Fauda, série israélienne, numéro un au Liban
La nouvelle saison de Fauda, diffusée depuis le 8 septembre sur Netflix, s’impose comme un phénomène mondial, mais son succès au Liban retient particulièrement l’attention. Classée numéro un dans ce pays, en état de guerre avec Israël depuis 1948, la série dépasse les clivages politiques et culturels. Ce succès s’étend à neuf autres pays arabes, où Fauda figure régulièrement dans le top 10, malgré des relations variées avec Israël. Cette popularité souligne une curiosité et un intérêt persistants pour une production israélienne, même dans des contextes de fortes tensions régionales.
Fauda, créée par Lior Raz et Avi Issacharoff, met en scène une unité israélienne antiterroriste et s’inspire de faits réels. La série est saluée pour sa représentation nuancée des personnages palestiniens, notamment la figure du Dr Shirin, une médecin de Cisjordanie. La cinquième saison, la dernière, intègre des épisodes retraçant les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas, un événement marquant qui a profondément marqué la société israélienne. Cette approche, centrée sur le point de vue israélien, n’a pas empêché une audience arabe importante, qui suit la série avec un regard critique et engagé.
L’accueil critique en Arabie et au Liban reflète cette complexité. Un critique libanais souligne que Fauda gagne en profondeur lorsqu’elle suspend l’action pour explorer le silence et les conséquences humaines des conflits. Il note également les limites narratives de la série, qui tente de combiner action, drame psychologique et commentaire politique. La question centrale demeure : qui détient la légitimité pour raconter cette histoire et définir les rôles de victimes et de bourreaux ? Ce débat est au cœur des discussions suscitées par la série dans ces pays.
En dépit des vagues de rejet du sionisme et d’Israël dans plusieurs régions, la série Fauda parvient à franchir les barrières idéologiques et à capter l’attention d’un public arabe large et diversifié. Ce phénomène illustre une forme de dialogue indirect, par le biais de la fiction, sur des sujets sensibles et douloureux. Il reste à observer comment cette réception influencera les perceptions mutuelles et les débats sur le conflit israélo-palestinien dans les mois à venir.
Fauda confirme ainsi son statut de série emblématique, capable de susciter réflexion et controverse au-delà des frontières et des antagonismes politiques. Son succès dans le monde arabe, notamment au Liban, témoigne d’une complexité des regards portés sur le conflit, où la fiction devient un espace d’exploration des réalités humaines et politiques.
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