Le colonel iranien Karim Ghawabesh, des Gardiens de la Révolution, a été tué samedi, alors que le Hezbollah et les forces irano-syriennes s’efforcent de reprendre la ville-frontière stratégique de Zabadani.
BEYROUTH – Un colonel des Gardiens de la Révolution iranienne a été tué dans les combats persistants à Zabadani, en Syrie, alors que les pertes continuent de s’accumuler dans les rangs du Hezbollah et des forces qui soutiennent le régime d’Assad, qui s’efforcent de reprendre pied dans cette ville frontalière stratégique.
Ce sont les organes de presses iraniens qui ont révélé la mort de Karim Ghawabesh en Syrie, mais sans spécifier où il a perdu la vie, en prétendant qu’il était mort en « défendant Sayyeda Zeinab”, l’un des plus importants lieux saints du chiisme situé au sud de Damas.
Les sites favorables à l’opposition syrienne, pendant ce temps, ont affirmé que le Colonel Ghawabesh – qui combattait déjà avec les Gardiens de la Révolution dans la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 – s’est fait tué à Zabadani, où la 4ème Division mécanisée du régime syrien et les hommes armés du Hezbollah ont lancé l’offensive aux premières heures du 5 juillet et rencontrent d’importantes difficultés pour progresser.
Ghawabesh est le dernier officier supérieur iranien en date à être tué dans les combats en Syrie, où l’Iran joue un rôle direct croissant dans la coordination des efforts militaires du régime, particulièrement dans la région sud entre Hama, Idlib et Latakieh, où se situent des lignes de front des rebelles, autant que dans les faubourgs de Damas.
Les heurts se poursuivaient lundi matin à Zabadani, selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, alors que les forces alliées du régime poursuivent leurs bombardements aériens intensifs de la ville, située au nord de l’autoroute vitale allant de Beyrouth à Damas.
Les organes de presse favorables au régime et au Hezbollah prétendent que l’offensive sur cette ville progresse constamment, mais cependant des rapports contradictoires affirment que les rebelles tiennent bon contre leurs adversaires et leur infligent des pertes de plus en plus nombreuses.
Le Bureau des médias militants du Qalamoun, a déclaré lundi qu’un Commandant du Hezbollah sur le terrain, nommé Haidar Badran a aussi été tué en combattant à Zabadani.
Le site d’information en ligne de l’alliance du 14 Mars, en retour, a cité des sources sécuritaires confirmant que le Hezbollah a bien perdu un Commandant sur le terrain dans les heurts, alors que le site Internet du Sud Liban, proche de la milice terroriste chiite, a publié une nécrologie de Badran, originaire de la ville d’Houmayn, dans la vallée de la Beqa’a.
Le nombre exact de pertes humaines subies par le Hezbollah demeure inconnu, la télévision Al-Manar du parti ne fournissant aucune statistique du nombre de ses morts, alors que le SOHR évoque plusieurs dizaines de tués.
L’offensive sur Zabadani survient dans le cadre de la campagne plus vaste du Hezbollah dans la région farouche du Qalamoun, le long de la frontière libanaise, que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah a claironné, vendredi dernier, comme représentant une bataille décisive aux implications régionales plus vastes.
« La route de Jérusalem passe par le Qalamoun, Dera’a (aux mains des rebelles), Hasakeh (NDLR : aux mains des Kurdes de Rojava) et tant d’autres champs de bataille syriens », a forfanté Nasrallah, lors d’un discours livré à l’occasion de la « Journée d’Al Qods », un événement antisioniste créé en Iran, en 1979 par Khomeiny pour vanter les mérites de l’opposition à l’existence d’Israël.
Les lignes de force de son discours faisaient directement écho à la célèbre déclaration de l’adjoint en chef de l’OLP, Salah Khalaf, lors de la guerre civile inter-libanaise de 1975 à 1990, disant que « la route vers Jérusalem passe par Jounieh », faisant ainsi référence à l’époque où l’organisation palestinienne combattait les milices chrétiennes libanaises.
Adaptation : Marc Brzustowski
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