La Corée du Nord affirme avoir tiré un nouveau type de missile balistique, réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

Photo prise le 29 novembre 2017 par l'agence nord-coréenne KCNA montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un en train de regarder le lancement du missile Hwasong-15
KCNA VIA KNS (KCNA via KNS/AFP)Photo prise le 29 novembre 2017 par l’agence nord-coréenne KCNA montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un en train de regarder le lancement du missile Hwasong-15

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra ce mercredi une réunion d’urgence à huis clos sur la Corée du Nord qui a affirmé avoir procédé mardi au tir « d’un nouveau type » de missile balistique à partir d’un sous-marin, augmentant fortement ses capacités militaires, ont indiqué à l’AFP des diplomates.

La session, qui se tiendra dans l’après-midi, a été demandée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis, a-t-on précisé de mêmes sources. La France s’est par la suite jointe à la demande de Londres et Washington pour la tenue d’une réunion en urgence, a indiqué un diplomate.

L’ambassadeur russe adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskiy, a de son côté mis en garde contre toute précipitation.

« Nous devons trouver plus d’informations » sur ce tir car les interprétations sur les événements en Corée du Nord ont « toujours été conflictuelles », a-t-il dit. Le tir « peut venir de n’importe où », a ajouté le diplomate russe.

Si le nouveau tir de missile balistique coréen est avéré, il permettrait à ce pays doté de l’arme nucléaire d’avoir une capacité de seconde frappe distincte de tirs de missiles venant de silos ou de véhicules terrestres.

L’arme est dotée de « nombreuses technologies avancées de contrôle et de guidage », selon l’agence de presse officielle coréenne KCNA, qui a précisé qu’il avait été tiré depuis le même navire que celui utilisé par le pays lors de son premier essai de missile balistique stratégique mer-sol (SLBM) il y a cinq ans.

i24NEWS – AFP 20 octobre 2021, 06:37

Corée du Nord : tir d’un missile balistique qui aurait été lancé depuis un sous-marin

Les Etats-Unis ainsi que la Corée du Sud et du Japon ont condamné ce tir qui pourrait donner de nouvelles capacités militaires à la Corée du Nord.

La Corée du Nord poursuit sa série de tests de missiles. Ce mardi, elle en a lancé un de type balistique, c’est-à-dire qui retombe uniquement avec les lois de la gravité selon une trajectoire préalablement établie pendant la phase de propulsion. Le tir de ce mardi aurait été effectué par un sous-marin, a annoncé l’armée sud-coréenne. Ceci permettrait à ce pays doté de l’arme nucléaire d’avoir une capacité de seconde frappe, soit autrement que depuis ses bases au sol.

Ce test pourrait constituer une avancée technologique considérable au moment où les deux Corées, toujours techniquement en guerre, semblent lancées dans une course à l’armement et que le dialogue Washington-Pyongyang, les capitales américaine et nord-coréenne, est à l’arrêt. « Le missile balistique à courte portée pourrait être un SLBM (NDLR : missile balistique stratégique mer-sol) tiré depuis Sinpo, vers la mer, à l’est de la péninsule, selon un communiqué des chefs d’état-major sud-coréens. Sinpo est une ville portuaire de l’Est du pays qui compte un important chantier naval. Des images satellites y ont auparavant montré la présence de sous-marins. « Les services de renseignement sud-coréens et américains procèdent à une analyse minutieuse afin d’obtenir des détails supplémentaires », selon le communiqué.

Un développement militaire en violation des sanctions internationales

La question-clef sera de savoir si le missile a été tiré d’un sous-marin en activité ou bien d’une plateforme sous-marine ou d’une barge. S’il s’agit d’un sous-marin, cela signifierait une nouvelle étape pour l’arsenal nord-coréen avec la possibilité d’un déploiement bien au-delà de la péninsule coréenne et une capacité de seconde frappe en cas d’attaque sur ses bases militaires. Le missile a parcouru environ 590 kilomètres à une altitude maximale d’environ 60 kilomètres, a déclaré une source à l’AFP.

Washington, Séoul (Corée du Sud) et Tokyo (Japon) ont condamné ce lancement, affirmant qu’il s’agit d’un missile balistique. La Corée du Nord est frappée d’une série de sanctions par l’ONU (Organisation des Nations unies) car elle poursuit le développement d’armes nucléaires et de missiles balistique en contravention avec ses résolutions. Pyongyang développe actuellement un missile balistique lancé depuis un sous-marin (SLBM) et a procédé à deux lancements sous mer en 2016 et 2019. Mais le Pentagone, le ministère américain de la Défense, et des analystes estiment qu’ils ont été effectués depuis une plate-forme immergée.

La Corée du Nord « veut une dissuasion nucléaire plus résistante capable de faire chanter ses voisins et les Etats-Unis », estime Leif-Eric Easley, professeur d’études internationales à l’Université Ewha de Séoul. « Le SLBM nord-coréen est probablement loin d’être déployé de manière opérationnelle avec une tête nucléaire », pense-t-il, mais « Kim (Jong Un, le dirigeant nord-coréen) ne peut se permettre politiquement de sembler distancé dans une course aux armements régionale ».

L’argument d’une invasion américaine

En septembre, Séoul a testé son premier SLBM, devenant l’un des rares pays doté de cette technologie avancée, et a dévoilé un missile de croisière hypersonique. Pyongyang a, de son côté, effectué récemment plusieurs tests, notamment un missile à longue portée, une arme tirée depuis un train et un missile présenté comme hypersonique. La semaine dernière, une exposition consacrée à la défense a été l’occasion de présenter l’armement du pays, notamment un immense missile balistique intercontinental (ICBM), dévoilé l’an passé lors d’un défilé militaire. Pyongyang affirme avoir besoin d’un tel arsenal pour se défendre contre une éventuelle invasion américaine. Lors de cette exposition, Kim Jong Un a accusé les Etats-Unis d’être la « cause profonde » de l’instabilité dans la péninsule, estimant qu’il n’existe aucune raison « de croire qu’ils ne sont pas hostiles ».

Le Conseil national de la sécurité sud-coréen, réuni en urgence ce mardi, a exprimé son « profond regret » et exhorté Pyongyang à reprendre le dialogue. Le commandement indo-pacifique américain a condamné ce tir et a appelé Pyongyang à « s’abstenir de tout nouvel acte déstabilisateur ». Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a fait état de deux missiles balistiques tirés, qualifiant ce lancement de « très regrettable ».

Ce nouveau tir intervient alors que la directrice des services de renseignement américains, Avril Haines, est à Séoul pour participer à une réunion tripartite avec ses homologues sud-coréen et japonais sur la Corée du Nord, selon des médias. Il a été lancé au lendemain de l’appel au dialogue avec Pyongyang lancé par Sung Kim, représentant spécial du président américain Joe Biden pour la Corée du Nord.

Par Le Parisien avec AFP Le 19 octobre 2021 à 12h52

 

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