Conférence de Paris : problème mal posé, solution inadaptée ©

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Problématique mal posée….solution inadaptée

Cliquez sur l’image pour démarrer la vidéo : Claude Goasguen devant l’Ambassade d’Israël, lors de la Conférence “de la Paix” à Paris, sans les principaux protagonistes

Le 15 janvier 2015, la Conférence internationale sur le proche Orient tenue à Paris a adopté  les principes annoncés, à savoir le renouvellement de l’engagement en faveur de la solution à deux Etats, israélien et palestinien, vivant en paix aux côtés l’un de l’autre (outre le désaveu des responsables politiques qui s’y opposent), l’adoption des frontières de 1967 (en ce compris Jérusalem), la distinction entre les territoires de l’Etat d’Israël et les implantations situées sur les territoires occupés par Israël en 1967, et enfin la référence à la résolution 2234 qui condamne les activités de colonisation et d’incitation à la violence. Ces principes résultent d’une mauvaise définition de la relation entre palestiniens et israéliens qui entraîne, immanquablement, l’adoption de solutions inadaptées. En ne prenant pas en considération les volontés populaires exprimées ni l’enchainement des évènements historiques tels qu’ils se sont déroulés, les principes adoptés lors de la conférence sont, sans grande surprise, définitivement voués à l’échec.

Le point de départ de la solution imaginée à Paris consiste dans le postulat selon lequel les peuples juif et palestinien sont en guerre l’un contre l’autre pour des raisons territoriales. Il conviendrait donc de les réconcilier en trouvant « une côte mal taillée » sur la base des frontières « dites de 1967 », afin de ramener les frères ennemis à la raison. La solution proposée relèverait alors du bon sens, en attendant que les parties retrouvent leur esprit. En réalité, les initiateurs de la Conférence de Paris se fourvoient sur le point de départ de la réflexion, c’est ce qui est à l’origine d’une terrible méprise  sur les solutions trouvées.

Rappelons tout d’abord que le peuple palestinien n’est que le descendant des habitants qui vivaient dans la Palestine mandataire et qui se présentaient eux-mêmes comme les « arabes de Palestine » (c’est-à-dire une partie de la grande nation arabe, article 3 charte Olp). L’inconvénient de cette définition tenait à l’impossibilité pour eux d’invoquer le principe en vogue à l’époque, à savoir le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». La première Charte de l’Olp de 1964 qui s’est égarée en invoquant les « droits du peuple arabe de Palestine » sur le territoire de la puissance mandataire, s’est ravisée dans sa mouture de 1968, en évoquant désormais le « peuple arabe palestinien », c’est-à-dire un peuple individualisé sur la terre. Pour autant, il n’a jamais été question de paix avec les juifs mais juste de libérer la Palestine mandataire de toute présence juive. Faute de prendre en considération le fait que le peuple palestinien a été inventé pour des raisons de pure circonstance, et encore, en vue d’éradiquer l’entité sioniste, la Conférence se leurre sur l’issue.

Lorsqu’en 1986, les palestiniens de l’Olp étaient sur le point de renoncer au combat en admettant le principe d’un partage territorial, le Hamas s’est alors constitué en posant que la libération de la Palestine ne procédait pas de considérations nationales mais bien religieuses (article 6 charte Hamas : Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique qui fait allégeance à Dieu, fait de l’islam sa règle de vie et œuvre à planter l’étendard de Dieu sur toute parcelle de la Palestine). Aussi, et en oubliant que l’essence du peuple palestinien est de libérer la Palestine mandataire de toute présence juive, la Conférence de paris commet une erreur d’appréciation qui touche à l’essence même du peuple palestinien. D’ailleurs, si les palestiniens font la paix avec Israël, ils cessent d’être le peuple palestinien. Ils se rapprochent donc aujourd’hui de Daesch, faute de résultat du Hamas.

La seconde erreur commise par la Conférence de paris concerne les soit disant « frontières de 1967 ». En 1947, la résolution 181 de l’Onu envisageait le partage de la Palestine en trois zones : un Etat juif, un Etat arabe et Jérusalem dotée d’un régime spécial sous le contrôle de l’Onu. Or, les arabes de Palestine ont refusé ce plan de partage (comme l’ensemble des pays arabes), à l’origine de la guerre menée contre l’Etat juif le 15 mai 1948.

Les pays n’étant pas parvenus à détruire Israël, la Transjordanie a occupé la Cisjordanie en 1949 avant de l’annexer en 1950. La Cisjordanie devenait alors partie intégrante de la Jordanie. Aussi, lorsqu’Israël a occupé la Jordanie à la suite de la guerre de 6 jours, les frontières de 1967 n’étaient autres que les frontières jordaniennes, en ce compris la vieille ville de Jérusalem, annexée par Israël (même si cette annexion n’a jamais été reconnue). Les frontières de 1967, sont donc bien les frontières de la Jordanie qui avait refusé le plan de partage de 1947 et le caratère international de Jérusalem.

