée le même jour à la Russie, est mal née. Le 2 décembre 2010, à peine l’organisation du Mondial-2022 est-elle confiée à cet heureux élu que Barack Obama, président des Etats-Unis, battus au 4e tour de scrutin par le riche émirat gazier déclare: «C’est une mauvaise décision».

Les soupçons de corruption vont alors pleuvoir. L’auteur d’un rapport sur la question, l’ancien procureur fédéral américain Michael Garcia, finira par démissionner, accusant la Fifa d’en faire une lecture erronée. Blatter a récemment redit que la publication aurait lieu quand «tous les cas individuels auront été réglés». Michel Platini, président de l’UEFA, pensait le 24 mars qu’il serait «publié après les élections à la Fifa», ajoutant toutefois: «Mais est-ce que ce sera +LE+ rapport Garcia ? Je ne suis pas sûr… Ca pourrait être +UN+ rapport Garcia… Vous savez mieux que moi comment ça se passe…»

La condition des travailleurs sur les chantiers suscite aussi des remous. Amnesty accuse ainsi le Qatar d’avoir failli à sa promesse, faite en 2014, d’introduire des réformes dans des domaines cruciaux comme le système de parrainage dit «Kafala» qui met l’employé à la merci de son employeur. La Fifa assure qu’elle continuera «d’exhorter les autorités qataries à abolir la Kafala».

Premier Mondial en hiver

Puisque les températures en été peuvent atteindre jusqu’à 50°, le calendrier international sera bouleversé, et, c’est une révolution, le Mondial deviendra en 2022 un sport d’hiver au lieu des traditionnelles dates estivales de juin et juillet.

Si la date de la finale du Mondial-2022 est désormais connue, le dimanche 18 décembre, jour de la fête nationale dans cet Émirat du Golfe, reste à en définir la durée exacte. Ce sera en principe 28 jours avec un coup d’envoi théorique le 21 novembre, mais cela dépendra du nombre de stades — 8 pour le moment — utilisés. Un groupe de travail va étudier un remodelage du calendrier international. En automne 2015, un calendrier plus précis devrait être ébauché. Platini avait milité dès le départ pour un Mondial-2022 en hiver et l’UEFA voit donc ces dates d’un bon oeil. Pas l’Association des ligues européennes (EPFL), présidée par Frédéric Thiriez, qui se dit prête à attaquer la Fifa en justice en raison des «dommages» sportifs et financiers générés, selon elle, par la décision de jouer en hiver.

Le vote confié au Congrès

Le fait d’attribuer deux coupes du monde le même jour (2022 au Qatar et 2018 à la Russie) et les suspicions qui ont déferlé ensuite sur le vote du comité exécutif (gouvernement mondial du foot, actuellement de 28 membres) ont conduit à changer le processus de décision. Il reviendra désormais aux membres du Congrès (soit les 209 fédérations affiliées à la Fifa) de désigner le pays hôte d’une Coupe du monde. La première désignation sous ce nouveau format, pour le Mondial-2026 se fera ainsi au prochain Congrès de la Fifa à Kuala Lumpur le 10 mai 2017.

PUBLIÉ LE 27/05/2015

La Voix du Nord

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