Chavouot: c’est une fête heureuse, un aboutissement (vidéo)

Pessa’h, nous avons lu le Cantique des cantiques, ce chant d’amour qui scelle les fiançailles entre Hachem et Israël. Pendant sept semaines, le peuple s’est préparé comme une fiancée à ses noces.

Le 6 du mois de Sivan, dès ce soir, nous entrons dans le temps de Chavouot.

Cette célébration, fête de pèlerinage à Jérusalem depuis l’édification du Temple, est importante à plus d’un titre.

À Chavouot, nous recevons la Torah, nous marquons le début des moissons, et nous inaugurons l’Alliance avec notre Créateur car nous nous sommes désormais engagés à respecter la Torah, affranchis du système idolâtre et cruel égyptien.
Notre droit légitime de croire en un principe fondateur, transcendant la matière, nous rapproche de D. et nous enjoint à étudier nos Textes Sacrés. C’est une véritable révolution pour nous, hebreux, anciens esclaves du Pharaon…

Les écritures saintes, qui incluent la Torah écrite et orale, le Talmud, et autres exégèses ultérieures, furent toutes révélées par D. à Moise, en potentiel, sur le mont Sinaï.
Néanmoins, elles s’inscrivent et s’écrivent dans l’histoire des hommes au fur et à mesure du temps, au fils des chapitres et événements que notre peuple a traversés et traverse encore aujourd’hui.

Nous sommes devenus un peuple libre de s’émanciper des superstitions ou pratiques païennes abrutissantes, libre d’être lui-même et de recevoir une éthique de vie, un code de lois qui structure sans cadenasser, avec des récits qui fondent notre mémoire collective car les personnages qui les animent sont des êtres exceptionnels, certes, mais avant tout humains, perfectibles.

Chavouot est une fête heureuse, l’aboutissement d’un cheminement, celui où, depuis Pessah, la liberté s’apprend, une liberté qui nous oblige, qui nous responsabilise puisque l’objectif à atteindre est de devenir un « peuple adulte » capable de contribuer à la réparation du monde et entretenant avec son Créateur une relation qui élève et donne à réfléchir.

Il ne s’agit pas d’un lien lointain et désincarné, mais d’une faculté à avancer et à construire notre avenir sans se fier uniquement aux miracles ni s’en remettre uniquement à la grâce divine.
Ainsi, si nous nous souvenons et nous souviendrons toujours du temps où, privés de liberté, en esclavage, nous n’avions pas véritablement l’usage de notre libre arbitre, droit auquel nous avions tant rêvé, nous, si longtemps asservis en Égypte.

En sortant d’Egypte, nous devenons enfin acteurs de notre existence, notre participation à l’élaboration d’une société plus juste, plus sensible, est alors attendue et encouragée par Hachem.
Nous réalisons que nous sommes à l’image de D., libres et responsables, déterminés à créer des ponts entre nous pour vivre des rencontres enrichissantes qui valorisent et font grandir notre prochain, respectent et révèlent ce qu’il a en lui de meilleur avec précaution et douceur.

Tableau réalisé par Gérard Darmon Chavouot

À Chavouot, pendant l’étude ou au moment des repas, nous célébrons notre capacité à discerner le fondement de La Loi:
Accepter de se défaire d’une liberté uniquement jouissive pour acquérir une liberté éclairée, tournée vers l’Autre et soucieuse de comprendre le monde avec un regard lucide mais un cœur ouvert à la préservation de notre humanité, réceptif à la protection de notre environnement et aux enjeux de notre société.

Puisse cette blancheur propre à Shavouot nous aider à apaiser les conflits avec nos ennemis d’hier et ceux d’aujourd’hui, et à tendre des mains, à partir du moment où nous sommes reconnus également et en mesure de préserver nos frontières intérieures, celles de notre singularité légitime.

Un peuple de prêtres recherche avant tout la paix, attribut principal de l’identité d’Aharon, premier Cohen Gadol ou Grand Prêtre, grand frère de Moise, qui, dans la Paracha Chemini, ne cherche pas querelle avec D. lorsque deux de ses fils périssent pour avoir amené un feu étranger sur l’Autel alors que leur intention était pourtant bonne…

Aharon se tait.

Il a suffisamment de déférence et d’amour en lui pour voir plus loin que la réalité douloureuse qu’il subit. Il apprivoise sa peine, garde la foi, conscient que le sens des choses, la vérité comme dit le Midrach, germera du sol, petit à petit et non de façon absolue, d’un seul coup.

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