Comment les jardins soignent notre psychisme !

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La culture des végétaux montre de réels bienfaits sur notre humeur et peuvent relancer notre appétit de vivre. Vous vous sentez déprimé ou proche du burn-out ?

55 % des Français interrogés se sentent «décontractés» et 26 % «totalement zen» lorsqu’ils passent du temps «au jardin». Et 87 % d’entre eux affirment que le lien avec la nature leur est «vital».

Allez donc visiter la maison de Monet à Giverny ou ramasser des fraises dans une ferme ouverte à la cueillette. De manière tout à fait spontanée, nous autres humains savons que les végétaux et les plantes nous font du bien, que les regarder, les toucher et, mieux, les cultiver peut revigorer notre humeur et relancer notre appétit de vivre.

Mais, très régulièrement, des sondages viennent confirmer cette intuition. Dans l’un des derniers en date, les enquêteurs en viennent même à parler de «jardinothérapie»: 55 % des Français interrogés se sentent en effet «décontractés» et 26 % «totalement zen» lorsqu’ils passent du temps «au jardin». Et 87 % d’entre eux affirment que le lien avec la nature leur est «vital».

Des jardins qui soignent...
Une impression partagée par notre collègue Marc Mennessier, journaliste et ingénieur agricole, responsable de la rubrique «jardin» du figaro.fr, dans laquelle il livre, chaque week-end, conseils et astuces pour des plantations «au top» (1). «Le contact avec les végétaux a toujours à voir avec la vie, estime-t-il. Et les accompagner au jour le jour, cela rend optimiste.

Grâce aux soins qu’on leur apporte, des fleurs éclosent, des fruits mûrissent. Quand je sème, je suis toujours émerveillé de voir, au bout de quelques jours, de minuscules plantules émerger de la terre nue: c’est comme une sorte d’enfantement! Bien sûr, il y a des déceptions, tout ne marche pas toujours comme on le voudrait: on encaisse de la grêle, une attaque parasitaire.

L’an dernier, comme beaucoup de jardiniers, j’ai perdu la moitié de mes tomates à cause du mildiou. Mais d’autres plantes ont formidablement marché. Il y a ainsi une sorte d’équilibre qui se crée.» Le jardinage vu comme une école de sagesse? Le spécialiste confirme: «Patience et humilité s’imposent et montrent concrètement leurs effets.»
«Promouvoir le bien-être»
Les jardins sont certainement des espaces d’apprentissage ou de repos psychique inégalés. Iraient-ils jusqu’à soigner? En tout cas, l’horticulture à but thérapeutique se répand. «Jardiner au quotidien atténue les différences sociales et économiques, renforce les relations de voisinage par les amitiés qui en résultent», estime le Dr Dominique Sauvage, pédopsychiatre et membre du Conseil scientifique santé de l’association Jardins et Santé. «L’horticulture à but thérapeutique, quant à elle, met en jeu des interactions personnes-plantes à un niveau plus intime.

Moins d’obésité chez les citadins jardiniers | Actualité sante-medecine.lefigaro.fr

Son premier objectif est de promouvoir le bien-être des patients, la production est un effet second. Le thérapeute travaille avec eux selon leur propre niveau de compétence et de besoins, il accorde les activités à leurs capacités mentales, qu’il cherche à optimiser.»
La blogueuse Isabelle Boucq, qui a rencontré l’horthicultural therapy («hortithérapie» en français) alors qu’elle vivait aux États-Unis et s’est, depuis, spécialisée dans ses différentes utilisations (cf. son blog, «Le bonheur est dans le jardin»), constate que dans les pays anglo-saxons de nombreux oncologues, infirmiers ou kinésithérapeutes intègrent ce support dans leurs prises en charge. «En France, ce n’est que très récemment que quelques pionniers s’y sont mis. Et aucune formation officielle n’existe encore», regrette-t-elle.
Pour les enfants autistes
Signe des temps, la Fondation Georges Truffaut, qui promeut l’usage du végétal comme lien pédagogique et social ou outil de réinsertion, vient de clore ces jours-ci un concours de «jardins thérapeutiques». Six gagnants – des élèves de terminale et BTS horticulture-paysages – verront leurs projets financés, qu’il s’agisse de concevoir un espace végétal dans un Ehpad ou auprès de patients cérébro-lésés.
De plus en plus de psychiatres et psychologues soutiennent ces initiatives. Le Pr David Cohen, qui dirige le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, évoque ainsi les apports de l’atelier «potager/fleurs» crée auprès de ses jeunes patients, notamment autistes: «Il y a un esthétisme dans le jardin et une fragilité qui rend la chose précieuse, observe-t-il.
Cela est très important pour nous, parce que les enfants que nous recevons ont souvent beaucoup de reproches à faire au monde des adultes, ils estiment que ceux-ci ne se sont pas bien occupés d’eux, de manière réelle ou fantasmée. Finalement ce que nous essayons de dire aux enfants, c’est que nous sommes là pour nous donner du temps avec eux, qu’ils sont comme cette plante fragile, et qu’ils peuvent donc progresser.» Auprès des plus jeunes, des seniors, des urbains stressés, des handicapés, des enseignants… les jardins n’ont certainement pas fini de porter leurs fruits.

LF

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