A son tour Yair Golan poursuit Sara Netanyahu en diffamation
Yair Golan, ancien chef de faction des Démocrates et ex-adjoint du chef d’état-major de l’armée israélienne, a déposé une plainte en diffamation contre Sara Netanyahu, épouse du Premier ministre, réclamant 2,55 millions de shekels de dommages et intérêts. Cette action judiciaire, engagée devant le tribunal de district central de Lod, fait suite à une interview diffusée le 31 août sur Channel 14, où Sara Netanyahu a laissé entendre que Golan aurait été présent tôt le matin du 7 octobre, avant le déclenchement de l’attaque du Hamas, insinuant qu’il aurait eu connaissance préalable de l’assaut.
Dans cette interview, Sara Netanyahu a interrogé la présence matinale de Golan dans le sud d’Israël, soulignant qu’en tant qu’officier de haut rang, il était déjà préparé avant même que le Premier ministre ne soit informé. Elle a ajouté une nuance sarcastique, évoquant ceux qui n’auraient pas alerté rapidement le gouvernement. Golan conteste fermement cette interprétation, estimant que les propos de Sara Netanyahu suggèrent qu’il aurait non seulement ignoré une menace imminente mais aussi potentiellement trahi le pays. La plainte souligne également que l’épouse du Premier ministre a mis en doute les efforts de sauvetage documentés de Golan en disant qu’il « revendique » avoir combattu ce jour-là.
Sara Netanyahu a rejeté ces accusations, affirmant que ses propos ont été déformés et qu’elle ne faisait que critiquer ceux qui, selon elle, ont failli à leur devoir d’alerte. Elle a nié toute théorie de conspiration ou d’allégeance douteuse, rappelant qu’elle s’était explicitement distancée de telles allégations lors de l’interview. Le parti Likud a également confirmé que Sara Netanyahu n’avait jamais évoqué de complot. De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié les événements du 7 octobre de « faillite » et non de trahison, soulignant une erreur de gestion plutôt qu’un acte délibéré.
Le tribunal devra trancher sur la manière dont un spectateur raisonnable aurait perçu les propos de Sara Netanyahu dans leur ensemble, et non sur les interprétations des parties. Cette affaire met en lumière les tensions politiques et personnelles exacerbées par la crise sécuritaire majeure que traverse Israël depuis l’attaque du Hamas. Elle soulève aussi des questions sur la responsabilité des hauts responsables militaires et civils dans la gestion de la sécurité nationale, ainsi que sur les limites de la liberté d’expression dans un contexte aussi sensible.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un climat politique tendu, où chaque mot et chaque geste sont scrutés à la loupe. Le verdict pourrait avoir des répercussions sur la réputation de figures clés dans le débat public israélien, tout en reflétant la profonde fracture provoquée par cette attaque meurtrière. Au-delà de l’aspect personnel, cette affaire illustre la difficulté de concilier mémoire, responsabilité et justice dans un pays confronté à des menaces terroristes récurrentes.
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