Si donc la Conférence de Paris reconnait l’annexion de la Cisjordanie par la Transjordanie (devenue Jordanie), elle doit tirer les conséquences de la renonciation par la Jordanie de sa partie occidentale (en anglais West bank) le 31 août 1988. Depuis cette date, la Jordanie n’est plus occupée t il n’y a plus de territoire occupés. Seul subsiste, le partage des prérogatives sur la Cisjordanie entre israéliens et palestiniens organisé pendant la période d’Oslo : Israël s’est vu confié la gestion et l’administration de la zone C, soit 60 % du territoire.

La Conférence de Paris occulte ces mutations géopolitiques et s’accroche aux frontières jordaniennes de 1967 qui ne sont plus celle de la Jordanie. Ce faisant, elle reconnait l’annexion du territoire par la Jordanie mais refuse de prendre en considération son désengagement, et la nature nouvelle des frontières de 1967.

La Conférence de Paris procède donc d’un raisonnement absurde laissant rétroactivement entendre que c’est la Palestine qui a été occupée en 1967 (sic), tout comme Jérusalem, devenue, par ce tour de passe-passe, palestinienne. Naturellement, d’un mensonge et d’une falsification de l’histoire, rien ne pourra sortir. Aussi, et pour contourner cet écueil, la Conférence de Paris a pudiquement confirmé que seules les négociations directes entre israéliens et palestiniens conduiront à la solution. Pour autant, la Conférence de Paris demande de s’abstenir de prendre des mesures préjugeant l’issue des négociations, alors que c’est elle seule qui y procède avec sa référence absurde aux frontières de 1967. Aucune solution n’émargera de problématiques géopolitiques mal posées.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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5 COMMENTS

  1. Je pense que la Conférence de Paris n’avait qu’un seul but, celui d’annuler la Conférence de 1928 qui s’est déroulée à Sanrémo au cours de laquelle les Alliés vainqueurs de la guerre de 1914-1918 avaient pris la Décision que la Palestine mandataire serait dévolue pour en faire un “Foyer national pour les Juifs” et cela sous mandat de l’ONU confié aux Britannique; mandat que les Britanniques ont dévoyé en attribuant d’emblée aux Arabes 72 % du territoire de la Palestine mandataire pour créer le Royaume de Jordanie; il ne restait donc plus que 28 % de ce territoire pour les Juifs; portion congrue qui s’est encore réduite comme une peau de chagrin lorsque l’ONU a décidé de donner aux Arabes la moitié de ce territoire en partageant les 28 % restants pour créer un Etat palestinien et heureusement qu’ils l’ont refusé; mais c’était déjà de la pure folie qui contenait déjà les germes du conflit que nous connaissons encore aujourd’hui !

  2. Je veux juste dire que les palestiniens ont décidé de porter plainte auprès du tribunal international de la Haye,
    afin de faire condamner les dirrigeants de Tashal pour crimes de guerre, comme le souligne ce salopard d’Errakat imah shemo.

    mais Israel n’a jamais voulu faire partie de ce tribunal qui comme vous devez le savoir, c’est une musulmane malienne qui en est la présidente.

    Je pense que comme nous ne pouvons pas arreter ces ignobles du hamas du hezbollah et du l’ A P pour les transferer à la haye, et de les emprisonner pour 100 ans, il est temp pour nous de les virer en jordanie qui est la vraie palestine à ce jour il y a 3 palestines!!!!

  3. Vous avez raison Danielle, d’ailleurs Hollande et Obama sont sincères, ils veulent une solution à 2 états……..palestiniens.
    Bravo BIBI de n’être pas venue dans cette conférence de con.

  4. Justement je me demande pourquoi Binyamin Nethanyou n’est pas venu dire haut et fort à tous ces adeptes de la paix que les Palestiniens sont des Transjordaniens ?
    Il faut rappeler que les territoires de 1967 ont été récupérés suite à une guerre que seuls les pays arabes ont provoquée.
    Moi je voudrai bien voir la France entourée de pays arabes au lieu d’avoir la Belgique, la Suisse, l’Italie, là elle penserait autrement !
    Rester dans le mutisme ne favorise rien !

    • Quand Binyamin Nethanyou a parlé des randonnées germanophiles du Muphti de Jerusalem, ça a été le tollé général, comme dit le provrbe ‘” faut pas parler aux cons, ça les instruit “.

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