l’ancien présentateur de Fox News, Tucker Carlson

Est-ce que Jeffrey Epstein travaillait pour le Mossad ?
Carlson relance l’affaire Epstein

Lors d’une récente intervention publique, l’ancien présentateur de Fox News, Tucker Carlson, a relancé une des théories les plus sulfureuses de ces dernières années : l’idée que Jeffrey Epstein, le financier américain accusé de trafic sexuel de mineures, aurait agi comme agent au service d’un gouvernement étranger — possiblement Israël. S’exprimant lors d’une conférence organisée par Turning Point USA, Carlson a ouvertement mis en cause les services de renseignement israéliens, évoquant une possible opération de chantage menée à l’échelle internationale.

Carlson, figure emblématique de la droite américaine et désormais influent en dehors des circuits médiatiques traditionnels, a suggéré que les zones d’ombre autour de la fortune d’Epstein, de son réseau et de sa mort en prison en 2019, pourraient être mieux comprises si l’on envisageait son rôle comme celui d’un agent secret. « Il est évident pour quiconque observe avec un minimum d’attention qu’il travaillait pour un gouvernement étranger », a-t-il déclaré, sous les applaudissements d’un public acquis à sa cause.

Il a même précisé qu’il soupçonnait le Mossad, les services secrets israéliens, d’être derrière les activités d’Epstein, tout en se défendant de toute intention antisémite. « Ce n’est ni haineux, ni anti-israélien de poser cette question », a-t-il insisté, affirmant que le débat avait été verrouillé par un climat d’intimidation intellectuelle. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un « lavage de cerveau » empêchant tout questionnement sur l’implication éventuelle de puissances étrangères dans des scandales majeurs aux États-Unis.

Cette prise de position intervient alors que l’administration Trump a récemment refusé de rendre publics les dossiers liés à l’enquête Epstein, y compris la supposée « liste de clients » du réseau du financier. Une décision qui alimente la frustration de certains courants conservateurs et qui donne du grain à moudre à ceux qui affirment que des membres de « l’élite mondiale » sont protégés par des institutions comme le FBI ou le ministère de la Justice.

Carlson a souligné la rapidité avec laquelle Epstein est passé d’un simple professeur de mathématiques sans diplôme à un multimillionnaire possédant jets privés, îles paradisiaques et hôtels particuliers. « D’où venait tout cet argent ? Pour qui travaillait-il ? », a-t-il lancé à la foule.

Il a également pointé du doigt l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, qu’il accuse d’avoir fréquenté Epstein à plusieurs reprises entre 2013 et 2017. Barak n’est pas le seul responsable cité dans cette affaire : Bill Clinton, Donald Trump, le prince Andrew, ou encore Tony Blair ont tous été mentionnés dans les documents judiciaires relatifs à Epstein, bien que la nature exacte de leurs liens demeure sujette à interprétation.

Dans un registre plus polémique, Carlson a aussi exprimé son avis sur les binationaux servant dans des armées étrangères. Selon lui, les Américains qui s’engagent dans des forces comme Tsahal (l’armée israélienne) ou dans les rangs de l’armée ukrainienne devraient automatiquement perdre leur nationalité américaine. Il a évoqué un principe de loyauté exclusive à un seul pays, reprenant une citation biblique : « On ne peut pas servir deux maîtres ».

Cette sortie faisait écho à sa critique du représentant Brian Mast, vétéran américain ayant brièvement porté un uniforme de Tsahal au Congrès en janvier 2025, en signe de solidarité avec Israël après l’attaque sanglante du Hamas en octobre 2023. Mast, double amputé après son service en Afghanistan, avait aidé comme bénévole dans une base logistique en Israël. Un geste qui, pour Carlson, symbolise une dérive inacceptable en matière de loyauté nationale.

En toile de fond, Carlson s’inscrit dans un mouvement plus large d’Américains de droite contestant l’influence étrangère – réelle ou supposée – sur les institutions américaines. En liant Epstein au Mossad sans apporter de preuves tangibles, il jette une nouvelle lumière sur une affaire déjà extrêmement controversée.

S’il n’est pas le premier à évoquer une éventuelle connexion entre Epstein et des services de renseignement, Tucker Carlson en amplifie la portée médiatique à travers un discours calibré pour galvaniser son auditoire. Il affirme que le public américain a le droit de savoir, que les questions qu’il pose sont légitimes, et que les élites politiques et médiatiques cherchent à étouffer la vérité.

Reste que cette position s’inscrit dans un climat de méfiance extrême, où les frontières entre faits, hypothèses et désinformation sont de plus en plus poreuses. L’affaire Epstein, encore largement non élucidée, demeure un terrain fertile pour les théories les plus diverses — au risque, parfois, de franchir la ligne entre enquête citoyenne et dérive idéologique.

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