De l’hébreu aux langues juives

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1832

Le peuple Juif possède sa propre langue qui est l’Hébreu mais, lors de l’exil à Babylone, l’araméen qui était la langue courante à Babel s’est imposée puisqu’elle était la langue du pays où nous étions exilés et soumis ; à telle enseigne qu’au bout d’une génération le peuple juif ne comprenait plus la Torah en hébreu.

De manière à faciliter la compréhension des textes, Onkelos traduisit tout le Tanakh en araméen. C’est aussi parce que le peuple était exilé à Babylone que le Talmud est en araméen.

Après la destruction du deuxième Temple, lorsque l’entité du peuple explosa pour projeter ses membres partout dans le monde et dans toutes les directions, les communautés qui se trouvèrent disséminées en Afrique, en Asie, en Europe virent leur langage vernaculaire se modifier au contact de l’idiome local ce qui fit que les Juifs habitant désormais en Allemagne se mirent à s’exprimer en judéo-allemand, ceux d’Afrique du Nord en judéo-arabe, ceux d’Espagne le judéo-espagnol et ainsi de suite.

Ces langues vernaculaires ne subirent plus de modifications ni sur le plan lexicographique ni de la syntaxe.

Voyons un peu ces langues juives au-fur-et-à-mesure

LA HAKETIYA 

Le centre culturel de cette langue juive se situe dans ce qui est communément désigné par le “Maroc Espagnol’. Les Juifs habitant cette région ayant appartenu à l’Espagne utilisent cette langue qui permet à la langue espagnole d’être émaillée de termes hébraïques.

Les Juifs qui optèrent pour d’autres lieux d’habitation comme la région d’Oujda ou d’Oran emportèrent avec eux cet héritage linguistique. Parfois, cet idiome se mêla à des bribes de judéo arabe marocain et/ou algérien. L’écriture est celle du “koulmous” sorte d’écriture de Rashi avec quelques caractères déformés comme nous le verrons plus bas.

LE JUDEO-ARABE

Sous ce nom on désigne une langue écrite et parlée où se mélangent harmonieusement l’hébreu et l’arabe selon ses variantes : arabe marocain ou algérien, arabe tunisien ou lybien la langue de chacun de ces pays comportant des différences lexicographiques. De même qu’il existe des sortes de patois judéo persan ou judéo yéménite.

LE JUDEO-ESPAGNOL / DJUDEZMO / LADINO

Lorsque les Juifs prirent la fuite d’Espagne au lendemain des interdictions de vivre en tant que Juif en Espagne, les Juifs se dirigèrent vers la France (région aquitaine puis vers le Nord : Angleterre et Pays-Bas) ou vers la Provence et l’Italie oui vers le Sud : l’Afrique du Nord –Maroc, Algérie, Tunisie- puis égrenèrent sur le chemin vers la Turquie, la Grèce, jusqu’en Yougoslavie.

Ces Juifs, parlaient un espagnol datant du XVème siècle avec son orthographe et sa syntaxe tout en ayant introduit des mots ou expressions hébraïques. Bien que souvent le public désigne cette langue archaïque comme du “LADINO”, le Professeur Hayim Vidal Sephiha qui fut le premier à obtenir une chaire de judéo espagnol à l’Université de la Sorbonne, donna une définition très claire de chacun des termes :

DJUDEZMO : langue parlée par les Juifs Séfarades en Turquie et sur le bord des côtes méditerranéennes jusqu’en Bulgarie (Turquie, Grèce, Albanie, Macédoine, Monténégro, Bosnie, Croatie, Moldavie…..).

LADINO : désigne plutôt la langue qui servit à traduire les textes hébraïques en espagnol ancien. La littérature judéo-espagnole est riche en contes et sagesse populaires. En musique aussi, existent des disques de chants en judéo espagnol interprétés notamment par Yéhoram Gaon.

Il existe une haggada de Pessah avec tout le texte traduit en judéo-espagnol. Malheureusement, il existait en Israël un journal en “ladino” mais, la langue se perd et la parution du journal cessa faute de lecteurs.

Sur le plan de l’exégèse biblique un ouvrage très important écrit par le Rabbin Yaâkov Kouli et s’intitulant “Yalkout Méâm Loêz” fut traduit en partie en ladino.
LE JUDEO GAULOIS : Au temps de Rashi, il existait une langue juive dans laquelle avaient été introduits des termes de vieux-français.

