Un des aspects de la lutte quotidienne et obsessionnelle des adversaires de l’État d’ Israël se focalise autour d’une campagne de boycott (BDS pour Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Or cette organisation et ses supports les plus virulents dérivent de plus en plus vers un antisémitisme qui se cache de moins en moins.

Déjà l’année dernière, lors des manifestations contre l’opération « plomb durci », menée par Israel à la suite de l’envoi de centaines de roquettes de Gaza vers son territoire, on avait entendu des cris de « mort aux juifs », quatre synagogues avaient été menacées ou attaquées (Belleville, Tournelles, Roquette et Sarcelles), des commerces juifs attaqués à Paris et en banlieue.

Les événements qui ont suivi les attentats de janvier avaient mis en évidence une rupture au sein de la gauche, une partie de celle-ci ignorant l’antisémitisme des terroristes et ne voulant que dénoncer l’islamophobie possible à venir, en association avec des organisations islamistes. Cela avait même atteint des sommets lorsque le Parti des Indigènes de la République, une des organisations de cette mouvance, avait dénoncé le « philosémitisme d’État » qui favoriserait l’antisémitisme dans notre pays, afin de dédouaner et justifier ces dérives.

Six mois plus tard, la diabolisation d’Israël et des juifs n’a pas cessé. Voici deux exemples tirés de l’actualité récente, concernant le boycott culturel d’Israel:

Des organisations pro-palestiniennes ont tenté de faire interdire l’événement « Tel Aviv sur Seine » que la mairie de Paris organisait en partenariat avec la mairie de Tel Aviv, municipalité de gauche, très ouverte et cosmopolite. N’y parvenant pas elles ont organisé « Gaza plage » pour « faire entendre la voix de la Palestine occupée, colonisée, emmurée, bombardée ». Or si en Palestine il y a bien une occupation israélienne et des colons, ce n’est pas à Gaza. Les derniers colons ont été évacués en 2005 et l’armée israélienne s’est retirée de l’autre côté de la ligne verte (ligne de cessez-le-feu de 1949), frontière entre la Palestine (Cisjordanie et Gaza) et Israël.

Reste le quatrième terme : bombardée. C’est le seul qui puisse s’appliquer à Gaza. Mais ces organisations oublient de dire que depuis qu’Israël s’est retiré en 2005, plus de 8 000 roquettes visant des zones civiles (2 par jour en moyenne sur 10 ans) ont été tirées depuis la bande de Gaza sur l’État hébreu.

Ces organisations ont donc choisi comme étendard de la Palestine un territoire qui n’est ni occupé, ni colonisé, mais qui est sous le contrôle du Hamas: une organisation islamiste totalitaire, sexiste, homophobe dont la charte prévoit la disparition d’Israel et un statut de citoyens de seconde zone pour les non-musulmans. Pourtant, il existe en Cisjordanie des villes qui subissent la colonisation et l’occupation israélienne, comme Hebron, ou une poignée de colons rend la vie impossible à des dizaines de millier de Palestiniens.

Pourquoi Gaza plutôt que Hebron: la réponse est simple, dans le cas d’Hebron on ne peut utiliser les termes de « génocide » (bien que la croissance démographique de Gaza soit extrêmement élevée) ou de « camp de concentration à ciel ouvert » (comme si les camps nazis étaient sous terre). Cette terminologie qu’elles aiment tant employer favorise l’amalgame « sionistes = nazis ». L’autre terme de cet amalgame qui fonctionne bien dans cette mouvance, c’est « juif = sioniste »: on a donc pu entendre sur les quais de la Seine scander « sionistes, sales juifs, c’est vous les terroristes ».

Le second événement met encore plus en évidence ces dérives: le festival de musique espagnol « Rototom Sunsplashun » avait invité Matisyahu, un chanteur américain juif de reggae et de hip hop. Les pressions de BDS ont amené les organisateurs de ce festival à lui demander d’écrire une lettre ou de faire une vidéo donnant sa position sur le conflit israélo-palestinien. Devant son refus, le festival a déprogrammé Matisyahu.

 

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