LE YIDDISH

On désigne souvent le judéo-allemand comme étant du Yiddish. En réalité, Dans cette rubrique également il existe des variétés car les Juifs vivant en Allemagne, ou bien ceux de Pologne, et autres pays d’Europe centrale, ont introduit dans leur langage courant des mots provenant de la région dans laquelle ils ont évolué.

Les œuvres liturgiques, poétiques, halakhiques ou philosophiques se sont développées. Ainsi, en certaines occasions, ces pièces littéraires refont-elles surface comme pour signifier qu’elles existent toujours et restent le témoin d’une génération.

En Europe centrale, au long du XIXème siècle des écrivains et poètes écrivirent des romans, des poésies ou des pièces de théâtre (le théâtre en yiddish était très prisé en Europe et, plus tard aux abords de la deuxième guerre mondiale, ce théâtre s’exporta sur les scènes new- yorkaises en remportant un certain succès.

Parmi les auteurs yiddish connus nous citerons Sholem Aleikhem qui naquit en Ukraine en 1859 et mourut aux Etats-Unis en 1916. (auteur entre autres des pièces Tévié le laitier ou un violon sur le toit).

Shalom Yaâkov Abramovitch surnommé Mendelé Mokher Seforim ce qui signifie Mendel le vendeur de livres (le libraire) naquit en Biélarussie en 1836 et disparut en 1917 à Odessa.

Abraham Mapou qui naquit en Lituanie en 1807 et décéda à l’âge de 60 ans auteur du merveilleux roman “ahavat Tsion” (l’amour de Tsion).

Yéhouda Leib Gordon naquit en Lithuanie à Vilna en 1831 et mourut en 1892 à St Petersbourg en Russie. Il écrivit plusieurs œuvres à thèmes bibliques. Possédant un esprit très caustique et satirique il se rendit célèbre auprès d’un public qui n’était pas religieux avec un poème qu’il composa au sujet d’un guett (acte de divorce religieux) devant être remis à une femme séparée de son mari mais qui ne put lui être remis car le scribe qui avait calligraphié cet acte avait omis de tracer un petit trait sur une lettre “youd”. Ceci tournait en ridicule le métier rabbinique. Ce poème satirique s’intitule “kotso shel youd” (l’accent du youd).

 

Caroline Elisheva REBOUH

8 COMMENTS

  1. WIKIPEDIA « Les Juifs d’Arabie aux vie et viie siècles étaient si profondément intégrés économiquement, ethniquement et géographiquement dans la culture locale qu’ils doivent être considérés ethniquement et culturellement comme des Arabes7 ». À la veille de l’apparition de l’islam, dans le Hijaz, « on pouvait trouver des juifs dans toutes les sphères de la société arabe. Ils étaient marchands, bédouins, fermiers, poètes, artisans et guerriers. Ils vivaient dans des forteresses, en ville ou sous la tente dans le désert. Ils parlaient l’arabe classique, le judéo-arabe et l’araméen, et faisaient usage de locutions hébraïques8 ». « Les sources montrent clairement que l’on pouvait être juif tout en étant arabe et bédouin9 »

  2. Et le peuple noir dans toutes cette histoire celui là même qui est l’homme originel de qui est sorti toutes les autres races que vous êtes !!!!!!

  3. Je me suis arrêté de lire après la première affirmation. Onkelos et la traduction en araméen du Tanakh suite à l’exil babylonien de moins 722 et la nécessité de redonner aux Juifs l’accès au texte biblique car ils auraient oublié l’hébreu en une seule génération.
    Depuis la découverte des rouleaux de la Mer morte on sait que les Juifs écrivaient tout type de manuscrits essentiellement en hébreu de manière subsidiaire en araméen et rarement en grec. Et cela même au 1er siècle de l’air courante. D’autre part l’oeuvre de Onkelos date du IIème siècle, après la destruction du Second Temple et non 8/900 ans plus tôt.

  4. Nou ?
    Et avant…?
    Et après ?
    D’ou vient cette ecriture dite carrée, puisée en assur, et dite Hachourite ?
    C’est celle-là qui est ecrite dans le Rouleau Sacré.
    Et dans un quotidien…
    La suite…

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